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Apparition des Hobbits...
Merci Sosryko.
Au moment où je commençais à perdre courage et espoir, tu es arrivé à point nommé pour mettre la forme et le fond sur ce ce que je n'avais plus le temps et l'énergie d'écrire.

Grmbl ! Comment ai-je pu omettre de citer la lettre 319... :o)


...

Je souhaite répondre au point n°3 du dernier post de Thorin. Un point qui m'a fait bondir (en toute amitié toutes proportions gardées, il ne s'agit que d'un roman, après tout) de mon siège, hier soir...

Quote:3-Quand Gandalf défend le choix des Hobbits, il signale leurs qualités et l'intervention de Pippin et Merry amène le Conseil à désigner les représentants des peuples contre Sauron : Elfes (pas de distinction entre Noldor, Sindarin ou toute autre division), Nains, Hommes (pas de distinction entre Numenoréens, Wose...) et Hobbits. Le SDA est LE livre sûr sur lequel s'appuyer.

Et pourquoi donc, les Hobbits accompagnent-ils la Communauté dans cette aventure ?
Réponse dans le Seigneur des Anneaux, l'oeuvre La plus "verouillée"(sic) et le livre le plus "sûr" (re-sic) de JRR Tolkien.

[citation=Livre II, chap 2, Le conseil d'Elrond]- C'est bon, c'est bon, Maître Elrond ! (...) Le stupide hobbit Bilbon a commencé cette affaire, et Bilbon ferait bien de l'achever (...)
- Bien sûr, mon cher Bilbon, dit Gandalf. Si vous avez réellement commencé cette affaire, on pourrait s'attendre à vous la voir terminer (...) [Mais] vous ne pouvez reprendre cette affaire. Elle a passé à d'autres.

(...) Frodon jeta un regard circulaire sur tous les visages ; mais ils n'étaient pas tournés vers lui (...) Une grande peur l'envahit, comme dans l'attente d'une condamnation qu'il avait depuis longtemps prévu et dont il espérait vraiment qu'après tout elle ne serait jamais prononcée (...) Enfin, par un grand effort, il parla, étonné d'entendre ses propres mots, comme si quelque autre volonté se servît de sa petite voix.
- J'emporterai l'Anneau, dit-il, encore que je ne connaisse pas le moyen (...)
- Si je comprends bien tout ce que j'ai entendu, dit [Elrond], je pense que cette tâche vous est dévolue, Frodon ; et que si vous n'en trouvez pas le moyen, personne ne le trouvera. C'est maintenant l'heure de la Comté, où ils vont se lever de leurs champs paisibles pour ébranler les tours et les conseils des Grands. Qui donc parmi tous les sages eût pu le prévoir ? (... ) Mais c'est un lourd fardeau (...) Mais si vous l'assumez librement, je dirai que votre choix est bon ; et dussent tous les puissants amis des Elfes de jadis, Hador et Hurin, et Turin et Beren lui-même être assemblés, votre place devrait être parmi eux.
-Mais vous n'allez pas l'envoyer tout seul, maître s'écria Sam (...)
- Non, certes! dit Elrond, se tournant vers lui avec un sourire. Vous au moins l'accompagnerez (...)[/citation]

[citation=Livre II, chap 3, l'Anneau prend le chemin du sud.]Plus tard dans la journée, les Hobbits tinrent une réunion privée dans la chambre de Bilbon. Merry et Pippin s'indignèrent en entendant que Sam s'était glissé dans le Conseil et qu'il avait été choisi comme compagnon de Frodon.
- C'est absolument injuste, dit Pippin. Au lieu de l'expulser et de le fourrer dans les chaînes, voilà qu'Elrond le récompense de son imprudence !(...)
Si tu dois partir [dit Merry], ce sera une punition pour n'importe lequel d'entre nous de rester derrière, fût-ce à Fondcombe (...) nous voulons continuer.
- Nous autres Hobbits [ajouta Pippin], nous devrions faire bloc, et c'est ce que nous ferons. Je partirai avec toi, à moins qu'on ne m'enchaîne (...)
- Enfin, en tout cas, dit Bilbon, aucune autre décision n'a été prise que le choix de ce pauvre Frodon et de Sam. J'ai craint tout du long qu'on aboutisse à cela (...)

