"Il y avait des victoires et des défaites et des tours tombaient, des forteresses étaient incendiées et des flammes montaient dans le ciel. De l'or était entasse sur les catafalques des reines et des rois morts; et des tertres les recouvraient et les portes de pierre étaient closes; et l'herbe poussait sur le tout. Des moutons s'avancèrent un moment, mais bientôt les collines furent de nouveau vides. Une ombre sortit de sombres endroits au loin, et les ossements s'agitèrent dans les tertres. Des Etres de Galgals errèrent dans les creux avec un cliquetis d'anneaux sur des doigts froids et de chaînes d'or dans le vent."
Dans ce court extrait il est fait mention de plusieurs « êtres de Galgals ».
Plus de doute donc sur leurs multitudes.
La description : « avec un cliquetis d'anneaux sur des doigts froids » m’a toujours intrigué, serait ce des êtres corrompus par le roi sorcier avec des anneaux mineurs ?
Selon « David Day, – L’univers de Tolkien – Sources mythologiques du Seigneur des anneaux“ aux éditions Octopus, les Hauts de Galgals sont hantés par des esprits torturés, victimes du Roi sorcier d’Angmar.
Dans ce même ouvrage est relaté une probable origine de ces êtres spectrales dans l’œuvre de Tolkien :
Tolkien s’intéressait aux sites funéraires qui foisonnent chez les Anglo-saxons, l’un de ces sites, situés à 32 kilomètres d’Oxford, se nomme Wayland’s Smithy, « Forge de Wayland » (http://www.mysteriousbritain.co.uk/major...mithy.html )
Wayland était le célèbre forgeron des Dieux et était le fils d'un marin et d'une siréne.
Son histoire est celle d'une vengeance. En effet le Roi de Suéde, Nidud, lui fit couper les tendons et l'exila dans une ile lointaine pour qu'il lui fabrique des armes, des cottes de mailles et des ornements.
Mais un jour, il tua les deux fils du Roi venus pour prendre ses oeuvres. Il renvoya les têtes à Nidud, celles-ci étant empalées sur des pics, leur visage incrustés de pierres précieuses et d'argent.
Il vola alors jusqu'au Valhalla avec des ailes qu'il s'était confectionné et demanda l'hospitalité au Dieu Odin... Wayland était appelé Volund ou Volundr en Scandinavie, Weilund en Germain, et Wieland. Son histoire peut bien sûr être comparée à celle de Dédale (pour le labyrinthe et les ailes) mais aussi d'Héphaïtos, le Dieu forgeron Grec. A noter que l'île de Lemnos est une ile volcanique à l'instar de celle où fut banni Wayland. Enfin, le long tumulus connu sous le nom de smithy (Forge) prés d'Uffington, dans le Wiltshire en Grande-Bretagne est associé à Wayland... (http://www.robert-weinland.org/rech.php)
La figure du maître forgeron Wayland se retrouve dans la plupart des romans germaniques et des sagas scandinaves, car Wayland a forgé les épées de la majorités des héros. La Saga de Thorsten, centrée sur la forge de Wayland, présente un intérêt particulier :
On y apprend que l’audacieux pirate Sote le hors la loi entre par effraction dans le tumulus de Wayland et trouve la chambre au trésor remplie de monceaux d’or et de gemmes. Pourtant, quelque chose le pousse à ne prendre qu’un anneau d’or et à le passer à son doigt. Au fil des salles et des passages, sans en avoir conscience, il se retrouve marié au ténèbres.
Redoutant les voleurs, il reste dans le Tumulus et épée et dague au poing rôde sans fin dans ses couloirs et ses chambres. Victime de la malédiction et du pouvoir de l’anneau, il en est devenu possédé en se l’appropriant. L’objet est maintenant tout pour lui et au lieu de piller le tombeau, il est à jamais condamné aux ténèbres.
Sote est devenu le démon qui hante la tombe, et le gardien de son trésor : l’esprit flétri de l’être des galgals… ?
L’errantgris.

