Thread Rating:
  • 0 Vote(s) - 0 Average
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
Questions sur le sujet: 'Traduire des Poemes'
#5
Laegalad a très bien dit, je pourrais reprendre tous ses propos à mon compte :-)

Mes études n'ont franchement jamais eu de rapport avec la traduction poétique, et c'est fortuitement que je suis venu à m'y essayer. Tout est parti d'une question sur le souhaitable et le possible dans la traduction des poèmes du SdA, étant donné que la simple paraphrase de Francis Ledoux me paraissait très insuffisante. De la question "peut-on faire mieux" je suis passé à "essayons donc"... j'ai trouvé l'exercice intéressant et y ai pris goût.

"Comment faire ?" Eh bien, comme pour toute traduction, je commence par une lecture attentive. Ensuite, je passe à une étude formelle du poème, en en dégageant les caractéristiques structurales essentielles. Sur cette base, je cherche s'il existe un équivalent formel en français (en considérant aussi les résonances littéraires que telle ou telle forme peut avoir), et si ce n'est pas le cas, comment transposer la structure d'origine. Une considération importante est l'organisation en strophes, s'il y en a une, le choix du ou des mètres, qui doivent souvent laisser plus de place que dans l'original, étant donné qu'une traduction est généralement un peu plus longue que son original, et que les e muets de la prosodie de la poésie française mangent un nombre considérable de syllabes, et la décision de rimer ou non, et selon quel schéma.

Après vient la traduction proprement dite à l'intérieur de la forme choisie ; parfois cela peut se couler tout seul dans le vers, mais le plus souvent un travail de reformulation et de redistribution de l'information est nécessaire, aboutissant à tester diverses constructions et termes. A ce moment je fais un usage assez intensif du dictionnaire de synonymes :) Il peut arriver qu'il soit nécessaire de s'écarter de l'original, en retranchant ou ajoutant un élément (en restant dans le ton !), ou en répartissant différemment les éléments dans la strophe. Là, c'est comme un travail de pesée : que perd-on et que gagne-t-on avec telle ou telle solution, et le solde est-il positif ?

Quand cette étape, la plus longue, est terminée, vient un "polissage". Il faut s'assurer, si le poème est long, d'avoir conservé une homogénéité de style (ce qui n'est pas garanti quand on y a travaillé des soirées et des soirées). Généralement, je laisse passer un peu de temps pour pouvoir regarder ma version d'un œil neuf, et puis je la relis sans l'original afin de repérer les morceaux qui ne passent pas et ont besoin d'être reformulés. Puis, avec l'original, je vois s'il n'est pas possible de se rapprocher de l'original au cas où j'ai dû m'en éloigner. C'est aussi un moment où l'on peut parfaire l'ornementation et les jeux sur les sonorités. Enfin, il est souvent intéressant de soumettre alors son travail au regard d'un autre, ce qui amène d'autres remarques et éventuellement de dernières corrections.

A force de pratique, on finit par repérer certaines stratégies et enrichir ses possibilités d'expression ; ou plus exactement, on prend conscience de la variété de formulation dont on dispose, on maîtrise mieux ses moyens. Mais ça ne marche pas à tout coup et l'on avance essentiellement par essais et erreurs. La patience est effectivement nécessaire :-)

Reply


Messages In This Thread

Forum Jump:


Users browsing this thread: 1 Guest(s)