04-06-2004, 08:21
Stéphanie, apprend à te taire avant de parler... Promis, juré, je ne m'avance plus sur ce que je ne connais pas ! Faut dire d'abord que ce que j'ai mis en haut n'étais pas destiné tout de suite à être exposé... J'aurai préféré en discuter en apparté avant (du genre avec toi :)), parce que moi, les religions monothéistes... La preuve :) Merci en tout cas pour ces éclaircissements (et pour moi, ce ne sont pas des broutilles... au contraire !)...
J'espère ne pas commettre d'impair avec le reste...
Anardaiel> l'idée n'est pas stupide :) Je l'ai dit, mon bout d'étude n'est qu'une piste, qui n'infirme ni n'invalide les autres...
Les voyages de Smith forment un tout, et n'en détacher qu'un pour l'étudier est risqué... j'ai pris le risque, mais il importe d'étudier tous les aspects... Et que Smith soit assimilé à l'arbre, ou du moins, associé, est possible. Seulement s'il est comparé à une feuille, il n'est pas l'arbre... Il en est un élément, simplement...
Hmm... Attention à ne pas les confondre avec des rêves, ce qu'ils ne sont assurément pas :
Et... je crois qu'une définition s'impose : la différence entre rêve et rêverie. Le rêve se fait en sommeil, quand la conscience est endormie. La rêverie est une vision éveillée des choses, une sorte d'état second... Malheureusement, si rêve à donné rêver, rêverie n'a, je crois, donné que rêvasser (encore que... rêvasser est plutôt lié à révasserie, "pensée vague"), plus péjoratif, alors qu'à mon sens, elle est au-dessus du rêve. C'est assez difficile de coller des mots là-dessus, des mots qui conviennent exactement :)
Hmf... Je n'aime pas définir Faërie... elle est toujours plus que ce que l'on peut dire... et pas que cela. Pour en apercevoir une parcelle, il faut accepter de ne pas tout savoir. N'être autre que notre monde intérieur ? Pas seulement... Je l'ai dit ailleurs, mais rien hormis nous-même ne peut nous servir en Faërie. On y vient avec son âme. Mais sans notre âme, Faërie existerait encore. Si nous n'y sommes pas, elle sera tout de même. Seulement, nous la percevons différemment, tous autant que nous sommes. Alors, oui, Faërie est un peu une extrapolation de notre univers personnel, puisqu'on ne peut la voir qu'avec nos yeux, et que notre vision ne peut que nous être propre. Oui, on s'y découvre, comme on peut se découvrir dans chaque épreuve initiatique. Mais non, Faërie n'est pas nous. Elle Est. On l'atteint par des chemins différents, mais toujours grâce à elle qui nous accueille... L'étoile vient de Faërie, ce ne sont (probablement) pas des Hommes qui l'ont forgée. Quand à être une « fuite extérieure dans l'imaginaire »... Je ne comprend pas très bien ce que tu entends par là... chercher refuge dans des billevesées pour s'isoler du monde primaire ? En ce cas, non, certainement pas... Il ne faut pas confondre, comme le dit le Professeur, « l'Evasion du Prisonnier avec la Fuite du Déserteur » [F/124]. De toute manière, on ne peut s'enfuir en Faërie éternellement... I cannot come !I was born Earth-daughter ! crie Firiel dans The Last Ship. On est né Fils ou Fille de la Terre, on ne peut changer d'état. Mais en excursionnant en Faërie, on enrichit notre monde... Toujours en prenant l'exemple de the Last Ship :
Mais les joyaux ne sont là que dans un certain état d'esprit... Il ne sont pas illusion, ni mensonge. Simplement, une fois changé de mode de pensée :
Entrer en Faërie permet d'embellir notre monde, de voir les gouttes de pluie briller comme des étoiles ( :) Yyr), de faire d'une banale brume l'étole d'une déesse oubliée, de voir des dragons dans les nuages ou d'entendre rire les chutes d'eau. On entre en Faërie si l'on est enfayté. C'est une évasion d'un monde qui peut paraître bien lourd, bien noir, négatif et tout ce que l'on veut (pas besoin d'aller chercher bien loin, suffit de tourner le bouton du poste de radio). Faërie nous aide à voir encore la beauté de notre monde... Tiens, toi qui est du pays de la B.-D., tu connais peut-être Broussaille : je ne vois pas de meilleur exemple en images de l'état enfayté que celui du tome 5 (non, je n'ai pas d'actions chez Repérages Dupuis :)). Comme dit le Faune : « Chaque fois que tu te sens agressé par une publicité, tu peux faire un exercice mental qui consiste à retourner ses valeurs. Par exemple, si elle te parle d'une chose matérielle, souviens-toi du spirituel. Si elle te parler d'un désir, souviens-toi de tes satisfactions, etc... En pratiquant, ça peut devenir un réflexe. Ainsi la publicité devient un rappel à l'intériorité. »
Hey, pas bête :) Il y a autre chose aussi, le problème étant que je ne sais si ça s'applique à beaucoup de gens ou seulement à moi... Disons que ce lac, malgré son apparente cristalinité (« il lui sembla voir jusqu'à une profondeur insondable »), et peut-être à cause de sa qualification de 'miroir', me semble être en fait... opaque. Pas au sens qu'on ne peut pas voir à travers, mais qu'il est impassible. Il n'agit pas : le vent souffle, le bouleau se courbe, mais le lac, lui, reste immobile... Il ne fait même pas tomber Smith, ce n'est pas un soubresaut de la surface qui le fait chuter... C'est un « non » catégorique et net. Comme la vitre protégeant un artefact. Froid, dur, immobile, quand bien même il rayonne.
