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Une musique pour la Terre du Milieu ?
#7
Le 24 juin dernier disparaissait Pete Quaife, un honnête citoyen britannique résidant au Danemark. Ce nom ne vous dit rien ? Il fut pourtant le bassiste discret mais pas moins historique des Kinks, groupe mythique et génial de la perfide Albion.

Auteurs dès 1964 de ceci et de cela (et initiateurs/contributeurs involontaires d'un Hard Rock balbutiant) mais également de ritournelles imparables telles Sunny Afternoon (1966) et Waterloo Sunset (1967) nettement équivalentes à ce que les Beatles savaient faire de mieux, les Kinks étaient un groupe à part.

Composé des deux frères Davies, Ray (le génie) et Dave (l'autre), guitaristes et chanteurs, du batteur caractériel Mick Avory, et de feu Pete Quaife, qui oeuvrait à la basse, le groupe était aussi désastreux sur scène (ils préfiguraient Oasis et les frères Gallagher en sabotant leurs propres concerts à coup de guitares sur la tronche devant leurs fans médusés...) que génial en studio.

En 1968, l'Angleterre est en pleine vague psychédélique, les champignons du Maresque et l'herbe à pipe tournent dur à Carnaby Street. Les musiciens cherchent de nouveaux sons et les virtuoses de la guitare font durer leurs solos au delà du raisonnable. C'est l'apogée de Jimi Hendrix, de Cream, le début de la fin des Beatles, la prise de pouvoir des Rolling Stones et des Who et les balbutiements sonores des New-Yardbirds, futurs Led Zeppelin...
Totalement à contre courant de tout ça, Ray Davies et les Kinks sortent leur chef d'oeuvre. Un concept-album parfaitement inattendu, avec une succession de chansons pop parfaites, à la musique simple et aux paroles mélancoliques et acerbes et fièrement passéistes.

L'album au titre improbable, The Kinks are the Village Green Preservation Society, est une ode à l'amitié simple, à la vie rurale, aux cottages entourés de pelouse, aux pintes de bière, à la campagne anglaise, à ses chats mystérieux... Loin, très loin de fumées pourpres et opiacées de Soho.

A sa sortie, les critiques lui font un bon accueil mais le public n'est pas au rendez-vous : c'est un four. Un bide.
Pourtant, quarante ans plus tard, c'est finalement le best-seller du groupe. Comme le bon vin, il a très bien vieilli. Et pour ce qui me concerne, plus je l'écoute, plus il me plaît.

Quel rapport avec Tolkien, me direz-vous ?
Pour une fois aucun...

Ah si.
Odes définitives à une Angleterre disparue, les 15 chansons qui composent The Kinks are the Village Green Preservation Society sont peut-être la bande son rock oubliée de la Comté... Un album de pop music que Tolkien aurait peut-être apprécié ?

Quelques extraits ?
The Village Green Preservation Society
Picture Book
Big Sky
Animal Farm
Village Green

Voilà. C'était un bref hommage à Pete Quaife... et en quelques sortes, pour l'occasion, the return of the Kinks.

I.

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