09-06-2003, 13:18
Cathy Wrote:Tu sembles si sûr de détenir la vérité sur la foi de Tolkien ;-))
Bien sûr que non , Cathy !
Si je m’appuie sur les « affirmations de foi de Tolkien », c’est bien parce que je veux lui superposer le moins de chose possible !
De plus, je le répète, j’ai initié ce fuseau pour m’interroger non pas sur le pourquoi de sa foi mais sur le le contenu de sa foi et comment cette foi se traduisait dans sa vie personnelle au quotidien.
Voilà la seule raison pour laquelle je t’ai répondu « et alors ? », comment peux-tu penser autre chose !
Aussi, lorsque tu réponds que « ce genre de propos (sic and sickening ;-() […] [est] proprement scandaleux, car cette position risque de faire passer celui qui l’adopte au mieux pour qq’un qui n’a jamais subi le mal (la mort), au pire pour un être qui reste indifférent à la souffrance d’autrui », je ne te comprends plus, car si certains, ici, sur ce forum, savent comment j’ai « subi le mal (la mort) » et comment je suis sensible « à la souffrance d’autrui », je pensais que tu en faisais partie (je le pense toujours ;-)). Je n’aurais jamais cru que je subirais un tel procès d’intention de ta part, fut-il « cordial » ou non...
Quote:D’ailleurs ce qui explique l’échec de toute théodicée
Mais nous sommes entièrement d’accord, il est impossible de faire une théodicée (= « justification de la bonté de Dieu par la réfutation des arguments tirés de l’existence du mal » me dit le Petit Robert), et je n’en ai jamais eu l’intention il me semble ; pourtant tu me lies à cette vaine tentative en écrivant « car elle méconnaît le droit à l’homme à clamer sa plainte (comme toi par rapport à la L.332, j’y reviendrai). »
Tu y reviendras donc. Mais est-ce « méconnaître » ce droit, alors même que je le décrivais plus haut (point (3)), me limitant et ne l’exacerbant pas dans un fuseau où je ne pouvais pas tout présenter en même temps, commençant par les mentions explicites de sa foi avant tout autre chose ?
Quote:béatement anesthésié dans les fumées du pro Deo (l’impression que tu nous donnes par tes commentaires) (…)… En quoi sommes nous concernés par un Dieu qui voit l’ensemble et ne s’inquiète pas du détail.
« béatement anesthésié dans les fumées du pro Deo »… « béatement », « anesthésié », « fumées »…Plus loin, tu traites la foi de Tolkien, catholique pratiquant, attaché au Saint Sacrement, de « pathologique » ; ensuite, cette foi devient « la foi religieuse » en général, qui, « on l’accordera Hegel » est « par essence inquiète »…
Voilà un point de vue qui dépasse largement toute attitude « carnassière », ne crois-tu pas ?
Quote:je crie ;-) pitié, l’Athrabeth, n’est pas un traité de théologie
Mais cette mention de l’Athrabeth entre parenthèses, donc, en passant (!), n’était qu’en référence à une remarque de Didier qui renvoyait peut-être au point de vue de Flieger.
Ce n’est que parce que je parlais d’espérance comme guide de Tolkien tout au long de sa vie que je mentionnais ce texte ; cela n’enlève en rien le fait que Tolkien vivait par l’espérance et plaçait cette espérance et sa foi, comme Michée, « dans le Dieu de son salut » (et je citais ce verset [Michée 7:7] parce que le cri du prophète vient après la plainte face à une épreuve terrible et chargée de douleurs).
Ainsi, si Tolkien « s’est plaint, s’est lamenté, a contesté », si sa foi a été « inquiétée », Tolkien est cet homme qui, dans l’épreuve et après avoir traversé l’épreuve a fait sien un cantique qui contenait son espérance :
[citation=in Laudate pueri Dominum, cf. Psaume 112]Qui est comme le Seigneur notre Dieu / qui habite dans les cieux,
Lui qui regarde tout en bas / les cieux et la terre ?
De la poussière il relève le faible / du fumier il retire le pauvre[/citation]
Ainsi, Tolkien, en nous disant que ce cantique est son préféré, relie chacune des citations des lettres que nous avons faites, qu’il faut certainement moins opposer que lire dans l’ordre naturel des choses : celui de l’Ecclesiaste nous rappelant [emphase]« qu’il y a un temps pour pleurer et [= puis] un temps pour rire ; un temps pour se lamenter et un temps pour danser » (3:4)[/emphase]. Car tout comme le ciel que regardait Job [[emphase]« Je t’appelle au secours, et tu ne me réponds pas »[/emphase] (30:20)], et Jérémie, et Jésus, le « Ciel » qui semble abandonner les hommes [[emphase]« pourquoi m’as-tu abandonné ? »[/emphase] (Ps 22)], que la douleur qualifie de « froid », « vide », « insouciant » (heedless), devient, pour le croyant, le lieu [emphase]« d’où me viendra le secours »[/emphase] (Ps 121:1-2), le lieu de son espérance.
Sosryko