Je n'ai pas dit que Faërie était l'inconscient... :) j'ai dit que c'était une piste, parmi d'autres. D'ailleurs, je ne m'attache ici qu'à un élément du conte de Smith... Mais je pense que si l'on se rencontre soi-même en Faërie, si chacune de nos aventures là-bas peut être un « rappel à l'intériorité », alors, on peut voir ça ainsi... Ce qui n'empêche pas que Faërie ne peut être réduite à notre seul inconscient.
Stéphanie - que le jardin appelle :)
J'espère ne pas commettre d'impair avec le reste...
Anardaiel> l'idée n'est pas stupide :) Je l'ai dit, mon bout d'étude n'est qu'une piste, qui n'infirme ni n'invalide les autres...
Je ne tenterai pas de définir [la nature de Faërie], ni de la décrire directement. C'est chose impossible. On ne peut attraper Faërie dans un filet de mots ; car c'est une de ses qualités que d'être indescriptible quoique sans être imperceptible. Elle possède maints composants, mais l'analyse ne découvrira pas forcément le secret de tous. [F/62]
Les voyages de Smith forment un tout, et n'en détacher qu'un pour l'étudier est risqué... j'ai pris le risque, mais il importe d'étudier tous les aspects... Et que Smith soit assimilé à l'arbre, ou du moins, associé, est possible. Seulement s'il est comparé à une feuille, il n'est pas l'arbre... Il en est un élément, simplement...
Romaine >
Dès la première lecture, il m'a semblé que la manière dont les cinq étapes de Smith étaient décrites ressemble fortement à la manière dont on décrit les rèves.
Les cinq à la suite ou quasiment, séparés par des blancs, comme des "flash", le vocabulaire évocateur et concis en même temps ("les marins elfes étaient grands et terribles", ça n'a l'air de rien, mais on les voit ;o) ) enfin voilà quoi :o)
Hmm... Attention à ne pas les confondre avec des rêves, ce qu'ils ne sont assurément pas :
[...] J'exclurai ou considérerai comme hors de propos toute histoire qui utilise le procédé du Rêve, le songe de l'authentique sommeil humain, pour expliquer le fait apparent de ses merveilles. Pour le moins, même si le rêve est un conte de fées à d'autres égards, je condamnerais l'ensemble comme gravement défectueux : ainsi qu'un bon tableau dans un cadre qui dépare. [F/66]
Et... je crois qu'une définition s'impose : la différence entre rêve et rêverie. Le rêve se fait en sommeil, quand la conscience est endormie. La rêverie est une vision éveillée des choses, une sorte d'état second... Malheureusement, si rêve à donné rêver, rêverie n'a, je crois, donné que rêvasser (encore que... rêvasser est plutôt lié à révasserie, "pensée vague"), plus péjoratif, alors qu'à mon sens, elle est au-dessus du rêve. C'est assez difficile de coller des mots là-dessus, des mots qui conviennent exactement :)
Mélilot >
Ainsi le monde de Faërie ne serait autre que notre propre monde intérieur? Et le voyage en Faërie, une exploration de notre propre psychè, une plongée dans notre inconscient, et non pas une fuite extérieure dans l'imaginaire? Cette idée me séduit, décidément.
Hmf... Je n'aime pas définir Faërie... elle est toujours plus que ce que l'on peut dire... et pas que cela. Pour en apercevoir une parcelle, il faut accepter de ne pas tout savoir. N'être autre que notre monde intérieur ? Pas seulement... Je l'ai dit ailleurs, mais rien hormis nous-même ne peut nous servir en Faërie. On y vient avec son âme. Mais sans notre âme, Faërie existerait encore. Si nous n'y sommes pas, elle sera tout de même. Seulement, nous la percevons différemment, tous autant que nous sommes. Alors, oui, Faërie est un peu une extrapolation de notre univers personnel, puisqu'on ne peut la voir qu'avec nos yeux, et que notre vision ne peut que nous être propre. Oui, on s'y découvre, comme on peut se découvrir dans chaque épreuve initiatique. Mais non, Faërie n'est pas nous. Elle Est. On l'atteint par des chemins différents, mais toujours grâce à elle qui nous accueille... L'étoile vient de Faërie, ce ne sont (probablement) pas des Hommes qui l'ont forgée. Quand à être une « fuite extérieure dans l'imaginaire »... Je ne comprend pas très bien ce que tu entends par là... chercher refuge dans des billevesées pour s'isoler du monde primaire ? En ce cas, non, certainement pas... Il ne faut pas confondre, comme le dit le Professeur, « l'Evasion du Prisonnier avec la Fuite du Déserteur » [F/124]. De toute manière, on ne peut s'enfuir en Faërie éternellement... I cannot come !I was born Earth-daughter ! crie Firiel dans The Last Ship. On est né Fils ou Fille de la Terre, on ne peut changer d'état. Mais en excursionnant en Faërie, on enrichit notre monde... Toujours en prenant l'exemple de the Last Ship :
Her gown had jewels upon its hem,
as she ran down the river,
and leaned upon a willow-stem,
[20] and watched the water quiver.
