D’accord, mais à partir de « pas comme », j’espère que cela ne puisse vouloir dire « qui n’aurait pu jamais être comme » si l’anneau n’existerait pas. Il est clair que la personnalité de chaque personnage pourrait remplir chacun un fuseau et comme on ne connaît jamais entièrement une personne, on ne connaîtra jamais entièrement les personnages décrit par Tolkien.
(C’est une des géniales réussites de Tolkien puisque cela nous permet au fil de la lecture d’entrevoir des événements dans un domaine de probabilités réelles et non de prévisibilités. Tolkien a réussi à ne pas particulariser ses personnages au point d’en faire des stéréotypes. À mon sens, il a créé des archétypes.)
En fait, je m’ai déjà demandé si Sméagol était foncièrement mauvais ou seulement plus foncièrement mauvais. Finalement, je pense qu’il est plus foncièrement mauvais. Le côté sombre qui s’est développé rapidement chez Sméagol est caractéristique de lui-même. Avant même d’avoir touché cet anneau le mal s’exprime en lui. Il doit y trouver une attirance qui comble une certaine impuissance ou désir de puissance qui germait naturellement en lui ou savait-il ce que l’anneau était(extrême hypothèse). Sméagol avait déjà le potentiel de devenir aussi vite malsain. L’anneau à déclencher cette impulsion ou déclencher l’émergence de ce défaut de la personnalité. Pour Bilbon, l’anneau arrive par hasard, l’anneau est en détresse il veut absolument retrouver son maître, mais avec Sméagol-Gollum elle croupit coupé du monde extérieur.
(je crois que l’anneau arrive mystérieusement à se repérer d’une part dans les aléas de la communication et qu’avec Smégol/Gollum il n’y perçoit rien hormis une présence avec qui il s’attarde. D’autre part, il se situe dans le monde et essaie de communiquer avec son maître à travers l’esprit du possesseur qui enfile l’anneau. Puisqu’une partie de l’âme de Sauron s’y trouve, l’âme de Sauron essaie de redevenir un tout (très bon point de vue, Esgal )).
Bilbon est le sauveur qui délivre l’anneau de l’oubli. Bilbon est un Hobbit qui ignore beaucoup les faits historiques du monde extérieur, mais n’en est pas moins devenu un grand aventurier (malgré lui) pour un Hobbit. L’anneau voyagera, il sera de nouveau plongé dans les aléas du monde extérieur. Sauf que chez Bilbon la tendance de l’anneau à pervertir se butte à un être d’une forte vivacité et rusé ( des qualités mieux perçues par Gandalf que par Bilbon lui-même) ayant un fort esprit de collectivité et ne possédant aucun soupçon de malignité caractéristique de la majorité des hobbits. De plus, la culture hobbite me semble être un facteur très précieux ;) en ce qui à trait à la personnalité hobbite. Il s’agit d’une culture paysanne sociable et paisible où le détenteur du plus au poste hiérarchique, le maire du village, à l’humble et courtoise tâche de présider les fêtes, banquets et sûrement (je ne suis plus certain) de veiller au bon fonctionnement des services d’utilités publiques. En plus, c’est un maire élu à la bonne franquette. On est loin du despote désireux de posséder le contrôle sur un peuple et sa terre et encore moins sur les autres. Les Hobbits doivent ignorer beaucoup sur la façon d’agir subversivement ou encore d’être rebel. Il y règne un entendement d’une grande intelligence qui surprend même les plus sages. Lisez ce Gandalf toujours surpris de découvrir un aspect propre aux Hobbits après les avoir côtoyé : On peut bien apprendre en un mois tout ce qu'il y a à connaitre de leurs façons, et puis après un siècle ils peuvent encore vous étonner au besoin.(T1, Chap. II. L'OMBRE DU PASSE, Page 92)
Les hommes eux ont plutôt le défaut d’être corruptible, de sous-estimer facilement ce qu’ils ignorent et de douter du bien fondé de leur action et de celui des autres. Boromir en est l’exemple premier. Faramir aussi, mais son esprit s’est depuis longtemps versé aux connaissances des sages ce qui atténue ce défaut et qui lui permet de mieux se mettre en garde vis-à-vis lui-même. Les hommes accomplissent ensemble, volontairement ou non, beaucoup à condition qu’ils en aient le pouvoir. Que les dessins de ces accomplissements soient louables ou punissables l’anneau demeure toujours le vecteur du mal. L’homme voudrait, bien-pensant, contrer le mal à l’aide de l’anneau mais leur défaut resurgirait facilement par le doute que nourrirait l’anneau et qui le dirigerait rapidement vers des sentiments despotiques et égocentriques.
