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Le lac et le bouleau dans Smith
#21
Le but faërique de Tolkien était bien le « dévoilement de la vérité et l’encouragement à la bonne moralité dans ce monde réel » (« elucidation of truth, and the encouragement of good morals in this real world” [L153]). Bien entendu, dans sa théorie faërique (le Mystère introduit par le Magique), Tolkien savait qu’il n’était pas à l’abri d’erreurs tout comme il avait conscience qu’il ne possédait pas la Vérité dans sa pureté ; voici ce qu’il concède à propos de Faërie :

[citation=L 153]But, of course, I may be in error (at some or all points): my truths may not be true, or they may be distorted : and the mirror I have made may be dim and cracked[/citation]

Mais Tolkien savait qu’il ne faut pas attendre d’être parfait pour témoigner, consoler et guérir. Tolkien n’a fait que proposer un chemin, assuré qu’il pourrait « faire des merveilles dans certains cas ». Sachant aussi que « seuls ceux qui ont gravi [les Montagnes] peuvent dire comment elles sont dans la réalité et ce qu’il y a au-delà » [N/183].

Aujourd’hui nous voyons au moyen d’un miroir, d’une manière confuse, mais alors, nous verrons face à face; aujourd’hui je connais partiellement, mais alors, je connaîtrai comme j’ai été connu. [1Co 13:12]
=
And now we see, as by a mirror, in similitude; but then face to face: now I know partially; but then shall I know, just as I am known. [1Co 13:12 ; Murdock, 1851]
=
For we see now through a dim window obscurely, but then face to face; now I know partially, but then I shall know according as I also have been known. [1Co 13 :12, Darby, 1884]

Autre argument qui confirme le lien entre Niggle et Smith : Edith, la femme de Tolkien, fut la première lectrice de Feuille de Niggle et de Smith de Grand Wootton ( Bio, IV.5, Northmoor Road) ; preuve de l’apsect autobiographique des deux textes mais également, en reprenant les mots de Bachelard à propos de la rêverie, preuve d’un « amour écrit » de Tolkien pour Edith.
Pour s’en convaincre, il suffit de penser à Parish qui doit attendre sa femme avant d’espérer rejoindre Niggle ; ou bien de la Reine des Elfes [Fairy Queen] qui attend le Roi de Faërie [King of Faery]). Conséquence importante : comme Tolkien n’était ni entièrement écrivain, ni entièrement professeur, Tolkien n’est pas seulement à chercher dans Smith ou dans Niggle, mais également dans le Roi et dans Parish. Cette remarque non seulement permet de lever en partie l’ambiguïté de la rencontre entre Smith et la Reine, mais surtout elle s’inscrit dans le thème du double, omniprésent dans le conte de Smith. Mais ça, c’est une autre histoire.

Sosryko
qui promet qu’il voulait commencer de répondre aujourd'hui :-(
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