Ah oui? Mais ça, c'est propre à n'importe quelle histoire passionante, et cela ne vaut que si nous faisons partie de l'histoire. Sinon, c'est la même impression de platitude.
Le monde réel n'est pas pourri, et il est encore nourri d'aventures, Seullement, elles ne viennent pas frapper à notre porte comme Gandalf un beau matin. C'est à nous de la saisir, de la provoquer, et cette aventure s'appelle l'amour (au sens large)
- Construire un foyer: une aventure !
- Partir deux ans (ou 1) comme volontaire avec une assoc. humanitaire pour aimer des hommes défavorisé: une aventure !
- Aimer et persévérer malgré les obstacles, défendre ses valeurs contre le "tout le monde a raison" ambiant: une aventure.
D'accord, il n'y a pas le fantastique, ni le souffle épique, mais tant mieux. Se faire réduire par un mage quand on n'est que hobbit, c'est décevant. Par contre il reste le merveilleux, quand ce que l'on fait est habité par l'amour.
NON, le monde actuel n'est pas pourri, si nous voulons bien sortir du canapé confortable où on nous a installé en nous disant bien de ne pas trop penser, que d'autres font ça pour nous.
Quand j'ai refermé le livre, j'ai aussi eu envie de retourner vivre dans les bois et d'aimer la nature sans que l'homme ne la détruise. Mais c'est irréaliste... L'homme fait aussi du mieux en transformant le monde (pas QUE du pire)
Pour moi, l'aspect marquant du SdA est que l'oeuvre est achevée, entièrement. Les annales nous donnent la fin de tous les personnages, jusqu'à leur mort: tout est achevé. Le roman n'est pas laissé en suspend après l'aventure (dans l'attente de la suivante?), mais c'est bien la vie qui s'achève. Elle a eu sa partie extraordianire, puis l'ordinaire revient, un peu comme pour nous lecteur. Et c'est pénible, mais au moins c'est vrai!
Le SdA, finalement, ce n'est pas une histoire, une aventure justement. C'est une vie, des vies, qui (comme le dit très bien Curufinwë) ont ouvert un regard lumineux sur un monde monotone, ont perçu la beauté du monde...
Cela n'est pas interdit aux hommes que nous sommes, mais à condition, comme Bilbo (qui était traité de fou), de ne pas rester dans son trou !