Sméagol, un lointain coussin (en terme d’espèce) des Hobbits, provient d’une culture qui m’échappe et qui est une franche invitation à tous afin d’éclaircir ce milieu culturel. Toutefois, ses actes il les doit à lui seul comme chaque être vivant. Il fut sûrement auparavant un bon être profitant de plaisirs et des curiosités que lui offrait la nature comme le démontre ces paroles de Gandalf :
T1, Chap. II. L'OMBRE DU PASSE, Page 82:
- Ce n'est que trop vrai, je le crains, dit Gandalf. Mais il y avait autre chose, je crois, qui vous échappe encore. Même Gollum ne fut pas entièrement ruiné. Il s'était révélé plus résistant que l'un des Sages mêmes ne l'aurait deviné - comme l'aurait pu un Hobbit. Il y avait un petit coin de son esprit qui lui appartenait encore, et la lumière vint par là, comme par un interstice dans les ténèbres: une lumière venue du passé. Il lui fut en réalité agréable, je présume, d'entendre à nouveau une bonne voix, qui faisait surgir des souvenirs de vent, d'arbres, de soleil sur l'herbe et de pareilles choses oubliées.
(en parlant de sa rencontre avec Bilbon)
Mais au tréfond de lui-même se trouvaient de mauvais songes. C’est ce qui le rend pitoyable puisqu’il est en partie victime de lui-même.
Moi > J'ai toujours imaginé Gollum comme mon grand-père
Smégol/Gollum à près de 556 ans. Bien que vous ne connaissez pas mon grand-père ; ), je trouvais plus facile de m’imaginer un Gollum qui avait les traits de ses années qu’un Gollum guilleret :). De plus, à quoi on pense pendant 556 ans? À son précieux? À sa vie? À manger des poissons tout en gardant sa ligne? À l’ennui? À polir son précieux? À avoir de passionnants débats philosophiques inspirés avec son alter ego ? Le côté Sméagol est l’authentique personnage qui sûrement est le côté conscient de Sméaogol/Gollum qui le fait regretter, le culpabilise. Il doit savoir que sa vie est ratée et que jamais il n’atteindra une forme de sagesse. Il a passe presque son entière vie marginalement à ce qu’aurait dû être son existence. Il vit près de 400 ans de plus qu’il ne devrait. Sméagol ne vieillie pas au rythme normal, car comme l’âme de Sauron est en veille et qu’une partie de celle-ci (de son pouvoir) est inculquée en l’anneau, cette rumeur d’âme doit prolonger la vie de Gollum en réprimant une partie de l’esprit de celui-ci pour s’y substituer. Gollum a acquis certainement une grande force physique afin de survivre tout ce temps, une force que l’anneau à influencer le développement.
Je ne me ferai plus long, voici les dernières lignes; elles appuient mon hypothèse du tiraillement de l’anneau (quoiqu'interprété par Gandalf) :
T1, Chap. II. L'OMBRE DU PASSE, Page 80:
« Il remonta ensuite, tout crachant, avec des algues dans les cheveux et une poignée de boue; et il regagna la rive. Et voici qu'après avoir fait partir la boue, il avait dans la main un splendide anneau d'or; celui-ci brillait et scintillait au soleil, de sorte qu'il eut le coeur content. Il remonta ensuite, tout crachant, avec des algues dans les cheveux et une poignée de boue; et il regagna la rive. Et voici qu'après avoir fait partir la boue, il avait dans la main un splendide anneau d'or; celui-ci brillait et scintillait au soleil, de sorte qu'il eut le coeur content. Mais Sméagol l'avait observé de derrière un arbre, et tandis que Déagol contemplait l'anneau, Sméagol s'avança doucement derrière lui.
" - Donne-moi cela, Déagol, mon cher, dit Sméagol par-dessus l'épaule de son ami.
"- Pourquoi ? demanda Déagol.
" - Parce que c'est mon anniversaire, mon cher, et je le veux, dit Sméagol.
"- Ça m'est égal, répondit Déagol, je t'ai déjà fait un cadeau, un cadeau au-dessus de mes moyens. J'ai trouvé ceci, et je vais le garder.
" - Ah oui, vraiment, mon cher ? dit Sméagol.
"Et il saisit Déagol à la gorge et l'étrangla, parce que l'or avait l'air si brillant et si beau. Puis il passa l'anneau à son doigt.[…] L'anneau lui avait donné un pouvoir proportionné à sa stature »
Je vous souhaite une bonne nuit en différé.

