Vinyamar : Silmo, tout d'abord il est clair (mais si ça ne l'est pas, j'y reviendrais, comme prévu) que je n'imagine pas que cet anneau aie eu, dans l'esprit de Tolkien, une fonction épiscopale. Ce n'est au mieux qu'une référence sur laquelle il a pu s'inspirer, pas une mention explicite d'un ordre.
=> D'habitude, je ne me risque jamais à participer à un débat où se mêlent Théologie et Tolkien (même si je vous lis régulièrement), n'ayant pas le niveau requis.
Ceci dit, (comment ça j'assure mes arrières?), en partant dans la métaphore religieuse je me demande s'il est possible de faire un "découpage" hiérarchique sur le modèle de l'Eglise Romaine :
1. Le Pape, porte-parole sur Ardä d'Eru, ce rôle, n'est il pas plutôt à confier à Manwë?
2. Le Conclave de Cardinaux, le Conseil des Valar (Manwë n'étant pas mortel...pas d'élection bien sûr!).
3. Les Evêques, nous arrivons à la question qui nous intéresse ici, peut on considérer les Maiar (et à fortiori : les Istari) comme les Evêques, peut-on faire un lien quelconque entre leur fonction sur Ardä et leur lien "divin" avec Eru.
L’Apôtre Paul énumère les conditions nécessaires pour l'accession d'un homme à la charge épiscopale:
"Elle est sûre cette parole; celui qui aspire à la charge d'épiscope désire une noble fonction. Aussi faut-il que l'épiscope soit irréprochable, mari d'une seule femme, qu'il soit sobre, pondéré, courtois, hospitalier, apte à l'enseignement, ni buveur ni batailleur, mais bienveillant, ennemi des chicanes, détaché de l'argent, sachant bien gouverner sa propre maison et tenir ses enfants dans la soumission d'une manière parfaitement digne. Car celui qui ne sait pas gouverner sa propre maison, comment pourrait-il prendre soin de l'Eglise de Dieu ? Que ce ne soit pas un converti de fraîche date, de peur que, l'orgueil lui tournant la tête, il ne vienne à encourir la même condamnation que le diable. Il faut en outre que ceux du dehors rendent de lui un bon témoignage, de peur qu'il ne tombe dans l'opprobre et les filets du diable." (Timothée 3,1-7)
=> Si l'hypothèse retenue est celle de la fonction épiscopale pour les Istari (faisant de Saruman, le chef du Conclave/Conseil en Ardä), il est plus facile de comprendre que le pouvoir/charge lui venant d'Eru lui soit retiré, indirectement, par ce dernier (par le biais d'Olorin bien sûr).
Mais, cette hypothèse ne résiste pas à une analyse très succincte...même de ma part : ;o)
I.) L'un des problèmes dans cette vision en est le mode de désignation à cette fonction Episcopale :
La règle de l'élection que mentionne la Profession de Foi de Gazinet:
"Celui qui doit commander à tous doit être élu par tous".
=> Si ici, le "tous" représente ceux qui doivent être commandé, il est clair que l'élection à cette fonction ne peut être du fait des Valar et/ou d'Eru lui-même.
II.) L'autre problème visible, même étudié de façon superficielle, est la mission première de cet "Evêque" :
La mission royale et première de l'évêque est l'annonce de l'Evangile: "Allez dans le monde entier et prêchez l'Evangile à toute la Création" (Marc 16,15); c'est là le fondement de la mission épiscopale, l'épiscope l'achève ensuite par le baptême, l'eucharistie, le gouvernement. Par son ordination l'évêque reçoit donc mandat et charge de l'Eglise pour:
1) enseigner (annonce de la parole de Dieu, doctrine).
2) sanctifier, c'est à dire rendre saint le peuple qui lui a été confié (par la prière, la vie sacramentelle et liturgique, principalement l'eucharistie).
3) gouverner (charge pastorale) au nom du Christ.
=> On remarque aisément la contradiction entre cette "mission" est le rôle des Istari (sauf dans l'enseignement qui est "suggéré" plus que "professé" ou "annoncé").
