Si on veut être constructif, on peut retenir que nous sommes en principe d'accord sur le fait qu'il n'y a pas de références religieuses dans le SDA.
Cette observation s'étend même au Silmarillion, à l'exception de l'Ainulindalë et du Valaquenta qui posent une mythologie ou plutôt une théogonie , en toile de fonds pour donner de la profondeur aux récits ultérieurs, ces textes étant d'apparence païenne avec une forte imprégnation de la genèse biblique pour le premier.
La question qui subsiste est: pourquoi?
Certains ici le justifient par l'essence même du conte.( je n'ai pas encore lu "Faërie" qui devrait semble-t-il me mettre sur la voie).
D'autres comme toi l'expliquent par une logique historique où l'aspect religieux apparaîtrait en anachronisme puisqu'il précéderait la révélation.
D'autres encore comme Cynewulf (ce pour quoi je croyais qu'il avait fait un pas vers moi) décelaient l'expression d'un éventuel désaccord de Tolkien avec les pratiques religieuses de son époque(vous noterez les formules hypothétiques impliquées par la lecture des derniers post!!).
Je pourrais me ranger à l'explication par la forme littéraire du conte si Vinyamar arrivait à me persuader de l'existence de représentations symboliques significatives . Car quelle que soit la forme littéraire adoptée , l'intégrité de la personnalité de Tolkien aurait dû le pousser à intégrer ou à accepter cette représentation minimum.
La logique par rapport à une religion non encore révélée ne me parait pas crédible: car si le Christianisme ne peut apparaître de ce fait dans le SDA cette restriction est incohérente par rapport à la mythologie spécialement conçue pour la TDM , théogonie à laquelle les premiers elfes étaient associés relayés par les générations suivantes qui ont elles-mêmes coexisté avec les hommes et les hobbits, dans un monde où la communication orale et même écrite était à l'honneur.
La première hypothèse formulée timidement par Cynewulf si elle me séduisait au départ me parait maintenant après tous ces débats un peu osée !!
Il y aurait donc bien volonté délibérée de "gommage" [(ou bien de dissimulation sous forme symbolique (symboles y compris linguistiques)]et présentation d’un monde exempt de toute forme cultuelle où hommes elfes et hobbits doivent livrés SEULS leur combat contre les forces du mal sans aide divine et sans même le véritable espoir d’un Paradis.
Ce ne serait pas en soi choquant ou sujet à interrogation si par ailleurs on ne voulait pas faire du SDA une œuvre (apostolique ?) un outil de propagation de la foi.
Peut-être que si Tolkien revenait parmi nous, il nous dirait :Laissez au SDA sa vocation de roman, de conte ou de légende, qu’on l’analyse, qu’on l’étudie, qu’on le dissèque en tant qu’œuvre littéraire soit mais qu’on se réserve mes « letters » ou autres écrits clairement prédestinés pour faire œuvre de conversion ou de théologie et nous ferons ainsi la part du sacré et du profane.
Mj

