Je ne vais pas me risquer sur ton terrain, ni surtout sur celui de la psychanalyse (Oh misère!). Juste quelques idées et réflexions que ton travail m'inspire.
Ainsi le monde de Faërie ne serait autre que notre propre monde intérieur? Et le voyage en Faërie, une exploration de notre propre psychè, une plongée dans notre inconscient, et non pas une fuite extérieure dans l'imaginaire? Cette idée me séduit, décidemment.
Autre chose, tu évoques, citant Jung, le symbolisme de l'eau : "L'eau est le symbole le plus fréquent de l'inconscient. Le lac dans la vallée est l'inconscient qui se trouve en quelque sorte en-dessous du conscient."
Or, ici, ce n'est pas de l'eau, plus exactement ce n'est pas un "lac d'eau" : "c'était plus dur que la pierre et plus lisse qu'un miroir.".
Comment l'interpréter? En premier lieu, cela répond à l'une des énigmes rencontrées plus haut : pourquoi le lac reste "calme et uni malgré la brise qui agitait les arbres environnants." Logique interne.
La caractéristique de l'eau est de se laisser pénétrer. Le lac non seulement ne se laisse pas explorer, mais en plus fait tomber l'explorateur. Ce rejet répond aux deux autres rejets : celui du vent, hostile, celui du bouleau, protecteur mais accusateur. Peut-on alors l'interpréter ainsi : Smith n'est pas encore prêt à explorer le lac enchanté, de même qu'un homme non préparer ne peut affronter sans risques les profondeurs de son propre inconscient, comme le suggère le rêve du théologien? Il ne s'agirait plus dans ce cas, de violer ou non un univers où il reste étranger, mais d'abord d'en apprendre les codes et de les respecter, avant de pouvoir y accéder.
Autre interprétation possible : ce n'est pas de l'eau, donc ce n'est pas l'inconscient, c'est vraiment un monde autre, différent.
Comment verrais-tu ça?
(Cela dit, c'est peut-être du pur délire. Faut avouer que je ne suis pas à l'aise en terrain symbolique!)
Bisou.

