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Le sens du Conte
#85
Je vais tenter de me joindre au débat sans jeter de l'huile sur le feu des querelles religieuses ...

Tout d'abord, chère Lothiriel, je ne suis pas vraiment d'accord quand tu parle de l' "acculturation" causée par l'Eglise en luttant contre les légendes locales ou les superstitions. Il y a plus "assimilation" que réelle acculturation. En bien ou en mal ? Je dirais à tout prendre que celà dépend des cas, mais je remarque que, lorsqu'on regarde l'expansion du christianisme, si le message reste le même partout ( enfin, globalement ) la façon de l'exprimer et ce qui "tourne autour" varie énormément. Le catholicisme d'un mexicain aura "assimilé" nombre de thèmes et de légendes Aztèques, comme celui d'un Irlandais la mythologie celtique ( il est d'ailleurs à remarquer que c'est dans un des pays les plus chrétiens du monde que la mythologie pré-chrétienne reste la plus vivante ). Et cette assimilation n'est finalement pas bien différente de la "récupération" des Dieux locaux par les Romains ( ou leur assimilation aux dieux du panthéon gréco-latin ; pourquoi assimiler Thor à Jupiter - même si ils ont une source indo-européenne commune - serait-il moins grave que d'assimiler le Graal celtique au calice de la Scène ? ).

Au sujet des valeurs spécifiquement chrétiennes du SdA : la plupart de ces valeurs sont en effet bien plus "universelles", bien qu'un croyant puisse les rattacher à sa foi. Mais il en est une qui me semble quand même plus particulièrement chrétienne : la miséricorde. Là ou la plupart des peuples et des religions demandent la justice, Tolkien met en exergue le Pardon, que ce soit vis à vis de Gollum ou de Saruman.

Un auteur chrétien se doit-il d'être engagé ? J'ai déjà répondu que non, mais je voudrais rajouter quelque chose : en général, les auteurs dits "engagés" ne sont jamais aussi bons que lorsqu'ils sortent de leur "engagement". Et les livres vraiment engagés ne convainquent souvent que les convaincus, simplement parce que leurs adversaires, soit ne les lisent pas, soit sont trop agacés par leur contenu. J'avoue même que, toute croyante que je suis, j'ai rarement été aussi agacée par un texte que je l'ai été il y a quelque s semaines par une "christianisation" médiévale de la matière de bretagne qui derrière chaque action des héros voyait, Dieu, Jésus, marie, Joseph, ou un ange du paradis. Dans l'engagement, point trop n'en faut.

Petit HS au sujet du Père Noël : dans mon enfance, le Père Noël n'existait pas en Belgique. C'était son homologue et modèle Saint Nicolas qui faisait son travail le 6 décembre. Il continue à le faire, mais maintenant les petits reçoivent deux fois des cadeaux en décembre ... Je me souviens pourtant qu'à 4 ans ( eh oui, çà m'a marqué ) j'avais été très choquée par une chanson disant que Noël était "la fête des enfants". Noël, pour moi, élevée pourtant dans une famille non pratiquante, c'était l'anniversaire de Jésus, sans cadeaux, sans cotillons, avec la crèche sous le sapin. Je crois que ce qui m'est resté de cette réaction enfantine, et çà doit être le cas de nombreux chrétiens, c'est un rejet de la commercialisation outrancière de Noël, dont le Père Noël est en quelque sorte le symbole.

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