21-05-2002, 21:37
Je me dois de réagir devant ce quasi-consensus contre le prologue du SDA !
Ce qui m’a le plus intriguée et fascinée à la première lecture du livre, c’est précisément la lecture de ce prologue au ton si doctoral : on a vraiment l’impression que le professeur Tolkien va commencer sa conférence et nous entraîner dans un monde féerique sous toutes les apparences de la solennité ! Quelle originalité, ai-je pensé, en lisant ce prologue ! Il fallait oser commencer un conte d’une manière aussi « scientifique ».
La vérité, c’est que ce prologue donne vraiment le ton du livre et, pour reprendre les propos d’un autre génie du XXe siècle, Umberto Eco, qu’il « construit son lecteur ». Eco s’exprime ainsi dans son « Apostille au Nom de la Rose », en réaction aux critiques qui lui avaient été faites des premières pages de son roman :
« Après avoir lu le manuscrit mes amis de la maison d’édition me suggérèrent de raccourcir les cent premières pages, qu’ils trouvaient trop absorbantes et fatigantes. Je n’eus aucune hésitation, je refusai. Je soutenais que si quelqu’un voulait entrer dans l’abbaye et y vivre sept jours, il devait en accepter le rythme. S’il n’y arrivait pas, il ne réussirait jamais à lire le livre en entier. Donc, les premières pages avaient une fonction pénitentielle et initiatique. Tant pis pour qui n’aimerait pas : il resterait au flanc de la colline. Entrer dan un roman, c’est comme faire une excursion en montagne : il faut opter un souffle, prendre un pas, sinon on s’arrête tout de suite. »
Certains trouveront peut-être ses propos exagérés. Je les trouve personnellement très justes en particulier quand il parle d’« initier » le lecteur : c’est vraiment l’impression que j’ai eue à la lecture du prologue qui me semble tout à fait justifié et à la bonne place et je ne crois pas que Tolkien me désapprouverait…
En revanche je dois reconnaître que les premières péripéties, et en particulier le « Passage du Gué » (à la fin du livre I), m’ont paru très confus et m’ont fait abandonné la lecture du roman pendant plusieurs mois. J’ai retrouvé le souffle qui me manquait avec la sortie du film et le début du livre II, véritable départ de l’aventure pour moi !
Ce qui m’a le plus intriguée et fascinée à la première lecture du livre, c’est précisément la lecture de ce prologue au ton si doctoral : on a vraiment l’impression que le professeur Tolkien va commencer sa conférence et nous entraîner dans un monde féerique sous toutes les apparences de la solennité ! Quelle originalité, ai-je pensé, en lisant ce prologue ! Il fallait oser commencer un conte d’une manière aussi « scientifique ».
La vérité, c’est que ce prologue donne vraiment le ton du livre et, pour reprendre les propos d’un autre génie du XXe siècle, Umberto Eco, qu’il « construit son lecteur ». Eco s’exprime ainsi dans son « Apostille au Nom de la Rose », en réaction aux critiques qui lui avaient été faites des premières pages de son roman :
« Après avoir lu le manuscrit mes amis de la maison d’édition me suggérèrent de raccourcir les cent premières pages, qu’ils trouvaient trop absorbantes et fatigantes. Je n’eus aucune hésitation, je refusai. Je soutenais que si quelqu’un voulait entrer dans l’abbaye et y vivre sept jours, il devait en accepter le rythme. S’il n’y arrivait pas, il ne réussirait jamais à lire le livre en entier. Donc, les premières pages avaient une fonction pénitentielle et initiatique. Tant pis pour qui n’aimerait pas : il resterait au flanc de la colline. Entrer dan un roman, c’est comme faire une excursion en montagne : il faut opter un souffle, prendre un pas, sinon on s’arrête tout de suite. »
Certains trouveront peut-être ses propos exagérés. Je les trouve personnellement très justes en particulier quand il parle d’« initier » le lecteur : c’est vraiment l’impression que j’ai eue à la lecture du prologue qui me semble tout à fait justifié et à la bonne place et je ne crois pas que Tolkien me désapprouverait…
En revanche je dois reconnaître que les premières péripéties, et en particulier le « Passage du Gué » (à la fin du livre I), m’ont paru très confus et m’ont fait abandonné la lecture du roman pendant plusieurs mois. J’ai retrouvé le souffle qui me manquait avec la sortie du film et le début du livre II, véritable départ de l’aventure pour moi !