Du rôle des Istari (pour mémoire) : "ils étaient mandés pour contrer le pouvoir de Sauron et pour unir tous ceux qui avaient la volonté de lui résister; mais il leur étaient interdit de l'affronter directement, puissance contre puissance, ou a chercher de gouverner les Elfes ou les Hommes par la puissance ou la peur" (Contes et Légendes Inachevées).
Conclusion Partielle : Je crois qu'il est assez clair que le parallèle entre Istari et Evêque ne peut s'appliquer, même dans le cas de figure de "Saruman le Multicolore" qui rêve de (agit pour) prendre les choses en main en Ardä :)
III.) Anges et Istari :
Je crois que je ne fais que rappeler des évidences, mais il est
clair dans mon esprit que les Istari représentent les Puissances Angéliques de l'Ancien et Nouveau Testament.
Ce fait étant amplement admis parmi nous, je ne vais pas vous le (re)démontrer, mais c'est avec plaisir que je vous livre le résultat de mes recherches de ces derniers temps dont le but était simplement de me convaincre de la véracité de ce lien ;o)
1.) Est-ce que tous ne sont pas des esprits chargés d'un ministère, envoyés en service pour ceux qui doivent hériter du salut ?
Hébreux 1, 14
2.) En Lui ont été créées toutes choses dans les cieux et sur la terre, les visibles et les invisibles, Trônes, Seigneuries, Principautés, Puissances, tout a été créé par Lui et pour Lui.
Colossiens 1, 16
3.) ANGE n.m. (gr. aggelos, messager).
Etre spirituel, intermédiaire entre Dieu et l'homme. - Ange gardien, attaché à la personne de chaque chrétien pour le protéger, dans le catholicisme.
Le Petit Larousse :):)
4.) Le terme hébreux malâkim aussi bien que le grec aggeloï, dont nous avons fait «anges» à travers le latin angeli, signifie «messagers», «envoyés». Les anges sont d'abord en effet les messagers divins, les envoyés de Dieu, qui transmettent ses volontés ou les exécutent. Leurs missions d'assistance auprès des hommes sont maintes fois affirmées. Jamais sans doute de manière aussi touchante que dans la parole du Christ à propos des faibles et des humbles que symbolise l'enfance : "Gardez-vous de mépriser ces petits : [...] leurs anges dans les cieux voient sans cesse la face de mon Père" (3). Ils constituent enfin "l'armée des cieux" toujours aux ordres du Tout-Puissant (4), une part importante de la cour céleste : "myriades de myriades qui se tiennent devant lui" (5). Créatures spirituelles (6), ils prennent parfois forme humaine tels précisément les visiteurs de Lot dans le passage de la Genèse précédemment cité qui les appelle tantôt «anges» tantôt «hommes» ; tel encore le guide en qui le jeune Tobie "ne reconnut pas un ange".
André-Marie Gérard, Dictionnaire de la Bible, Robert Laffont,
Paris, 1989, collection Bouquins.
(3) : Matthieu 18.10
(4) : Rois 22.19
(5) : Daniel 7.10 ; cf. Apocalypse 5.11
(6) : ex. : 1 Rois 22.21 ; Daniel 3.86
Conclusion Personnelle : Les Istari n'ont pas de fonction épiscopale (et encore moins papale...même en blanc Michèle ;), mais bien une fonction angélique...et je n'ai vraiment aucune idée de ce que peut-être cette bague de Saruman :):):)
Et bien voilà, j'en ai finis (même si ce n'est jamais vraiment le cas et heureusement! :) avec ce sujet qui me tient à coeur, l'agnostique que je suis (ça dépend des jours!) fait sa crise de mysticisme ;o)
Julien - Elwë Ier
Empereur de droit divin (tient je n'ai pas parlé des Rois Prêtres de Numenor...), mort de fatigue intellectuelle (si si! ça peut m'arriver aussi ;o), espérant la clémence du jury :o)