Elrond appela les Hobbits autour de lui.
- (...) Si l'Anneau doit partir, ce doit être bientôt (...) Vous en tenez-vous toujours à votre parole, Frodon, selon laquelle vous serez le porteur de l'Anneau ?
- oui, dit Frodon. Je partirai avec Sam.
- (...) Je vous choisirai des compagnons pour aller avec vous aussi loin qu'ils le voudront bien ou que la chance le permettra (...) la Compagnie de l'Anneau sera de neuf; et les neuf Marcheurs (...) représenteront les autres gens libres du monde : elfes, nains et hommes. Legolas représentera les Elfes, et Gimli fils de Gloin les Nains (...) Pour les Hommes, vous aurez Aragorn, fils d'Arathorn (...)
- Boromir sera aussi de la compagnie [dit Aragorn] (...)
- Il en reste deux à trouver, dit Elrond. Je vais y réfléchir. Je pourrai en trouver dans ma maisonnée qu'il me semblera bon d'envoyer.
- Mais cela ne laissera pas de place pour nous! s'écria Pippin, consterné. Nous ne voulons pas être abandonnés là. Nous voulons aller avec Frodon (...)
- Il est vrai que si les Hobbits connaissaient le danger, ils n'oseraient pas partir. Mais ils souhaiteraient encore ou souhaiteraient l'oser, et ils auraient honte et seraient malheureux. Je crois, Elrond, qu'en cette affaire mieux vaudrait se fier à leur amitié qu'à ma grande sagesse [dit Gandalf, apportant à Pippin un secours inattendu](...)
- En tout cas [dit Elrond] j'estime que le plus jeune, Peregrin Touque, devrait rester. Mon coeur est contre son départ.
- Dans ce cas, maître Elrond, il faudra m'enfermer en prison ou me renvoyer chez moi lié dans un sac, dit Pippin. Car autrement, je suivrai la Compagnie.
- Qu'il en soit ainsi, alors. Vous irez, dit Elrond - et il soupira. A présent la question des neuf est réglée.[/citation]

Ce petit survol de deux chapitre réputés "sûrs" et "vérouillés" de notre roman favori montre trois choses :

  1. la Compagnie de l'Anneau s'est constituée sur la base du volontariat des gens présent à Fondcombe en cette occasion. Personne n'a été désigné. Elrond n'a fait qu'organiser et ajouter une valeur symbolique à cette compagnie composée de représentants présents des peuples libres en tant que tels et non en tant que races. Ainsi les Hobbits ne retrouvent dans la Compagnie parce qu'ils le choisissent, par devoir (Frodon) ou par amitié (les trois autres). Et non en tant que soi-disant race distincte. D'ailleurs (je me suis permis de le souligner) Elrond lui-même compte les Hobbits parmi les hommes ("Pour les Hommes, vous aurez Aragorn")
  2. Les Hobbits et les autres compagnons ne sont pas "désignés" par le Conseil, mais acceptés après le Conseil. Ce qui est très différent. Nous ne sommes pas chez Jackson, ici, mais chez Tolkien. Ne l'oublions pas.
  3. Enfin, les Hobbits n'intègrent pas la compagnie parce qu'ils sont des hobbits, mais parce que le porteur de l'Anneau volontaire se trouve être un Hobbit et parce que ses compagnons refusent de l'abandonner à sa quête. On doit donc les considérer non pas comme des représentants des peuples libres (qu'Elrond avait déjà nommé : Gimli, Aragorn, Legolas) mais en tant qu'accompagnateurs de Frodon, au même titre que Gandalf ou que Boromir.

Lire la compagnie de l'Anneau comme une réunion de races distinctes est dangereusement réducteur et faux, à mon avis. Le fond est infiniment plus complexe qu'un vulgaire scénario d'adaptation cinématographique.Et se servir de cette lecture superficielle pour démontrer que les Hobbits sont une race distincte de l'humanité est risible et bien triste à la fois.

Cordialement.

I.
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