Thread Rating:
  • 0 Vote(s) - 0 Average
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
Sméagol Gollum : un psychotique
#6
Voilà mon interprétation freudienne du comportement de Sméagol Gollum :

L'Anneau est la cause d'une scission mentale, qd il incite, en particulier, son porteur à basculer ds le monde des ténèbres, autrement dit du côté du mal malgré sa volonté. Même si tout individu est fondamentalement bon à ses débuts, l'Anneau Unique fait resurgir les tendances vicieuses et malhonnêtes qui sommeillent en tout individu. Catalyseur de mauvaises impulsions, l'Anneau Unique de Sauron peut pervertir les consciences les plus pures et devient un tabou, un interdit social qui possède une force magique : celle "d'induire l'homme en tentation" comme le dit Freud ds "Totem et Tabou".

Certains sauront y résister : c'est la cas de Gandalf et surtout de Galadriel. Mais d'autres comme Boromir ou Gollum finiront par être pervertis.
Dans le cas qui nous intérrèsse, Sméagol Gollum, l'Anneau a su profiter de la faiblesse mentale de Sméagol (l'avarice et la convoitise) pour le pousser au "péché" de meurtre envers Déagol.
La force obscure de l'Anneau est venue s'immiscer dans son inconscient afin de faire resurgir les instincts les plus vils de Sméagol, instinct que la société hobbite de l'Anduin conditionnait à réfréner.
Dès lors que Sméagol est entré en possession de l'Anneau, celui-ci a subi un tranformation psychologique : il est devenu Gollum.
Gollum, la part obscure de Sméagol, a ainsi usé du pouvoir d'invisibilité de l'Anneau à de mauvaises fins, le vol en particulier :

"Très content de sa découverte, il se garda de la révéler ; il apprenait des secrets, et il appliqua son savoir à des usages malhonnêtes et méchants." (SdA, p. 70)

Car tout ce que l'Anneau fait resurgir, c'est ce complexe inconscient et incontrôlable : "l'instinct" de possessivité, qui, lui-même, peut extravertir l'instinct de mort. Le sujet a donc basculé ds une véritable psychose.


N.B. : Avant d'aller plus loin, il me parait nécessaire de clarifier certaines définitions freudiennes, pour ceux qui ne connaissent pas.

Le "ça" est selon Freud le réservoir premier de l'énergie psychique, le "pôle pulsionnel de la personnalité". Il fait partie de l'inconscient et incarne le "principe de plaisir".
Le "moi" est le siège de la conscience mais aussi le lieu où se manifeste parfois l'inconscient. Il incarne le "principe de la réalité" (conditions imposées par le monde extérieur) auquel il est nécessaire de s'adapter.
Le "surmoi" est le juge du moi. Il représente les exigences morales et les interdits sociaux.

Un exemple pour être plus clair ? L'Anneau engendre chez Frodo une dialectique de répulsion/attirance centrée sur le "ça", son "moi" et son "surmoi". Le "moi" de Frodo va devenir le centre d'un tiraillement constant entre le "ça" incarné dans l'Anneau et le "surmoi" que matérialise l'interdit de Gandalf (le sage magicien lui répète en effet "Ne vous en servez pour rien au monde !"). Un phénomène de compulsion va alors apparaître chez Frodo, créant un conflit centré sur son "moi". Lors de la tentation de l'Anneau, Frodo est en proie simultanément au refoulement de ses pulsions et à l'envie du plaisir (l'envie de glisser l'Anneau à son doigt). Dans certains cas, le "ça" parvient à vaincre le "moi" de Frodo (sur le Mont Venteux, Face aux crevasses du Destin...), parfois la raison et le "surmoi" parvient à gagner la partie (sur Amon Hen).

Mais revenons à notre hobbit pitoyable :
Suite à ses méfaits et sa corruption intérieure provoqué par le "ça" (l'Anneau), l'état psychologique de Sméagol s'est dégradé. Il est devenu proprement psychotique : le pouvoir exercé par l'anneau unique l'a conduit à une dissociation psychique. Son "moi" est entré en conflit avec les instincts et les pulsions dévorantes surgissant de son inconscient et lui a fait franchir le seuil critique de sa santé mentale.

L'Anneau apparaît ainsi comme la fusion conflictuelle et contradictoire de l'instinct de vie de Sméagol et son instinct de mort. L'extraversion de ce dernier (le meurtre de son ami Déagol)permit à Sméagol d'échapper à sa peur de mourir, mais il sombra malheureusement ds la démence.
Sa maladie mentale se caractérise par un "moi" éclaté en de multiples personnalités :

SMEAGOL : il s'agit de l'être social et raisonnable, obéissant et sage, agissant selon de bonnes tendances, ms soumis comme un animal craintif. C'est le "Sournoi" (Sam se trompe).
N.B. : Dans cette situation, Sméagol est tour à tour comparé à un chien, une grenouille, une sauterelle ou encore une anguille, un chat ou une poule.

GOLLUM : appelé aussi le "puant" par Sam, ce surnom est associé justement à la mauvaise conscience qui ronge Sméagol. Il caractérise le côté violent, sauvage et instinctif de ce hobbit corrompu.
N.B. : Le nom même de "Gollum" provient de l'onomatopée sortant de la gorge de Sméagol. Mesquin, il est comparé au serpent par ses sifflements perfides ou à une araignée, comparaison annonçant le piège que Gollum a tendu à Frodo et Sam ds l'antre de Shelob.

"TRESOR" ("Precious") : il s'agit ici d'une personnalité fictive liée à l'Anneau perdu, avec laquelle conversent Sméagol et Gollum. L'expression "Mon Trésor" dénote pathologiquement un idéal narcissique, liée à l'avidité du personnage.

Cette psychose se traduit par un comportement instable, visible ds les soliloques et idées fixes de Sméagol Gollum. Cf. la scène du ch II; Livre 4 (p. 680 du Tome du SdA illustrée par Alan Lee) où l'on voit Sméagol parler seul, ss réel interlocuteur autre que lui-même. Le soliloque révèle un dialogue entre 2 personnalités ; la bonne et la mauvaise, visible ds l'emploi de la 3° personne du singulier et la 1° du pluriel. Belle illustration du conflit intérieur de Sméagol, partagé entre la volonté d'obéir à son maître Frodo comme à un chien fidèle (surmoi) et l'envie de lui dérober l'Anneau (le ça).

Voilà, qu'en pensez-vous ?

Curufinwe, qui a faim et qui va manger (principe du plaisir).

Reply


Messages In This Thread

Forum Jump:


Users browsing this thread: 1 Guest(s)