07-02-2004, 11:22
Bien que je réutiliserai cette citation dans un commentaire sur Tom, il me semble qu'elle a tout à fait sa place ici, en ce lieu où l'odeur des lis nous rappelle ce que nous oublions si/trop facilement, un état d'enfance ou un besoin de félicité et de beauté :
[citation= Natsume Sôseki, Et puis, Le Serpent à Plumes, 2003, trad. Hélène Morita et Yôko Miyamoto, p.319.]Alors Daisuké, sans cesser d’admirer les lys, s’abandonna lui-même au parfum puissant qui emplissait la pièce. (…)
« Aujourd’hui, pour la première fois, je suis rendu au passé. À la nature », se dit-il intérieurement. Après avoir réussi à formuler ces mots, il ressentit une impression de détente et de paix qu’il ne connaissait plus depuis très longtemps. Pourquoi, se demanda-t-il, n’avait-il pas pu revenir à cet état plus tôt ? Pourquoi avait-il tellement résisté à la nature ? dans la pluie, dans les lys, dans l’autrefois revivifié, il entrevoyait une vie de paix faite de pureté et de simplicité. Dans cette vie-là, il n’y avait pas de place pour l’égoïsme intéressé ; il n’y avait ni gain, ni perte ; ni non plus de morale qui opprimait le moi. Seulement la nature, libre comme les nuages qui voguaient ou comme l’eau qui s’écoulait. tout n’était que félicité. Et donc, tout n’était que beauté.[/citation]
[citation= Natsume Sôseki, Et puis, Le Serpent à Plumes, 2003, trad. Hélène Morita et Yôko Miyamoto, p.319.]Alors Daisuké, sans cesser d’admirer les lys, s’abandonna lui-même au parfum puissant qui emplissait la pièce. (…)
« Aujourd’hui, pour la première fois, je suis rendu au passé. À la nature », se dit-il intérieurement. Après avoir réussi à formuler ces mots, il ressentit une impression de détente et de paix qu’il ne connaissait plus depuis très longtemps. Pourquoi, se demanda-t-il, n’avait-il pas pu revenir à cet état plus tôt ? Pourquoi avait-il tellement résisté à la nature ? dans la pluie, dans les lys, dans l’autrefois revivifié, il entrevoyait une vie de paix faite de pureté et de simplicité. Dans cette vie-là, il n’y avait pas de place pour l’égoïsme intéressé ; il n’y avait ni gain, ni perte ; ni non plus de morale qui opprimait le moi. Seulement la nature, libre comme les nuages qui voguaient ou comme l’eau qui s’écoulait. tout n’était que félicité. Et donc, tout n’était que beauté.[/citation]

