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Le manichéisme du Sda et du Silmarillion
#28
Ce sujet est en effet passionant, et je le croayais clos, mais j'ai d'autres éléments à aporter. Je discutait de cela avec un ami qui s'il a aimé Tolkien ne le met pas en haut de sa bibliothèque. J'a iété contraint de réfléchir à la question du manichéisme plus que je ne l'aurait voulut, car ses arguments étaient convainquants, et cette question revient régulièrement... Tiens, c'est justement en me disant cela que j'ai amorcé ma réflexion sous un autre angle. La discussion Eruvike/Semprini montre que le problème du manichéisme est d'abord son "sens". Or, aujourd'hui, on donne au mot manichéisme un sens outrepassant la raison de "lutte du bien contre le mal", avec un représentant du bien et un représentant du mal... A y bien réfléchir, c'est bien aisni que fonctionne l'imagination. Je parle donc désormais de manichéisme au sens actuel (vidé de son sens).
On n'imagine pas de soi même un personnage ambivalent oscillant entre le bien et le mal, mais c'est l'observation des hommes qui nous donne cette vision. Finalement c'est encore ce fichu réalisme qui a fait perdre son sens au manichéisme. L'homme oscille entre le bien et le mal, et la mode a donc poussé à rendre compte de cet état (certes intéressant) et d'abandonner la vision simpliste, en tout cas irréelle d'un antagonisme clair entre les forces opposées. Mais c'est pourtant ce à quoi aspire l'homme: se ranger du côté du Bien et ne plus en sortir.
Les discussions qui traitent du manichéisme aujourd'hui sont finalement réductibles à des critiques de non-réalisme. Le SdA n'est pas réaliste dans son approche psychologique des personnages. Ce fut dur à admetre, mais je crois que c'est vrai... et HEUREUSEMENT ! Le réalisme n'apporte rien de bon, rien de grand, il rend compte de ce que tous nous pouvons voir ou apprendre à voir. Tolkien a voulut (peut-être) sortir de ce discours, ou plus probablement y était étranger. Des articles récents sur Harry Potter dévoilaient un re-surgissement du rêve dans les attentes du public (Amélie Poulain, etc...).
"Shreck" est exactement l'anti-manichéisme. Tout le monde devrait sauter de joie: enfin, on tien "L"'oeuvre qui brise tout manichéisme, tout préjugé esthétique et qui va finalement à l'encontre de la sensibilité. Bon... et après, qu'a-t-il apporté ? la princesse se change en monstre, au fond de nous quelque chose se sent dégoué, même si le discours de sur-tolérance-creuse d'aujourd'hui nous oblige à dire: les monstres aussi sont gentils, on ne les juge pas sur leur apparence. Mais c'est qu'on a inverser le sens de lecture.
Les monstre ne sont pas méchants parce qu'ils sont laids, mais c'est aprce qu'ils sont méchants qu'on les rend laids!!!!
La laideur intérieure est invisible, alors on l'exprime sur l'apparence dans les récits. si vous avez un profond ennemi, essayer de le décrire comme un être magnifiquement beau en tout, ce sera dur (même s'il est effectivement beau), et inversement il sera dur de parler d'un ami cher en racontant à quel point il est laid (tout au plus condescenderons-nous à avouer quelques défauts physiques)

Tolkien ne nous parle pas du comporement humain face à la tentation, sans quoi son monde aurait été plus proche de celui de Dostoiveski, mais il parle de quelque chose de plus grand, que je n'arrive pas encore à déterminé, mais que j'ai envie de situer au niveau du "mythe". Dès lors, l'apparence ne devient qu'un moyen d'expression pour dire autre chose, d'invisible. Est-ce le rapport à la mort (Eternité / bonne mort des hommes/ immortalité nostalgique...) ? Je suis en recherche.

Donc, on pourrait bien sûr avouer que le SdA (moins vrai pour le Silmarillon, mais vrai encore), est manichéen, malgré les brisures que forment les personnages précédemment cités. Mais Tlkien est au dessus de ces catégorisations, à mon humble avis. Son oeuvre a quelque chose de transcendental (oui, je sais, le mot fait rire, mais les théologiens du coin comprendront). Il rejoint le coeur de l'homme, de l'homme tel qu'il est appelé à être, et en celui-là, le mal et le bien ne cohabitent pas durablement.

Ma pensée est difficile à exprimer, e je suis spur que les réactions des uns et des autres me pousseront à m'expliquer davantage, soyez indulgents envers ma forme, si vous poviez atteindre le fond mal exprimé de mes paroles, cela m'aiderait (mais on appartient à ses mots, je le sais bien...)


Vinyamar, *optimiste, mais nageant encore dans sa nébuleuse*

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