En 1971, le groupe britannique Barclay James Harvest, fondé en 1967, sort un album aux compositions ambitieuses mais au succès mitigé : Once Again.
Associé au Royal College of Music de Londres, le groupe livre avec cet album une pop chargée d'effets symphoniques inhabituels pour une époque où triomphent le Hard Rock, le Rock progressif et la Funk Music.
John Lees, guitariste et chanteur du groupe, lecteur de Tolkien, offre à la postérité son hommage à Galadriel.
Le titre a été repris en public et figure dans l'album live BBC in concert 1972, publié en 2009. C'est cette version que je vous propose ici.
A la même époque, d'anciens membres des Shadows, Hank Marvin et Bruce Welch - ex-pionniers d'une forme de rock garage et sauvage à la fin des années 50, accompagnateurs historiques de Cliff Richard - s'associent avec le musicien australien John Farrar pour former Marvin, Welch & Farrar (comme on aurait dit Crosby, Stills & Nash ou Fredericks, Goldman & Jones, pour les plus jeunes d'entre nous).
Les trois musiciens surdoués s'essayent, en cette aube des 70ies, à une pop flirtant avec les canons du rock progressif.
Ils sortent deux premiers albums d'une grande qualité musicale, fort appréciée par la critique, un peu moins par le grand public. Puis Welch jette l'éponge et Marvin et Farrar forment le duo... Marvin & Farrar.
Ils sortent en 1973 un troisième album dans lequel figure Galadriel (spirit of Starlight), célèbre hommage à la blonde fille de monsieur Finarfin, dont le refrain entêtant a eu un certain succès sur les radios britanniques du temps où je n'étais moi même qu'un poupon fraichement né.
Leur compagnon de route Cliff Richard, star du rock'n'roll pré-Beatles à la carrière aussi longue que celle de notre Johnny national (dont il est un équivalent britannique propre sur lui) reprend la chanson en 1983 dans le disque live Dressed for the Occasion.
Sa version de Galadriel (spirit of Starlight) y est un peu plus courte que l'originale et l'orchestration y est plus poignante et plus concise (les envolées progressives étaient mal vues dans les années 80)
Parmi les hommages à Galadriel peut-on noter celui du guitariste américain Duane Allman (1946-1971) qui donna ce prénom à sa propre fille.
Duane Allman, membre fondateur du groupe Allman Brothers Band, était un grand admirateur de Tolkien. Mais comme il ne contribuait que guitaristiquement à la musique du groupe, les indices sont rares. On peut noter l'existence dans la discographie de la première époque du groupe d'un Midnight Rider (1970) que d'aucuns ont lu comme un clin d'oeil à Gandalf, ou bien l'instrumental Hot 'Lanta (1971) dont une partie du titre pourrait être lue en quenya... ce qui donnerait un sens particulièrement hermétique à ce titre ("chaud tomber" ?).
Bonne écoutes :)
I.

