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Technologie militaire
#48
Merci Stéph pour ces références utiles et ces précisions nécessaires.
Je rajouterai que, comme à son habitude, Tolkien prend bien soin de brouiller les pistes quant à ses sources d'inspirations, car s'il est indéniable que les Rohirim aient une apparence qui s'inspirent plus que grandement (voir ci-dessus) des anglo-danois (vikings britanniques comme les normands sont les vikings de France) voir des premiers anglo-normand, il faut rappeler qu'ils sont le peuple des chevaux et que leur mode de vie, s'il ressemble à celui des hommes du nord des âges sombres (VIIème XIème siècle historique), comme en témoigne la description d'Edoras, en diffèrent grandement par leur hippophilie qui est un caractère totalement ignoré des hommes du nord (nord-mann) y compris des " normands " qui, contrairement à tous les autres peuples issu des contrées nordiques, possédaient une cavalerie digne de ce nom.
Néanmoins, d'un point de vu totalement tactique, celles qu'emploient les rohirim sont très proches des tactiques en vigueur sur le continent européen entre les IXème et XIIème siècle (à la louche) et la description de leurs charges n'est pas sans rappeler l'épique épopée de la chanson de Roland.
Par soucis d'exostivité, je rappellerai que le terme chevalier correspond bien dans le langage courant à celui chargé de décrire une cavalerie lourdement armée, mais il correspond également à une classe sociale et plus généralement aux nobles. Termes qui peut être pris au premier sens du terme dans la plupart des récits médiévaux (voir les lais de Marie de France ou ceux traitant de la légende d'Arthur et de sa table ronde…). Il faut seulement attendre le milieu des années 60, pour que les historiens lui préfèrent le terme de " milites " pour faire la distinction entre l'époque féodale (post 11ème siècle) et la période qui la précède. Encore que cela reste toujours l'apanage des seuls historiens. Le commun des mortels parlant toujours des chevaliers de Charlemagne et non des milites de Charlemagne, même si ces derniers ne portaient qu'un haubert et pas d'armure de plaque et que leurs chevaux n'étaient pas caparaçonnés.
De plus, je rappellerai à toute fins utiles ,que les armes courbes ne sont d'une utilité qu'aux cavaliers (les premiers samouraï combattaient exclusivement à cheval et plus sûrement armé d'arc que de sabre). Dire que les meilleurs lames historiques sont courbes est soumis à un raccourcit intellectuel un peu douteux ; sans parler du fait que je le mettrais facilement sous l'influence d'une " propagande " hollywoodienne (CF Highlander, le film…) qui par nature préfère développer le côté spectacle et les idées simples (qui à dit simplistes ?) que la véracité historique : J'entends par là que de tels propos doivent rester en travers de la gorge (au sens figuré du terme, cela va de soit) des collectionneurs d'armes et des escrimeurs de tous bords. A moins d'une chorégraphie bien huilée et patiemment répété, il n'est guère possible à un individu armée de katana de tenir plus d'une minute face à un bretteur armée à la florentine ou à la française d'une rapière (à qualité égal des participants, bien entendu). Non seulement l'un bougera plus vite et fera 20 mouvements quand l'autre n'aura que le temps de lever sa lame, mais en plus, une bonne lame de Tolède n'aura pas de mal à résister à un sabre quel qu'il soit. Il n'est pas question de dénigrer la qualité des armes japonaises, dont le tranchant est excellant et la qualité de fabrication exceptionnelle compte tenu des techniques de forge du japon médiéval, mais il est bon de rappeler que de telles armes courbes sont lourdes et ne permettent, de par leur forme, que des tactiques simples et brutales, en tous cas, beaucoup moins fines qu'une épèe. Mais là on sombre dans des détails techniques et totalement abscons pour des fans d'œuvre littéraire.
Quand à la poudre noire, ma mémoire ne m'aide guère, mais je me souvient qu'à ma première lecture, je n'avais pu m'empêcher de penser au " feu grégeois " lorsque j'avais lu la description de ces tranchées qui se remplissaient de feu autour de Minas Tirith, mais celle du naphte de Michel Strogov m'était rapidement venu à l'esprit également. Comme quoi, rien ne sert de décortiquer quelque chose lorsqu'un auteur à bien pris soin de brouiller les pistes en créant un univers original à partir de sensations et d'image pourtant bien réelles selon moi. A charge de découvrir ces images sans pour autant prétendre démêler l'écheveau de bidouillage cérébrale propre à l'auteur qui à conduit à les modifier pour nous les livrer sous un autre aspect.

A plus

Stéphane (qui ne s'est pas exprimé depuis longtemps sur ce forum)


PS : Message perso pour Elengal : Je pense que l'univers de la Terre du Milieu ressemble beaucoup plus à une certaine idée plus ou moins idyllique d'une époque proto-historique de l'Europe du nord (VII au XIème siècle) qu'à une quelconque interprétation onirique d'un univers totalement imaginaire. Je ne crois pas que se fut le but de Tolkien de faire autre chose (CF ses nombreuses lettres publiées par Carpenter). La Terre du milieu n'est pas aussi éloigné de notre monde qu'on pourrait le croire (bien au contraire selon moi).

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