Cynewulf > Jean > ... Tout d’abord Tolkien a dit lui même dans une de ses lettres « le SdA est une œuvre entièrement catholique inconsciemment au début mais CONSCIEMMENT dans sa révision ».
Oui*. Je suppose que, si quelqu'un pouvait encore l'ignorer sur ce forum, tous pourront maintenant en rêver la nuit ;).
Il n'a pas dit en revanche qu'il était pertinent d'en faire un élément de lecture a priori de son oeuvre. Les reflexions qui vous ont été faites ne concernent pas les fois où vous avez proposé une lecture chrétienne a posteriori mais celles faites a priori, qui ont le tort, pour la méthode de partir sur une hypothèse arbitraire sinon spécieuse**/***, pour le sens de n'en prêter aucun autre à l'oeuvre que celui de l'intention***, et pour l'enchantement de le mettre à mal****.
Sans compter que si Tolkien a méthodiquement viré toutes les références explicitement chrétiennes de son Oeuvre, c'était peut-être pour une bonne raison, non ? Pourquoi les y remettre ? :) En revanche, rien n'empêche d'y faire appel, non en amont mais en aval : pour parler de ce que *produit* le conte. Ainsi lui-même n'hésite-t-il pas à employer dans ses lettres les références chrétiennes pour *décrire* la terre-du-Milieu « selon lui (comme un autre) », exactement de la même façon qu'il l'emploit pour parler de notre Monde (primaire). Notez des mot comme « exemplifies », mis en italiques par lui-même. Pour Tolkien, la dialectique chrétienne, théologique, est un langage qui permet de mettre en valeur le sens de son monde, pas le pourquoi.
Si vous vous sentez obligés de poser des énoncés externistes en pré-requis, ce n'est pas de l'applicabilité, c'est de l'allégorie, et c'est que l'auteur a mal fait son boulot, que le sens du conte ne peut être atteint par lui-même.
Plutôt que de dire la chrétienté du SdA *à cause de* celle de l'auteur (qu'est-ce que j'en connais, de sa foi ? de sa relation intime avec Dieu ? et qu'est-ce que je connais des "impuretés" de sa foi qui auront faussé ses intentions ?), je préfère montrer la chrétienté que m'*inspire* le SdA (comme un grand :) sans l'aide de l'auteur (malgré lui)), et ainsi peut-être découvrir la foi de mon auteur (et la mienne).[espacement]Jérôme[espacement]* Notez qu'il l'a dit à son ami Robert Murray, pas à nous. A nous, il a écrit Faërie (on Fairy stories) ; lisez Faërie :) c'est encore mieux !
** Enoncé : "Mes amis Bush et Blair sont des chrétiens fervents" (si, si : prières, messes etc... la totale). Pourtant, je ne sais pas si c'est à cause de la parabole de l'ivraie - sans doute suis-je naïf d'y trouver une contradiction majeure avec la guerre préventive -, ou de l'exigence de vérité - je n'ai vu nulle part dans l'Evangile qu'elle pouvait souffrir de la confection de fausses preuves même dans le but de convaincre ses partenaires du mal-fondé de passer outre la parabole précédente -, ou encore à cause de la prophétie selon laquelle « celui qui veut sauver sa vie la perdra ; celui qui la perdra à cause de moi la gagnera » - à nouveau je fais partie des simples d'esprit qui trouvent là une contradiction totale avec la mise en avant du principe selon lequel les intérêts et sécurité de la nation américaine passent avant tout le reste -, quelque chose me dit que cet énoncé ne me permettra pas d'éclairer les politiques et actions de mes amis Bush et Blair ...
*** Il y a entre l'auteur et son oeuvre comme le rapport du parent avec son enfant : celui-ci doit être laissé libre de l'intention de ses parents ... (cf. le post de TB ;))
**** Cf. Etude et Créance Secondaire

