Tolkien dans sa lettre 181 à Michael Straight (p 232-4) nous dit que Frodon était destiné à échouer ("doomed to failure"). Tolkien illustre son propos avec le fragment de prière "Ne nous soumets pas à la tentation". Car la tentation est ce qui pèse sur l'âme de Frodon et de tout porteur de l'Unique. Et aucun autre n'aurait pu résister mieux que lui à l'Unique.
Je crois que seul Frodon peut considérer son "hésitation" lorsqu'il fallut lancer l'Anneau dans le Feu comme un échec. De façon interne à l'histoire, nul ne lui fait reproche d'une faiblesse d'esprit. Et pour Tolkien (lettre 246 à Miss Elgar Eileen, p. 326), il a échoué en tant que héros et ne pouvait naturellement vaincre l'Anneau qui avait atteint le paroxysme de sa puissance. Surtout après les épreuves déjà subies par Frodon : affamé, assoiffé, exténué...
Au final, de nombreuses considérations viennent mitiger ce succès ou non de Frodon dans sa Quête pour détruire l'Anneau. Comme Tolkien le dit (cf. lettre 181), Frodon (et le monde) doit son Salut à sa pitié et son indulgence face à Gollum. Cette pitié a été en partie "provoquée" par une instance supérieure : Gandalf. Et c'est la Providence, Eru lui-même, qui fera arracher l'Anneau au doigt de Frodon puis le faire précipiter dans le Gouffre du Destin. En cela Gollum et Frodon étaient ses instruments (cf. lettre 246, p. 326).
Je crois donc que Frodon, d'une manière ou d'une autre, ne pouvait faillir.
Cédric.

