Peut-on aimer ce qu'on n'admire pas ?
Peut-on admirer ce qu'on n'aime pas ?
Je crois pouvoir répondre oui - sans hésitation. Et sans parler d'amour irrationnel. L'affection que l'on peut ressentir pour une personne peut se situer sur un plan tout autre que celui de l'admiration ou de la pitié. On lorsqe l'on aime quelqu'un - au sens large - c'est avec sa force, avec ses faiblesses. Celà n'a rien à voir avec la pitié. La pitié - comme l'admiration - peut également être ressentie "sans affection" ( pour en revenir à Tolkien : je ressens beaucoup de pitié pour Gollum, mais absolument pas d'affection )
Il est certain que les enfants qui naissent dans un milieu social favorisé partent avec de meilleurs atouts que ceux qui naissent dans la misère. Mais, outre le fait que le statut social n'est pas immuable, il est des familles très aisées où l'enfant ne peut absolument pas s'épanouir psychologiquement, et des familles pauvres où c'est le cas ( et réciproquement ).
Au sujet de l'inconscient dans l'oeuvre ( de Tolkien ou d'un autre auteur ) : il faut faire attention à ne pas voir partout - surtout dans une oeuvre aussi travaillée - des omissions qui en réalité voudraient dire le contraire de ce qui se trouve écrit. Car quelles sont ces omissions ? Des choses qui justement ne sont pas dites. Or, tout ce qui n'est pas écrit fait partie de ce non-dit. On pourrait en suivant ce principe trouver absolument n'importe quoi dans n'importe quelle oeuvre ( je ne parle pas ici du manque de religion "cultuelle" dans le SdA, qui n'est pas une omission mais un choix délibéré ).
Et il est certain que le culte du courage "à outrance" est tout aussi néfaste que celui de la faiblesse. Encore que j'aie plutôt tendance à considérer la témérité orgueilleuse d'un Turin ( ou, pour trouver d'autres exemples légendaires, d'un Roland, d'un Guillaume d'Orange ou même d'un Cyrano ) plus comme une faiblesse ( c'est par ce biais-là qu'ils sont vulnérables à la tentation ) que comme une force véritable.

