05-04-2001, 10:02
Cédric Wrote:L’entrelacement (ou tout du moins ce qui y ressemble), on le trouve beaucoup dans le cinéma pour entretenir le suspens mais les romans sont plus souvent « linéaires ». Ou est-ce que je me trompe et Tolkien a-t-il marqué remis cette « technique » au goût du jour ?
excellente question, Cédric ! mais la réponse peut difficilement être simple. Mon directeur de thèse travaille depuis plusieurs années sur le « montage », qui est un petit fils de l’entrelacement médiéval, dont il se distingue sur plusieurs points : son utilisation au XXe siècle est un peu marginale, et se limite souvent à des textes « modern(ist)es » (encore un mot piégé).
Marineva Wrote:contrairement à ce qui se passait dans les romans courtois, le personnage amoureux (Aragorn, par exemple) n'était jamais dévié de son chemin par l'amour: l'amour n'occulte jamais le devoir.
Oops… dans nombre de récits médiévaux, l’amour courtois ne fait pas « dévier » du devoir, au contraire ; il est souvent le moteur de toute action. Est-ce que ce n’est pas le modèle de Tristan et Yseut qui nous fait croire le contraire ?
(bon, je viens de lire le dernier message de Greyelm… on est d’accord, quoi ;-)
Quote:De plus, les personnages ne sont pas consumés par cet amour, c'est un amour qui renforce, qui ne détruit pas comme celui de Lancelot pour Guenièvre...
… dans la réécriture du XIIIe ; mais dans le texte de Chrétien de Troyes, même si Lancelot se retrouve dans des états bizarres à cause de son amour, on ne peut pas dire que cela le « consume », le détruise.
ok ? ;-)
Vincent

