28-04-2005, 21:33
Une thèse très très bien que j'ai redécouverte : Imaginaire médiéval et mythologique dans l'oeuvre de Tolkien.
J'en cite un morceau :
De même, dans ce fuseau sur la fin'amor,tu trouveras des compléments.
Juste pour apporter de l'eau au moulin :)
J'en cite un morceau :
L'utilisation de l'expression “ courtly love ”, est un choix de Tolkien pour répondre à une lettre de manière claire, mais il avait parfaitement conscience que l'idée de courtoisie pouvait être valorisante, même en Terre du Milieu, mais dans une autre perception du terme. Car c'est bien d'amour courtois qu'il est question dans la verve soudaine de Gimli, seul nain à qui il fut accordé de pénétrer en Lorien, quand il fait preuve de suffisamment de virtuosité verbale pour nommer et obtenir une mèche de cheveux de la Reine Galadriel (devant le Roi) et laquelle lui répond : “ It is said that the skill of dwarves is in their hands rather than in their tongues[...] but that is not true of Gimli. For none ever have made to me a request so bold and yet so courteous”. Ainsi, Tolkien ne fait donc pas un rejet total du concept de “ courtly love ”. Il ne condamne pas le fait d'aimer la Dame d'un roi, comme le montre l'attitude de Gimli, mais il considère que si l'amour est en conflit avec l'éthique (en l'occurrence chrétienne, car la Terre du Milieu, est fondée sur des valeurs chrétiennes, bien qu' “ historiquement ” préchrétienne) il ne doit pas demander un retour. En ce sens “ sportsmanship or playing the game ” définit bien l'attitude de Gimli. Le peuple des Nains, en Terre du Milieu, est réputé pour son caractère extrêmement bourru et reclus, ainsi que pour une pudeur sentimentale telle qu'ils ne permettent pas de dévoiler leurs véritables noms, cachent leurs femmes et sont généralement opposés à l'idée de faire connaître leur langue. Aussi, quand en quittant la Lorien, “ Gimli wept openly ”, c'est du point de vue littéraire, une brillante manière de suggérer en trois mots une intensité de douleur amoureuse qui aurait demandé - vainement - une canso de la part de n'importe quel humain dans la littérature médiévale occitane. Il existe cependant quelques nuances au caractère platonique ou pétrarquien de la relation Galadriel/Gimli. Tout d'abord il y a la mèche. Malgré la condamnation morale de Tolkien, il est difficile de ne pas faire de lien même inconscient avec la scène du Chevalier à la charrette ou Lancelot retrouve une mèche de la reine Guenièvre et la presse contre son coeur pour entrer aussitôt dans un état "pensif" c'est-à-dire de mélancolie. Quant à Gimli, il s'écrit “ 'Henceforward I will call nothing fair unless it be her gift' He puts his hand to his breast.” Et la mèche de cheveux est un symbole d'allégeance plus charnelle que spirituelle. Sans extrapoler, le fait que Gimli soit accepté à partir pour Valinor ne peut être réduit à son amitié pour Legolas: il est le “ servant ” de Galadriel [79] et c'est bien à cause de la distance physique – et non spirituelle - qui le sépare d'elle qu'il accepte de quitter la Terre du Milieu (les nains n'ayant aucune attache avec l'ouest des Valar, ni aspiration à y aller).
De même, dans ce fuseau sur la fin'amor,tu trouveras des compléments.
Juste pour apporter de l'eau au moulin :)

