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Du destin de Gimli
#36
Beaucoup de thèmes abordés dans cette discussion, alors quelques réponses en vrac après une (longue) lecture :

- De la vieillesse : comme le mentionnait Szpako, le don qu'Eru fait aux Humains est la mort. A mon sens, la mort s'oppose au destin : par leur statut de mortels, les hommes ne sont pas liés à Arda et peuvent donc agir à leur guise en poursuivant l'oeuvre de création sans obéir à un schéma directeur.
Les Valar ne connaissent pas le sort réservé aux hommes après leur mort, et ils ne connaissent de leurs actions futures que ce qu'Eru a laissé entrevoir. Comment Eru peut-il savoir ce qui va se passer alors qu'en théorie les hommes sont libres relèvent d'un débat théologique dans lequel je ne m'aventurerai pas.

Ce qui est certain c'est que très vite les hommes ont considéré la mort comme quelque chose de mauvais pour deux raisons majeures. D'abord l'influence de Melkor qui a associé la mort aux ténébres et a donc éveillé la peur de l'inconnu et du mystérieux. Ensuite la jalousie vis-à-vis des Eldar immortels. La peur suscite l'envie de ce que nous n'avons pas, l'envie de ce que nous n'avons pas entraînant à son tour le refus de ce que nous avons.
Il a été question plus haut des Numénoréens. Akallabêth contient une phrase qui me paraît très intéressante : Ils voulaient échapper à la mort à leur manière et ne pas se contenter d'espoir. Atanamir vécut jusqu'à un âge avancé, s'accrochant à la vie après que toutes les joies en furent parties. Il fut le premier des Numénoréens à faire ainsi : il refusa de partir alors que son esprit et sa virilité étaient morts.
La vieillesse (au sens péjoratif du terme) était née. Nous pouvons extrapoler et imaginer une évolution semblable pour le reste de l'humanité. La vieillesse est une perversion de la mort dans le sens où elle est un refus du don fait par Iluvatar.

- Du destin de Tuor : dans le même passage d'Akallabêth, le roi de Numenor mentionne justement Tuor pour montrer que les hommes peuvent acquérir l'immortalité. Le messager des Valar lui répond que Tuor a un destin bien particulier qui le place en dehors de l'humanité. Les Valar n'y sont pour rien pour la simple raison qu'ils n'ont pas le pouvoir de changer quelque chose qu'ils ne connaissent pas. Seul Eru peut intervenir à ce niveau là. Pourquoi ne donne-t-il pas dès lors l'immortalité à tout le monde et qu'on en finisse?
C'est justement là le problème : donner l'immortalité aux hommes revient à achever la création. "Achever" à la fois dans le sens de "terminer" que dans celui de "faire mourir". Donner l'immortalité, c'est fixer un destin, donc une fin. Eliminer la mort, c'est empêcher le renouvellement.

Le Silmarillion montre combien l'histoire des Elfes suit un long déclin après avoir connu une aube éclatante : passé l'effervescence de la jeunesse, les Elfes ont créé de moins en moins de choses. Ils ont accumulé leur sagesse en même temps que le souvenir des choses perdues. Ils ont reproduit les choses anciennes. Mais la reproduction entraîne l'essoufflement, et les Elfes s'éeffacent petit à petit. Les hommes, qui se renouvellent, sont toujours présents quoique différents. Mais je m'égare :o)

Hum, ça fait un long message. J'avais encore un tiret à mettre mais je crois que je vais arrêter là, ça vaut mieux :o)

Telglin

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