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La foi de Tolkien
#5
Le 1er novembre 1963, Tolkien répond à son fils, Michaël, grand enfant de 43 ans, professeur, Michaël qui traverse une crise spirituelle, ayant visiblement écrit à son père que, face à l’hypocrisie de certaines personnes censées être exemplaires, sa “foi défaille”.

[citation]Thank you for writing – also at length! I do not think you have inherited a dislike of letter-writing from me, but the inability to write briefly.

[normal]Merci pour ta lettre – et pour sa longueur ! Je ne pense pas que tu aies hérité de moi une antipathie pour la correspondance, mais cette incapacité d’écrire brièvement. (…)[/normal]

I am very sorry that you feel depressed. I hope this is partly due to your ailment. But I am afraid it is mainly an occupational affliction, and also an almost universal human malady (in any occupation) attaching to your age. ....

[normal]Je suis tellement désolé que tu te sentes déprimé. J’espère que cela est en partie dû à ta maladie. Mais j’ai peur qu’il s’agisse essentiellement d’une affliction due au travail, et aussi d’une maladie humaine presqu’universelle (dans chaque profession) attachée à ton âge…[/normal]

But you cannot maintain a tradition of learning or true science without schools and universities, and that means schoolmasters and dons. And you cannot maintain a religion without a church and ministers; and that means professionals: priests and bishops — and also monks. The precious wine must (in this world) have a bottle, or some less worthy substitute.

[normal]Mais on ne peut maintenir une tradition d’apprentissage ou de véritable science sans écoles et sans universités, et cela implique des maîtres d’écoles et professeur d’université. Et on ne peut maintenir une religion sans église et sans ministres, et cela implique des professionnels : les prêtres et les évêques – et aussi les moines. Le précieux vin doit (dans ce monde) avoir une bouteille, ou un substitut moins onéreux.[/normal]

For myself, I find I become less cynical rather than more – remembering my own sins and follies; and realize that men's hearts are not often as bad as their acts, and very seldom as bad as their words. (Especially in our age, which is one of sneer and cynicism. We are freer from hypocrisy, since it does not 'do' to profess holiness or utter high sentiments; but it is one of inverted hypocrisy like the widely current inverted snobbery: men profess to be worse than they are.)....

[normal]En ce qui me concerne, je découvre que je deviens moins cynique plutôt que le contraire – me souvenant des mes propres péchés et folies ; et je réalise que le cœur des hommes n’est pas souvent aussi mauvais que leurs actions, et très rarement aussi mauvais que leurs paroles. (Tout particulièrement dans notre âge, qui est un âge de railleries et de cynisme. Nous sommes plus libres de l’hypocrisie, puisqu’elle ne « fait » rien pour professer la sainteté ou des sentiments élevés ; mais il s’agit d’une de ces hypocrisie inversée comme ce snobisme inversé si répandu actuellement : les hommes proclament qu’ils sont pire qu’ils ne le sont…)[/normal]

You speak of 'sagging faith', however. That is quite another matter: In the last resort faith is an act of will, inspired by love. Our love may be chilled and our will eroded by the spectacle of the shortcomings, folly, and even sins of the Church and its ministers, but I do not think that one who has once had faith goes back over the line for these reasons (least of all anyone with any historical knowledge). 'Scandal' at most is an occasion of temptation – as indecency is to lust, which it does not make but arouses.

[normal]Toutefois, tu parles d’une « foi défaillante ». Voilà un tout autre problème. En dernier ressort, la foi est un acte de la volonté, inspiré par l’amour. Notre amour peut être refroidi et notre volonté érodée par le spectacle des défauts, de la folie, et même des péchés de l’Église et des ministres, mais je ne pense pas que quiconque ayant eu autrefois la fois rétrograde pour ces raisons (au moins quiconque avec une certaine connaissance de l’histoire). Le « scandale » au pire est une occasion d’être tenté – comme l’indécence l’est pour la luxure, qui ne fait pas mais qui éveille.[/normal]

It is convenient because it tends to turn our eyes away from ourselves and our own faults to find a scape-goat. But the act of will of faith is not a single moment of final decision : it is a permanent indefinitely repeated act > state which must go on – so we pray for 'final perseverance'.

[normal]Cela devient pratique parce que [le scandale] tend à détourner nos yeux de nous mêmes et de notre faute pour trouver un bouc émissaire. Mais l’acte de la volonté et de la foi n’est pas l’unique instant d’une décision finale : il est un acte répété en permanence et indéfiniment > un état qui doit aller de l’avant – aussi nous prions pour [demeurer dans] « la persévérance jusqu’à la fin ».[/normal]

The temptation to 'unbelief (which really means rejection of Our Lord and His claims) is always there within us. Part of us longs to find an excuse for it outside us. The stronger the inner temptation the more readily and severely shall we be 'scandalized' by others.

