01-06-2004, 16:31
3' : l'épisode du bouleau, qui presse Smith de partir, et surtout, de ne jamais revenir.
Smith veut dédommager le bouleau pour la protection qu'il lui a accordé, mais la réponse, terrible, poignante, lui fait comprendre que tous les maux ne peuvent être réparer... Le mal fait au bouleau est irréparable. Il s'est sacrifié dans sa bonté pour sauver le petit homme, se condamnant lui-même.
Quant aux conclusions de ces deux aventures, celle du théologien et celle de Smith, on ne peut dire si elles sont différentes : le théologien s'est réveillé, on ne saura pas la fin du rêve. Mais Smith, une fois remis de ses émotions, reviendra. Cet avertissement ne suffira pas. La menace et la colère, la violence n'impriment pas aussi profond que la douceur... Car Smith pense toujours que l'Etoile « était un passeport pour aller partout où il le voudrait ». Il lui faudra voir la jeune fille aux pieds de laquelle poussent les fleurs pour en prendre conscience...
Que disait Jung ?
Je ne me souviens plus de tous les éléments rentrant dans l'expérience du numineux. Cinq, je crois : la terreur, l'admiration, le sentiment d'infériorité... après, je ne sais plus les noms. Je ne peux avancer plus loin de ce côté. Mais pour ce qui est de la descente qui précède l'ascension, on la trouve : plus tard, quand Smith reviendra, il accédera aux Monts Intérieurs, « qui étaient hauts, escarpés et rebutants » [F/277]
Ce qui a précédé était une vision des choses... Il peut bien entendu y avoir d'autres pistes, ni exclues, ni invalidantes... Par exemple, si l'on considère (j'ai pris ça chez Bachelard encore :)) que l'eau est féminine, que l'arbre est féminin, on peut penser que Smith, en marchant sur le lac, a cherché à percer ce fameux « mystère féminin » que l'on retrouve chanté un peu partout, au point que l'expression est devenue d'une banalité effarante. Mais je n'ai pas suivi encore cette piste à laquelle je viens de penser... elle ne me paraît pas absurde non plus, je la laisse simplement mûrir... et si le chemin que j'entrevois ne s'enfonce pas dans les marais, alors... jolie brassée de fleurs :)
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* juste pour info, le passage de l'Evangile selon Saint Jean de la piscine de Bethesda :
... ça ne cadre ni avec a, ni avec ß, puisque dans ces derniers l'homme est seul face au lac, alors que dans l'Evangile, c'est une multitude qui attend – qui attend, c'est en plus un événement prévu, alors que dans a et ß l'évènement est une surprise, et terrifiante de surcroît...
**cf. C.G. JUNG, Essai d'exploration de l'inconscient :
Smith veut dédommager le bouleau pour la protection qu'il lui a accordé, mais la réponse, terrible, poignante, lui fait comprendre que tous les maux ne peuvent être réparer... Le mal fait au bouleau est irréparable. Il s'est sacrifié dans sa bonté pour sauver le petit homme, se condamnant lui-même.
Quant aux conclusions de ces deux aventures, celle du théologien et celle de Smith, on ne peut dire si elles sont différentes : le théologien s'est réveillé, on ne saura pas la fin du rêve. Mais Smith, une fois remis de ses émotions, reviendra. Cet avertissement ne suffira pas. La menace et la colère, la violence n'impriment pas aussi profond que la douceur... Car Smith pense toujours que l'Etoile « était un passeport pour aller partout où il le voudrait ». Il lui faudra voir la jeune fille aux pieds de laquelle poussent les fleurs pour en prendre conscience...
Que disait Jung ?
Ainsi se trouve indiqué une présence invisible, un numen, auquel ni une attente humaine ni un calcul arbitraire n'ont prêté vie.[...] C'est aussi pourquoi le rêve du théologien dit fort justement qu'il peut vivre au bord de l'eau l'action de l'esprit vivant comme une guérison miraculeuse dans la piscine de Bethesda. La descente dans la profondeur paraît précéder toujours l'ascension.
Je ne me souviens plus de tous les éléments rentrant dans l'expérience du numineux. Cinq, je crois : la terreur, l'admiration, le sentiment d'infériorité... après, je ne sais plus les noms. Je ne peux avancer plus loin de ce côté. Mais pour ce qui est de la descente qui précède l'ascension, on la trouve : plus tard, quand Smith reviendra, il accédera aux Monts Intérieurs, « qui étaient hauts, escarpés et rebutants » [F/277]
Ce qui a précédé était une vision des choses... Il peut bien entendu y avoir d'autres pistes, ni exclues, ni invalidantes... Par exemple, si l'on considère (j'ai pris ça chez Bachelard encore :)) que l'eau est féminine, que l'arbre est féminin, on peut penser que Smith, en marchant sur le lac, a cherché à percer ce fameux « mystère féminin » que l'on retrouve chanté un peu partout, au point que l'expression est devenue d'une banalité effarante. Mais je n'ai pas suivi encore cette piste à laquelle je viens de penser... elle ne me paraît pas absurde non plus, je la laisse simplement mûrir... et si le chemin que j'entrevois ne s'enfonce pas dans les marais, alors... jolie brassée de fleurs :)
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* juste pour info, le passage de l'Evangile selon Saint Jean de la piscine de Bethesda :
" Or il existe à Jérusalem, près de la Probatique, une piscine qui s'appelle en hébreu Bethesda, et qui a cinq portiques. Sous ces portiques gisaient une multitude d'infirmes, aveugles, boiteux, impotents, qui attendaient le bouillonement de l'eau. Car l'ange du Seigneur descendait par moment dans la piscine et agitait l'eau : le premier à y entrer, après que l'eau ai été agitée, se trouvait guéri, quel que fut son mal. "
... ça ne cadre ni avec a, ni avec ß, puisque dans ces derniers l'homme est seul face au lac, alors que dans l'Evangile, c'est une multitude qui attend – qui attend, c'est en plus un événement prévu, alors que dans a et ß l'évènement est une surprise, et terrifiante de surcroît...
**cf. C.G. JUNG, Essai d'exploration de l'inconscient :
Les idées de Sigmund Freud ont confirmé la plupart des gens dans le mépris que leur inspire la psyché inconsciente. Avant lui, son existence était ignorée, ou négligée. Désormais elle est devenue un dépôt à ordures morales. Ce point de vue moderne est certainement borné et injuste.
[180-181]

