30-03-2001, 11:53
j’aime bien cette question ;-)
il peut être intéressant distinguer l’« amour courtois » au sens strict, tel que vous le définissez, et la conception un peu vague qu’en ont les lecteurs depuis le XIXe siècle, et qui met l’accent sur le côté absolu de l’amour, la soumission de l’amant à sa dame, etc., plus que sur les caractéristiques sociales et politiques.
Dans le SdA, il faut faire la différence entre plusieurs couples : Aragorn, indigne d’épouser Arwen (comme Beren) se trouve partiellement dans la position de l’amant courtois, de même que Gimli, qui chérit les cheveux (pour l’allitération ;-) de Galadriel comme Lancelot ceux de Guenièvre dans _le Chevalier de la charrette_ ; en revanche, la relation Faramir/ Eowyn ne relevait pas, selon l’auteur, de l’amour courtois (cf. _Letters_, p. 324: [emphase]« this tale does not deal with ‘Courtly Love’ »[/emphase]). Le cas de Gimli est d’autant plus intéressant que la personne du nain est, dans la littérature médiévale, un des personnages les plus anti-courtois (cf. le nain dans le récit de Chrétien déjà nommé, dans Tristan, etc.)… or, dans le SdA, il se plaint de son sentiment pour Galadriel (« le principal danger » est celui de l’amour), il veut se battre avec Eomer qui dénigre sa dame, etc.
Mais l’amour courtois, et sa version littéraire, impliquait beaucoup de contraintes de part et d’autre, ainsi qu’une dimension politique importante … ce que l’on ne retrouve pas ici.
ok ?
Vincent
il peut être intéressant distinguer l’« amour courtois » au sens strict, tel que vous le définissez, et la conception un peu vague qu’en ont les lecteurs depuis le XIXe siècle, et qui met l’accent sur le côté absolu de l’amour, la soumission de l’amant à sa dame, etc., plus que sur les caractéristiques sociales et politiques.
Dans le SdA, il faut faire la différence entre plusieurs couples : Aragorn, indigne d’épouser Arwen (comme Beren) se trouve partiellement dans la position de l’amant courtois, de même que Gimli, qui chérit les cheveux (pour l’allitération ;-) de Galadriel comme Lancelot ceux de Guenièvre dans _le Chevalier de la charrette_ ; en revanche, la relation Faramir/ Eowyn ne relevait pas, selon l’auteur, de l’amour courtois (cf. _Letters_, p. 324: [emphase]« this tale does not deal with ‘Courtly Love’ »[/emphase]). Le cas de Gimli est d’autant plus intéressant que la personne du nain est, dans la littérature médiévale, un des personnages les plus anti-courtois (cf. le nain dans le récit de Chrétien déjà nommé, dans Tristan, etc.)… or, dans le SdA, il se plaint de son sentiment pour Galadriel (« le principal danger » est celui de l’amour), il veut se battre avec Eomer qui dénigre sa dame, etc.
Mais l’amour courtois, et sa version littéraire, impliquait beaucoup de contraintes de part et d’autre, ainsi qu’une dimension politique importante … ce que l’on ne retrouve pas ici.
ok ?
Vincent