[normal]La tentation de « ne pas croire » (qui signifie en réalité le rejet de Notre Seigneur et de Ses réclamations) est toujours là, à l’intérieur de nous. Une partie de nous rêve de tourver une excuse pour cela autour ( litt. hors) de nous. Plus la tentation intérieure est forte et plus promptement et sérieusement nous seront « scandalisés » par les autres.[/normal]

I think I am as sensitive as you (or any other Christian) to the 'scandals', both of clergy and laity. I have suffered grievously in my life from stupid, tired, dimmed, and even bad priests; but I now know enough about myself to be aware that I should not leave the Church (which for me would mean leaving the allegiance of Our Lord) for any such reasons: I should leave because I did not believe, and should not believe any more, even if I had never met any one in orders who was not both wise and saintly. I should deny the Blessed Sacrament, that is: call Our Lord a fraud to His face.

[normal]Je pense être aussi sensible que toi (ou tout autre Chrétien) aux « scandales », qu’ils proviennent des clercs ou des laïcs.
J’ai souffert douloureusement dans ma vie de la part de prêtes stupides, fatigués, déclinant et même mauvais. Mais j’en sais maintenant suffisamment sur moi même pour savoir que je devrais quitter l’Église (ce qui signifierait pour moi renier l’allégeance de Notre Seigneur) pour aucune raisons de ce type : je devrais la quitter parce que je n’aurait pas cru, et ne croirais plus jamais, quand bien même je n’aurais jamais rencontré une personne dans les ordres qui n’était à la fois sage et sainte. Je devrais renier le Saint Sacrement, c’est-à-dire : qualifier devant Sa face Notre Seigneur de supercherie.[/normal]

If He is a fraud and the Gospels fraudulent – that is : garbled accounts of a demented megalomaniac (which is the only alternative), then of course the spectacle exhibited by the Church (in the sense of clergy) in history and today is simply evidence of a gigantic fraud. If not, however, then this spectacle is alas! only what was to be expected: it began before the first Easter, and it does not affect faith at all – except that we may and should be deeply grieved.

[normal]S’Il est une supercherie et que les Evangiles sont frauduleux – c’est-à-dire : des récits confus de mégalomaniaques déments (ce qui est la seule alternative), alors, bien sûr, le spectacle présenté par l’Église (dans le sens du clergé) au cours de l’histoire et de nos jours est tout simplement une supercherie gigantesque. Si ce n’est pas le cas, toutefois, alors ce spectacle est hélas ! seulement ce qu’il faut en attendre : il a commencé avant la première Pâques, et il n’affecte la foi en rien – hormis que nous pouvons et devons être profondément attristés.[/normal]

But we should grieve on our Lord's behalf and for Him, associating ourselves with the scandalizers not with the saints, not crying out that we cannot 'take' Judas Iscariot, or even the absurd & cowardly Simon Peter, or the silly women like James' mother, trying to push her sons.

[normal]Mais nous devons nous attrister au nom du Seigneur et pour Lui, nous associant avec ceux qui provoquent le scandale et non pas avec les saints, cessant de nous écrier que nous ne pouvons pas « attraper » Judas Iscariot, ou même l’absurde et peureux Simon Pierre, ou les femmes stupides comme la mère de Jacques qui essayait de mettre en avant ses fils.[/normal]

It takes a fantastic will to unbelief to suppose that Jesus never really 'happened', and more to suppose that he did not say the things recorded of him – so incapable of being 'invented' by anyone in the world at that time : such as 'before Abraham came to be lam' (John viii). 'He that hath seen me hath seen the Father' (John ix); or the promulgation of the Blessed Sacrament in John v: 'He that eateth my flesh and drinketh my blood hath eternal life'.

[normal]Cela demande une volonté fantastique de ne pas croire de supposer que Jésus n’est jamais réellement « arrivé », et plus encore de supposer qu’il n’a pas dit les choses qu’on a retenues de lui – alors qu’il est tout bonnement impossible qu’elles furent « inventées » par quiconque dans le monde à cette époque : ainsi de « avant qu’Abraham fut je suis » (Jean 8). « Celui qui m’a vu a vu le Père » (Jean 9), ou l’institution du Saint Sacrement en Jean 5 : « Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle. »[/normal]

We must therefore either believe in Him and in what he said and take the consequences; or reject him and take the consequences. I find it for myself difficult to believe that anyone who has ever been to Communion, even once, with at least right intention, can ever again reject Him without grave blame. (However, He alone knows each unique soul and its circumstances.)
The only cure for sagging of fainting faith is Communion. Though always Itself, perfect and complete and inviolate, the Blessed Sacrament does not operate completely and once for all in any of us. Like the act of Faith it must be continuous and grow by exercise. Frequency is of the highest effect. Seven times a week is more nourishing than seven times at intervals.

