Bref, une approche rigoureuse et scientifique ne résiste pas bien longtemps à la question de sa propre validité puisque Tolkien ignorait probablement la meilleure partie de ce que nous venons de dire. En d'autres termes, l'ADN mitochondrial et la cladogénèse devaient lui être étrangers.
Par contre, et là nous arrivons peut-être à une question plus pertinente puisque mieux posée, qu'en est-il de la place de la mixité dans l'oeuvre de Tolkien ?
Tolkien met en place des peuplades introverties où, au premier abord, l'interaction avec les autres groupes issus de la même "race" sont souvent fortement ténues. Des mélanges "raciaux", celui qui est le plus fameux pour le lecteur du SDA seul, donc coupable d'une lecture trop superficielle, est la création des Semi-Hommes, donc d'un abord immédiat négatif. Les populations sont conservatrices, xénophobes, et limitent au strict minimum leurs échanges internationaux (au sens propre du terme).
Par contre, une lecture plus attentive amène très vite à des conclusions diamétralement opposées.
Les cultures gagnent de leur échange mutuel ; Sans les Nains, point d'Erebor et encore moins de Val, la puissance de Dol Amroth dépend d'un héritage elfique affiché tandis que les Rois de l'Ouest soufflent sur les dernières braises d'un passé où les sangs divin, elfique et humain s'étaient trouvés mèlés. Toutes les nations isolées sont dondamnées à un lent déclin et si la Moria s'est condamnée, c'est avant tout en devenant le Puits Noir de l'abandon d'un allié objectif sinon plus (Ost-in-Edhil). Gondor s'est sauvé du joug de Sauron lors de la Guerre Fratricide en s'appuyant sur des hommes prétendus moindres et en confiant au Rohan, jusqu'alors obscure tribu nordique, le soin de la Marche. Le lieu culturellement le plus riche et siège d'une puissance notoire est le refuge de Fondcombe où toutes les créatures douées de raison et de bonnes volontés se retrouvent ! La première peinture du monde lors du tome I est celle d'un monde ranci par un repli mortel face à un ennemi de l'ampleur de Sauron tandis que la fin s'achève sur deux mariages internationaux et une fusion du monde connu sous la coupe d'un seul roi digne et sage puisque les Terres Elfes se dépeuplent tandis que les autres peuples rendent l'hommage lige à Aragorn...
Néanmoins, et là j'en reviens à mes Hobbits, les personnages du Seigneur des Anneaux (oeuvre de comparaison presque unique à mes yeux car seule création aboutie et revendiquée comme telle) sont bien souvent d'un passé plus mixte qu'il n'y parait. Depuis Theoden (je crois, et si ce n'est lui c'est Thengel) qui vécu sur les rives de Belegaer jusqu'à son accession au trône, d'un Bilbon apprenant l'Elfe (sindarin en fait) à Frodon, Tolkien montre que les cultures si elles sont proches peuvent être fusionnelles, comme c'est le cas à Bree. Par contre, endossant son rôle de double de Satan (le Diviseur), Sauron joue sur la division et la confusion entre les alliés puisque nombre de gens pensaient que le Rohan rendait tribut à Sauron sous la forme de chevaux... Mais Sauron était trop faible et est encore trop loin pour influencer de cette façon le coin de l'Eriador qu'est la Comté, à mon avis...
Que vos barbes poussent toujours plus longues !
Thorïn II Ecu-de-Chêne, Roi Sous la Montagne