Mais les joyaux ne sont là que dans un certain état d'esprit... Il ne sont pas illusion, ni mensonge. Simplement, une fois changé de mode de pensée :
No jewels bright her gown bore,
[90] as she walked back from the meadow
under roof and dark door,
under the house-shadow.
Entrer en Faërie permet d'embellir notre monde, de voir les gouttes de pluie briller comme des étoiles ( :) Yyr), de faire d'une banale brume l'étole d'une déesse oubliée, de voir des dragons dans les nuages ou d'entendre rire les chutes d'eau. On entre en Faërie si l'on est enfayté. C'est une évasion d'un monde qui peut paraître bien lourd, bien noir, négatif et tout ce que l'on veut (pas besoin d'aller chercher bien loin, suffit de tourner le bouton du poste de radio). Faërie nous aide à voir encore la beauté de notre monde... Tiens, toi qui est du pays de la B.-D., tu connais peut-être Broussaille : je ne vois pas de meilleur exemple en images de l'état enfayté que celui du tome 5 (non, je n'ai pas d'actions chez Repérages Dupuis :)). Comme dit le Faune : « Chaque fois que tu te sens agressé par une publicité, tu peux faire un exercice mental qui consiste à retourner ses valeurs. Par exemple, si elle te parle d'une chose matérielle, souviens-toi du spirituel. Si elle te parler d'un désir, souviens-toi de tes satisfactions, etc... En pratiquant, ça peut devenir un réflexe. Ainsi la publicité devient un rappel à l'intériorité. »
Autre chose, tu évoques, citant Jung, le symbolisme de l'eau : "L'eau est le symbole le plus fréquent de l'inconscient. Le lac dans la vallée est l'inconscient qui se trouve en quelque sorte en-dessous du conscient."
Or, ici, ce n'est pas de l'eau, plus exactement ce n'est pas un "lac d'eau" : "c'était plus dur que la pierre et plus lisse qu'un miroir.".
Comment l'interpréter? En premier lieu, cela répond à l'une des énigmes rencontrées plus haut : pourquoi le lac reste "calme et uni malgré la brise qui agitait les arbres environnants." Logique interne.
La caractéristique de l'eau est de se laisser pénétrer. Le lac non seulement ne se laisse pas explorer, mais en plus fait tomber l'explorateur. Ce rejet répond aux deux autres rejets : celui du vent, hostile, celui du bouleau, protecteur mais accusateur. Peut-on alors l'interpréter ainsi : Smith n'est pas encore prêt à explorer le lac enchanté, de même qu'un homme non préparer ne peut affronter sans risques les profondeurs de son propre inconscient, comme le suggère le rêve du théologien? Il ne s'agirait plus dans ce cas, de violer ou non un univers où il reste étranger, mais d'abord d'en apprendre les codes et de les respecter, avant de pouvoir y accéder.
Hey, pas bête :) Il y a autre chose aussi, le problème étant que je ne sais si ça s'applique à beaucoup de gens ou seulement à moi... Disons que ce lac, malgré son apparente cristalinité (« il lui sembla voir jusqu'à une profondeur insondable »), et peut-être à cause de sa qualification de 'miroir', me semble être en fait... opaque. Pas au sens qu'on ne peut pas voir à travers, mais qu'il est impassible. Il n'agit pas : le vent souffle, le bouleau se courbe, mais le lac, lui, reste immobile... Il ne fait même pas tomber Smith, ce n'est pas un soubresaut de la surface qui le fait chuter... C'est un « non » catégorique et net. Comme la vitre protégeant un artefact. Froid, dur, immobile, quand bien même il rayonne.
Autre interprétation possible : ce n'est pas de l'eau, donc ce n'est pas l'inconscient, c'est vraiment un monde autre, différent.
Je n'ai pas dit que Faërie était l'inconscient... :) j'ai dit que c'était une piste, parmi d'autres. D'ailleurs, je ne m'attache ici qu'à un élément du conte de Smith... Mais je pense que si l'on se rencontre soi-même en Faërie, si chacune de nos aventures là-bas peut être un « rappel à l'intériorité », alors, on peut voir ça ainsi... Ce qui n'empêche pas que Faërie ne peut être réduite à notre seul inconscient.
Stéphanie - que le jardin appelle :)

