Le mot anglais were-worms peut être traduit par « vers-garous », comme dans were-wolves (« loups-garous »). Ce mot suggère alors un être pouvant prendre l’apparence d’un homme ou d’un dragon. C’est donc une créature changeant de forme, comme Beorn : "Il change sa peau : parfois c’est un énorme ours noir, parfois un homme fort […]."(in J.R.R. Tolkien, Bilbo le Hobbit, op. cit., chap. 7, "Un curieux logis", p. 154). Toutefois, ceci n’est qu’une des traductions et des explications possibles. Une autre serait d’interpréter ce terme anglais comme voulant dire "ver-humain", le mot were ayant la même racine germanique que le mot wer qui signifie "homme". Ce serait donc tout bonnement des vers doués d’intelligence. Il faut donc lire au pis "sauvages Vers" dans la version française de Bilbo le hobbit.
A ce propos, la traduction de Pascal Aubin donne pour l'entrée "Were-worm" dans le livre de David Day, (Tolkien, l'encyclopédie illustrée, Paris, Octopus France/Hachette Livre, 2002, p. 210), le mot "Hommes serpents" : "Les histoires des hobbits racontent que dans le dernier désert, à l'est de la Terre du Milieu, vivaient des êtres que l'on appelait hommes serpents. Bien que ceux-ci n'apparaissaient dans aucun récit du troisième âge du soleil, ils étaient assimilés aux dragons et aux serpents [animal corrompu par Melkor à partir duquel il "engendra" les dragons]. Pour les hobbits, il ne s'agissait peut-être que d'un souvenir des créatures qui avaient arpenté la terre poendant les guerres de Beleriand."
Ces créatures, peut-être mythiques et apparentées aux dragons, sont donc d’une espèce inconnue. Leur existence même reste un mystère. Elles sont peut-être à classer dans le riche folklore des hobbits, peuplé d’êtres fantastiques. De fait, toute discussion portant sur la forme ou les mœurs de ces créatures mystérieuses doit rester dans le domaine de la conjecture...
Cordialement,
Eric.

