16-06-2003, 19:19
Mj, pour répondre à tes deux questions, qui me fascinent assez, je dois le dire ...
"peux-tu aimer ce qu'on n'admire pas?" le "ce" désignant une personne, je suppose. je dirais oui ; j'ai même longtemps eu tendance à penser que cet amour-là était plus "parfait", parce que lucide et gratuit. je crois de moins en moins en la gratuité de nos affections (mais l'amour se limite-t-il à l'affection ? je ne pense pas !) mais je pense aujourd'hui qu'un amour s'épanouit dans l'estime profonde d'autrui, qui n'est pas à mon sens synonyme d'admiration. aimer en vérité implique de reconnaître l'infinie dignité de l'être que j'ai devant moi, mais cela n'implique pas d'admiration, qui pour moi relève de la "hiérarchie" entre l'autre et moi, ce que n'implique pas l'estime. je pense en écrivant cela qu'il n'y a là qu'une nuance dans notre utilisation des termes.
"peut-on ne pas aimer ce qu'on admire ?" alors là oui, je réponds oui sans hésiter ! je vais prendre des exemples très terre à terre : j'admire certains de mes collègues universitaires parce que leurs travaux me passionnent ; l'amour n'a rien à voir là-dedans. l'admiration ne suppose pas une démarche d'amour, elle suppose la reconnaissance d'un talent xyz dans la personne, ou d'un courage exceptionnel, que sais-je. que pourrais-je prendre comme exemple contemporain ? allez, un "presque dans le sujet" : on peut admirer Jean-Paul II pour sa force de caractère, par exemple, sans aimer ni sa personne (pour cela encore faudrait-il le connaître ;-) ) ni ce qu'il représente, ou l'admirer et l'aimer, ou l'aimer sans l'admirer (cf plus haut). en tapant ça, je pense avoir trouvé ce qui pour moi fait la distinction entre les deux notions : l'admiration n'implique pas la connaissance, l'amour, si.
"peux-tu aimer ce qu'on n'admire pas?" le "ce" désignant une personne, je suppose. je dirais oui ; j'ai même longtemps eu tendance à penser que cet amour-là était plus "parfait", parce que lucide et gratuit. je crois de moins en moins en la gratuité de nos affections (mais l'amour se limite-t-il à l'affection ? je ne pense pas !) mais je pense aujourd'hui qu'un amour s'épanouit dans l'estime profonde d'autrui, qui n'est pas à mon sens synonyme d'admiration. aimer en vérité implique de reconnaître l'infinie dignité de l'être que j'ai devant moi, mais cela n'implique pas d'admiration, qui pour moi relève de la "hiérarchie" entre l'autre et moi, ce que n'implique pas l'estime. je pense en écrivant cela qu'il n'y a là qu'une nuance dans notre utilisation des termes.
"peut-on ne pas aimer ce qu'on admire ?" alors là oui, je réponds oui sans hésiter ! je vais prendre des exemples très terre à terre : j'admire certains de mes collègues universitaires parce que leurs travaux me passionnent ; l'amour n'a rien à voir là-dedans. l'admiration ne suppose pas une démarche d'amour, elle suppose la reconnaissance d'un talent xyz dans la personne, ou d'un courage exceptionnel, que sais-je. que pourrais-je prendre comme exemple contemporain ? allez, un "presque dans le sujet" : on peut admirer Jean-Paul II pour sa force de caractère, par exemple, sans aimer ni sa personne (pour cela encore faudrait-il le connaître ;-) ) ni ce qu'il représente, ou l'admirer et l'aimer, ou l'aimer sans l'admirer (cf plus haut). en tapant ça, je pense avoir trouvé ce qui pour moi fait la distinction entre les deux notions : l'admiration n'implique pas la connaissance, l'amour, si.