[normal]Nous devons alors soit croire en Lui et en ce qu’il a dit et en supporter les conséquences ; ou bien le rejeter et en supporter les conséquences.
Je trouve pour ma part difficile de croire que quelqu’un qui a toujours assisté à la Communion, même une fois, avec du moins une bonne intention, puisse à nouveau Le rejeter sans une grave sanction. (Toutefois, Lui seul connaît chaque âme, unique, et ses circonstances.)
Le seule solution pour une foi déclinante ou défaillante est la Communion. Bien que toujours Lui-même, parfait et complet et inviolé, le Saint Sacrement n’agit pas complètement et en une seule fois pour tous et en chacun de nous. Comme l’acte de Foi, il doit être continu et grandir par l’exercice.
La régularité est du plus grand effet. Sept fois par semaine nourrit plus que sept fois occasionnellement.[/normal]

Also I can recommend this as an exercise (alas! only too easy to find opportunity for): make your communion in circumstances that affront your taste.
Choose a snuffling or gabbling priest or a proud and vulgar friar; and a church full of the usual bourgeois crowd, ill-behaved children – from those who yell to those products of Catholic schools who the moment the tabernacle is opened sit back and yawn – open necked and dirty youths, women in trousers and often with hair both unkempt and uncovered. Go to Communion with them (and pray for them). It will be just the same (or better than that) as a mass said beautifully by a visibly holy man, and shared by a few devout and decorous people. (It could not be worse than the mess of the feeding of the Five Thousand – after which [Our] Lord propounded the feeding that was to come.)

[normal]Aussi, je peux recommander ceci comme exercice (hélas ! il est bien trop facile de trouver une occasion pour cela) : fais ta communion dans des circonstances qui s’opposent à ton désir.
Choisis un prêtre qui parle du nez ou qui bafouille ou bien un frère orgueilleux et vulgaire, et une église pleine de cette foule bourgeoise habituelle, de ces enfants au comportement exaspérant – de ceux contre qui tu cries, ces produits des écoles catholiques qui, à partir du moment où le tabernacle [a] est ouvert s’assoient et baillent – et de jeunes hommes sales au cou à l’air [open necked ?], de femmes en pantalons et souvent avec les cheveux mal peignés et non couverts. Assiste à la Communion avec eux (et prie pour eux). Ce sera une messe identique (ou même meilleure) que celle qui est dite très joliment par un homme manifestement saint, et partagée par quelques dévots et une foule décorative.
(Cela ne peut pas être pire que la messe du repas des Cinq Mille – après laquelle [Notre] Seigneur exposa le repas qui allait se réaliser [b].)[/normal]

I myself am convinced by the Petrine claims, nor looking around the world does there seem much doubt which (if Christianity is true) is the True Church, the temple of the Spirit [*] dying but living, corrupt but holy, self-reforming and rearising. But for me that Church of which the Pope is the acknowledged head on earth has as chief claim that it is the one that has (and still does) ever defended the Blessed Sacrament, and given it most honour, and put it (as Christ plainly intended) in the prime place.

[normal]En ce qui me concerne je suis convaincu des affirmations Petriniennes, et il apparaît sans aucun doute possible en regardant de part le monde laquelle (si la Chrétienté est vraie) est la Véritable Église, le temple de l’Esprit [*], mourant mais vivant, corrompu mais saint, se réformant soi-même mais relevant la tête.
Mais pour moi, cette Église dont le Pape est la tête reconnue sur terre possède comme titre [de gloire] principal qu’elle est celle qui a toujours défendu (et elle continue) le Saint Sacrement, lui donnant le plus grand honneur, et le plaçant (comme Christ le souhaitait pleinement) à la première place.[/normal]

'Feed my sheep' was His last charge to St Peter; and since His words are always first to be understood literally, I suppose them to refer primarily to the Bread of Life.
It was against this that the W. European revolt (or Reformation) was really launched – 'the blasphemous fable of the Mass' – and faith/works a mere red herring. I suppose the greatest reform of our time was that carried out by St Pius X: surpassing anything, however needed, that the Council will achieve. I wonder what state the Church would now be but for it.

