MJ> « je me sens battue d’avance »
Sois assurée que dans nos débats je ne cherche pas à l’emporter ou à te « battre » d’une quelconque façon. Nos débats sont des échanges ou chacun exprime son point de vue sans chercher à imposer sont point de vue. Le désaccord entre nous n’exclue pas pour autant le respect réciproque. Si par hazard dans la chaleur de certains échanges tu as senti une volonté d’imposer un point de vue, c’est involontaire de ma part.
Pour revenir plus au en amont cela correspond à la vraie tradition chrétienne. Dans le « Gloria », qui d’après la tradition a été appris aux hommes par les anges eux mêmes la nuit de Noël, il est bien dit « et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté ». Ceci veux bien dire que quelqu’un de réelle bonne volonté et de parfaite bonne foie doit être regardé avec paix, même si ses opinions diffèrent des notre. Ou encore je citerais les paroles du Christ lui même dans Marc 9-40 « Qui n’est pas contre nous est avec nous » à propos d’un autre prêcheur qui faisait le bien sans suivre le Christ.
Concernant la raison de la mélancolie de Frodo après son retour dans la Conté. Je ne pense pas être particulièrement pessimiste. Tolkien en revanche l’était certainement. Sa vie a été marquée très tôt par la mot et le *deuil et il a toujours ensuit envisagé l’avenir avec pessimisme. Dans une de ses lettres il dit lui même (citation de mémoire) « en tant que catholique je ne peux concevoir l’histoire que comme une longue défaite ».
Je crois donc réellement que Frodo continue a désirer l’anneau même après sa destruction et que c’est ce qui l’empêche de jouir à nouveau de la vie. Nous en avons une confirmation dans Chapitre « les havres gris » dans RdR . Frodo est surpris par le père Chaumine qui « trouva Frodo étendu sur son lit [.] et il paraissait perdu dans un songe. IL A DISPARU A JAMAIS , disait il, ET MAINTENANT TOUT EST SOMBRE ET VIDE ». D’après moi c’est bien l’anneau unique dont Frodo parle à ce moment.
Ceci est conforme à l’âme humaine. Pour prendre un comparaison même malhabile je prendrait l’exemple suivant. Un blanchisseur modeste qui trouverait dans un vêtement qui lui a été confié un ticket de loto gagnant et qui aurait choisi de le rendre à son propriétaire plutôt que de l’encaisser, aurait certainement fait le choix juste du point de vue de l’honnêteté. Cela ne voudrait pas dire qu’il ne ressentirait pas un petit pincement au cœur chaque fois qu’il verrait son ancien client passer en voiture luxueuse en se disant « dire que cela aurait pu être moi ». On peut même imaginer que pour éviter de laisser ce sentiment devenir envahissant il préfère déménager pour éviter de se retrouver trop souvent face à son gagnant.
Je pense que c’est un peu de même pour Frodo. Malgré son choix juste, il ne peux pas s’empêcher de regretter l’anneau.. Une comparaison étant forcément imparfaite je reviens maintenant au texte de Tolkien. Je pense que tous ceux qui ont porté l’anneau se trouve avoir leur destin désormais lié à celui-ci. En conséquence une fois que l’Unique est détruit, ils n’ont plus de destin possible en TdM. Ils doivent donc :
- mourir : Golum
- disparaître : Sauron
- quitter la TdM pour un ailleurs : Bilbo, Frodo et Sam.
Arwen le dit elle même à Frodo qui s’étonne que Bilbo ne soit pas venu assister au mariage. « Cela vous étonne, Porteur de l’Anneau? [.] vous connaissez le pouvoir de cet objet qui est maintenant détruit; et tout ce qui a été fait par ce pouvoir est en train de disparaître. Et votre parent a possédé cet objet plus longtemps que vous « . Ce qui, à mon sens montre que après la destruction de l’anneau , les porteurs ne peuvent plus véritablement encore s’intéresser à la vie de la TdM.
Yyr>
Je ne peux pas être d’accord avec toi lorsque tu dit : » tous les arguments commençant par "Tolkien était catholique donc Frodo a ..." ne sont pas recevables ».
Tout d’abord Tolkien a dit lui même dans une de ses lettres « le SdA est une œuvre entièrement catholique inconsciemment au début mais CONSCIEMMENT dans sa révision ». Je pense donc qu’il est donc recevable de chercher dans son œuvre les éléments de catholicisme qu’il dit lui même y avoir mit.
D’autre par plus généralement, je pense que pour un catholique aussi pratiquant et dévot que l’était Tolkien il est impossible de séparer sa foie de sa vie et son œuvre. Un vrai croyant (probablement quelque soit sa religion d’ailleurs) vie sa foie au quotidien et à chaque instant dans chaque fibre de lui même. C’est ce que dit le psalmiste dans le psaume 139 entier et plus particulièrement « Que je me lève ou m’assoie, tu le sait. Tu perces de loin mes pensées. Que je marche ou me couche, tu es là. Tous mes chemins te sont familiers ».
On trouve cela aussi dans st Paul 1CO 10-31 » Soit que vous mangiez, soit que vous buviez, quoi que vous fassiez, faites tout pour la gloire de Dieu ». Donc même manger un sandwich doit l’être fait dans une perspective religieuse alors la rédaction d’un livre qui dure 14 ans et qui est particulièrement chère à son auteur doit l’être encore plus.
Au risque de choquer certains je dirais donc en conclusion que pour un catholique il n’est rien de profane et que donc le SdA ne fait pas exception à la règle.
Cordialement

