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La foi de Tolkien
#47
Lambertine,

à propose de Turin je suis plutot d'accord avec toi: en effet il semble que Turin se laisse mener par...ses passions. Il obéit à un instinct qui n'est souvent pas le meilleur guide, plutot qu'à la raison. Comme il ne sait pas dominer ses passions, on peut dire qu'il manque de tempérance (donc de force d'âme).

En fait tout dépend de ce que l'on entend par force: une force physique, quasi bestiale (ou pour les philosophes, plutot callicléienne)ou une force plutot intérieure, (plutot le "thumos" de l'âme chez Platon): force d'âme. Ce qui permet de résister à ses passions. En fait je pense que Tolkien ne voit pas vraiment en Turin un exemple moral, mais plutot un exemple de courage nordique admirable non par sa témérité mais par le coté "jusqueboutiste" du personnage: en fait il donne Turin comme exemple parce qu'il est allé jusqu'au bout de ce que l'on pourrait appeler sa "vocation" (tuer Glaurung) malgré tout. Est ce que Tolkien pourrait se "plonger" dans la peau de Turin, je ne le pense pas. Mais sans doute aimerait il un Turin amélioré: un Turin qui accepte pleinement son destin (non pas en dernier recours, quand le besoin se fait sentir, mais à tout moment de sa vie). C'est en cela que le courage nordique peut servir (je pense) d'exemple aux chrétiens: une sorte de stoicisme actif face à ce que l'on est appelé à être. Chaque chrétien (même chaque homme je crois, puisqu'Il veut que "tout homme soit sauvé") a une vocation voulue par Dieu. A chaque chrétien de la recevoir librement et de l'accomplir activement.

Il est intéressant de voir que la foi de Tolkien se fond aussi dans l'admiration qu'il avait pour l'esprit nordique. C'est aussi cet aspect de l'importance de la volonté, pour garder la foi: Tolkien je pense ne s'attarde pas sur des points de sa vie certes douloureux, mais qui sont partie de sa vie, et pour lesquels il ne peut rien. En gros il est devenu le "Turin amélioré" le Turin qui a accepté son destin, et qui en quelque sorte "fait avec". Est ce que vous ne vous etes jamais posé la question de savoir ce qui se serait passé si Turin était resté chez Thingol?? S'il avait eu la volonté de faire face au jugement de Thingol après la mort de Saeros? Il lui suffisait d'accepter le fait qu'un homme était mort, accepter aussi le pardon de Thingol (à noter que Turin le refuse "dans son orgueil"). C'est intéressant de voir ce rapprochement entre Turin et la foi de Tolkien (à suivre???)

JB
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