[normal]« Nourris mes agneaux » fut Sa dernière responsabilité donnée à St Pierre [c], et puisque Ses paroles doivent toujours être comprises littéralement, je suppose qu’elles se réfère premièrement au Pain de Vie [d]
Ce fut contre ceci que la révolte en Europe de l’Ouest (ou la Réformation) fut lancée – « la fable blasphématoire de la Messe » – et [l’opposition de] la foi [contre] les œuvres une simple diversion. Je suppose que la plus grande réforme de notre temps fut celle poursuivit par St Pie X [e]. : surpassant toute chose, quoique nécessaire, que le Concile mettra en place [f]. Je me demande dans quel état l’Église serait aujourd’hui sans cela..[/normal]

This is rather an alarming and rambling disquisition to write! It is not meant to be a sermon! I have no doubt that you know as much and more. I am an ignorant man, but also a lonely one. And I take the opportunity of a talk, which I am sure I should now never take by word of mouth. But, of course, I live in anxiety concerning my children: who in this harder crueller and more mocking world into which I have survived must suffer more assaults than I have.

[normal]Me voilà écrivant une communication bien alarmante et digne d’un radoteur ! Elle n’est pas destinée à être un sermon ! Je ne doute pas que tu en sais autant et plus encore. Je suis un homme ignorant, mais également un homme seul. Et je profite de l’occasion d’une parole que je n’aurais jamais dû, j’en suis sûr maintenant, prendre comme une parole certaine. Mais, bien entendu, je vis dans l’anxiété à propos de mes enfants : car , dans ce monde plus dur, plus cruel et plus moqueur que celui dans lequel j’ai survécu, ils doivent suopporter bien plus d’assauts que je ne l’ai fait.[/normal]

But I am one who came up out of Egypt, and pray God none of my seed shall return thither. I witnessed (half-comprehending) the heroic sufferings and early death in extreme poverty of my mother who brought me into the Church; and received the astonishing charity of Francis Morgan.(3) But I fell in love with the Blessed Sacrament from the beginning – and by the mercy of God never have fallen out again: but alas! I indeed did not live up to it.

[normal]Mais je suis un de ceux qui sont montés d’Égypte [g], et je prie Dieu qu’aucun de mes enfants ne retourne là-bas. J’ai été le témoin (comprenant à moitié) des souffrances héroïques et de la mort précoce dans une extrême pauvreté de ma mère qui m’amenait à l’Église ; et j’ai reçu l’amour merveilleux de Francis Morgan. Mais je suis tombé amoureux du Saint Sacrement depuis le commencement – et par la grâce de Dieu, je ne l’ai jamais quitté depuis ; mais hélas ! Je ne me suis pas montré digne de lui.[/normal]

I brought you all up ill and talked to you too little. Out of wickedness and sloth I almost ceased to practise my religion – especially at Leeds, and at 22 Northmoor Road.(4) Not for me the Hound of Heaven, but the never-ceasing silent appeal of Tabernacle, and the sense of starving hunger. I regret those days bitterly (and suffer for them with such patience as I can be given); most of all because I failed as a father. Now I pray for you all, unceasingly, that the Healer (the Hælend as the Saviour was usually called in Old English) shall heal my defects, and that none of you shall ever cease to cry Benedictus qui venit in nomme Domini.

[normal]Je t’ai élevé bien mal et je t’ai parlé bien trop peu. Par méchanceté et par paresse j’ai presque cessé de pratiquer ma religion – particulièrement à Leeds, et au 22 rue de Northmoor [avant 1930]. Point pour moi [ ? ?] du Ciel, mais l’appel incessant et silencieux du Tabernacle, et la sensation d’une faim sans borne. Je regrette ces jours amèrement (et souffre pour eux avec toute la patience qu’il m’est donnée) ; essentiellement parce que j’ai échoué en tant que père.
Maintenant je prie pour vous tous, sans cesse, que le Guérisseur (le Hælend comme on appelait le Sauveur en Viel-Anglais) guérisse mes défaillances, er qu’aucun de vous ne cesse jamais de clamer Benedictus qui venit in nomme Domini [h][/normal][/citation]

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[a] Tabernacle = dans la liturgie catholique « petite armoire fermée à clef, placée au milieu de l’autel ou à un autre endroit du chœur, destinée à recevoir le ciboire contenant les hosties consacrées. » (Voc. D. Christianisme, QSJ ? 3562)

[b] Tolkien pense au passage de la première multiplication des pains : Marc 6:30-44 // Mt 14:13-21//Lc 9:10-17//Jn 6:1-15. (Tolkien pensait-il plus particulièrement au passage de Jean ? possible puisque toutes les autres références scripturaires de cette lettre renvoient au seul évangile de Jean)

[c] en Jean 21.

