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Le Vieux Gamegie
#25
Je me permettrais une hypothèse concernant la connaissance qu'avaient Saroumane et Sauron du campement de la compagnie à Amon Hen.
Sauron, depuis les divulgations faites par Gollum, sait qu'un Sacquet possède son Anneau. De par sa Noire Intelligence, peut-être suspecte-t-il les Elfes et leurs amis de vouloir détruire ce dernier au coeur des flammes de la Montagne du Destin. Or les chemins qui y mènent ne sont pas légions : ou l'on traverse les Monts Brumeux au nord puis l'on descend l'Anduin, ou l'on descend par l'Erégion et l'on passe par la Moria ou le Gué de l'Isen. Egalement, Sauron et Saroumane communiquent par l'intermédiaire des Palantiri, et l'on sait que dans cet échange, Sauron est généralement celui qui gagne le plus. Aragorn dit également "le Traître Saroumane a eu vent par quelque moyen de notre voyage.[...]Des poursuivant de la Moria peuvent avoir échapé à la vigilence de la Lorien, ou ils ont pu éviter ce pays et arriver en Isengard par d'autres chemins. Les Orques voyagent vite. Mais Saroumane a bien des moyens d'information. Vous rappelez-vous des oiseaux ?" (p. 20 SdA2, éd Pocket en trois volumes). Saroumane a donc moyens de savoir les chemins empruntés par la Communauté, et d'en informer, pas nécessairement de son plein gré, Sauron. Celui-ci sait daonc où se trouve la Communauté.
Sachant donc que la Communauté prend la route du sud, sachant aussi par Saroumane que celle-ci s'engage dans les mines de la Moria et qu'elle en sort pour se rendre en Lorien, un bon stratège déduira que le chemin le plus rapide par la suite, et le plus économe en énergie, est de voguer sur l'Anduin en direction du sud, dans le sens du courant de ce fleuve majeur. Une nécessité en découle. Les rapides de Sarn Gebir et les chutes du Rauros sont infranchissables par des embarcations, et l'on doit donc mettre pied à terre et les franchir à pied.
Et effectivement les orques de Sauron attendent la Communauté en amont des rapides, là où les embarcations sont impossibles à manier, et où le courant les entrainent vers l'est ("ils ne cessaient d'être portés de plus en plus près de le rive orientale" - p. 511 SdA1, éd Pocket en trois volumes) ; et les orques ne sont pas seuls puisqu'un Nazgûl est là, le sort de nos amis étant scellé si le salut n'était venu de la flèche de Legolas tirée de l'arc de Galadriel. L'embuscade semble donc avoir été préparée. De même que des Orques de Sauron participent à l'expédition envoyée par Saroumane pour capturer les Hobbits ("Le maître est-il Saroumane ou le Grand Oeil ? [...] Nous devrions rentrer tout de suite à Lugburz." -p. 72 SdA2, éd Pocket en trois volumes), au deuxième endroit où la Compagnie doit quitter ses embarcations. Orthanc et Bard-Dur semblent donc partager informations et troupes.

Pour en revenir au sujet principal de ce fuseau, dans le passage des rapides de Sarn Gebir, on lit également lors de l'apparition du Nazgûl qu' "Un frisson soudain parcourut le corps de Frodon et lui étreignit le coeur ; il sentit dans son épaule un froid mortel [...] Il se jetta à terre, comme pour se cacher" (p. 513 SdA1, éd Pocket en trois volumes). La preuve encore une fois de la peur qu'inspirent les Nazgûl a ce stade de l'histoire.
Contrairement à ce que disait Ulmo, je pense pour ma part qu'il s'agit bien d'un des Neufs, et que le fait qu'il se soit penché n'a pas forcément permi au Vieux Gamegie de reconnaitre un être surnaturel : les Neuf portent un grand manteau noir à capuchon, de sorte que leur "figure est invisble dans l'ombre" (p. 108 SdA1, éd Pocket en trois volumes), et Sam dit qu' "il devait faire presque nuit quand ce type a monté la colline" (p. 109 SdA1, éd Pocket en trois volumes). Voir le visage, ou ce qui en tient lieu chez les Neuf, sous un capuchon noir à la nuit tombante, semble bien difficile.

Florian

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