Les débats manichéens sont tout à fait rasoir et inintéressants. Or, à mon sens, ce n'est pas du tout le trait qui caractérise les oeuvres de T. ;-)
La lutte du Bien et du Mal en devient même presque accessoire à la vue de tous les autres aspects que décrit T. Si on aime Le Seigneur des Anneaux, c'est pour tout ce qui gravite autour de la destruction de l'Anneau. La fin n'a pas d'importance, ce sont tous les épisodes qui conduisent à la fin du récit qui nous font tant réagir. Que dire des paysages merveilleux, des personnages à la personnalité charismatique tels que Gandalf, Galadriel, Aragorn ? Et les langues ? Les aspects magiques ?
Certains diront (j'ai des noms ! ;-) que la traversée du Mordor de Sam et Frodo n'est qu'un long, trop long, trajet où l'ennui du lecteur règne. Au contraire, c'est le seul moment où il nous est possible de reprendre notre souffle. Et qui plus est, de découvrir un des mets préférés de Sam, le ragoût de lapin ;-)
Les doutes des héros sont d'une importance vitale à découvrir. Les hésitations de Gollum/Sméagol, celui de Boromir, etc. Ce n'est pas un combat du Bien contre le Mal auquel nous avons affaire ici. Il s'agit d'un pur débat intérieur, personnel. Certains sauront trouver la force d'âme pour résister à leurs tentations comme Frodo ou Galadriel. D'autres failliront comme Denethor ou Saruman.
Un des faits les plus marquants est également la profondeur historique de donne Tolkien à ses récits. Lorsqu'il écrit sa Genèse d'Arda dans le Silmarillion et l'Ainulindalë, Tolkien ne raconte pas un antagonisme quelconque.
L'histoire de Beren et Lúthien n'est pas dominée par les batailles et les confrontations. C'est avant tout une formidable histoire d'Amour.
On pourrait développer d'autres aspects à l'infini qui iraient dans le sens que je veux donner. Tolkien n'est, ne peut ni ne doit pas être uniquement considéré comme un auteur manichéen ;-)
Cédric