[d] Tolkien poursuis ses références à l’Évangile de Jean : il s’agit de deux versets en Jean 6 : [emphase]« Jésus leur dit : « c’est moi qui suis le pain de vie ; celui qui vient à moi n’aura pas faim ; celui qui croit en moi jamais n’aura soif » »[/emphase] (Jean 6:35) et [emphase]« Je suis le pain vivant qui descend du ciel. Celui qui mangera de ce pain vivra pour l’éternité. Et le pain que je donnerai, c’est ma chair, donnée pour que le monde ait la vie. »[/emphase] (Jean 6:51)

[e] Note de Carpenter : une référence possible à la recommandation de Pie X de la Communion quotidienne et à la communion des enfants

[f] Le Concile Vatican II (1962-6).

[g] L’Égypte dans l’Ancient Testament joue le même rôle que le « Monde » dans l’évangile de Jean : [emphase]« Car je t’ai fait monter du pays d’Égypte, Je t’ai racheté de la maison de servitude »[/emphase] (Michée 6:4)

[h] = [emphase]« Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur »[/emphase] (Mt 21:9). [Carpenter : cité dans le service de la Communion]

[*] Note de Tolkien :

[citation]Not that one should forget the wise words of Charles Williams, that it is our duty to tend the accredited and established altar, though the Holy Spirit may send the fire down somewhere else. God cannot be limited (even by his own Foundations) – of which St Paul is the first & prime example – and may use any channel for His grace. Even to love Our Lord, and certainly to call him Lord, and God, is a grace, and may bring more grace. Nonetheless, speaking institutionally and not of individual souls the channel must eventually run back into the ordained course, or run into the sands and perish. Besides the Sun there may be moonlight (even bright enough to read by); but if the Sun were removed there would be no Moon to see. What would Christianity now be if the Roman Church has in fact been destroyed?

[normal]On ne devrait pas oublier les sages paroles de Charles Williams, qu’il est de notre devoir de veiller à l’autel établi et accrédité, bien que le Saint Esprit peut envoyer le feu quelque part ailleurs. Dieu ne peut être limité (même par ses propres fondations) – desquelles St Paul est le premier et principal exemple – en il peut se servir de n’importe quel canal pour Sa grâce. Même aimer Notre Seigneur, et certainement l’appeler Seigneur, et Dieu, est une grâce et peut amener plus de grâce. Toutefois, pour parler de l’institution et non pas des âmes individuelles, le canal doit finalement remonter au chemin ordonné, ou bien se répandre dans les sables et périr. Derrière le Soleil il peut y avoir la lumière lunaire (et suffisamment claire au point de lire), mais si le Soleil était ôté il n’y aurait aucune Lune visible. Que serait aujourd’hui la Chrétienté si l’Église Romaine avait en fait été détruite ?[/normal][/citation]
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Dans toute cette lettre d’un père à son fils, réponse où l’on devine l’inquiétude du père à la lecture de deux petits mot de son fils ([emphase]« sagging faith »[/emphase]), que je trouve très émouvante, Tolkien affirme plusieurs choses ; entre autres et dans le désordre :
  • la certitude qu’il a que l’Église Catholique Romaine remonte à une chemin ordonné par Dieu et qu’elle est la [emphase]« Véritable Église »[/emphase]
  • que la foi ne repose pas sur des exemples humains mais sur les paroles du Christ et son Saint Sacrement (Saint Sacrement qui par sa forme dans l’Église Romaine est celui que souhaitait le Christ lorsqu’il a institué l’eucharistie)
  • que la foi est [emphase]« affaire de volonté, inspirée par l’amour »[/emphase] ressenti pour Christ.
  • que la pratique de la piété est la source d’une foi ferme.
  • que l’Église parfaite n’existe pas ; de même que rares sont les [emphase]« professionnels »[/emphase] de Dieu qui sont exemplaires mais que ce n’est pas leurs actes qui comptent, puisqu’ils ne sont pas plus saints que nous ne le sommes, mais que l’important est [emphase]« le feu intérieur qui n’a jamais été éteint »[/emphase] (note p.337) et que le Saint Esprit envoie là où il veut.

Il va falloir être très fort, Isengar pour me persuader que Tolkien avait des doutes sur " l'authenticité morale du catholicisme"… ;-))
...et j'espère que tu ne liras pas ce post, sinon, ça signifie que tu n'est pas en train de travailler "pour ton avenir professionnel", ah mais, c'est pas sérieux ça :-)
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