Cédric Wrote:Je me demandais si d’autres auteurs contemporains avaient usé de ce style médiéval avant lui ?
Je pense à 'La Pierre Angulaire' de Zoé Oldenbourg publié en 1953.Ce n'est pas de la Fantasy,plutôt roman historique. Il y a un moment que je l'ai lu, mais il me semble qu'elle utilise aussi un style un peu archaïque et la technique de l'entrelacement et il y a une bonne analyse des mentalités du 12ième siècle. Quelqu'un l'a lu?
Quote:Pour tenter d’identifier un peu mieux les différentes « histoires d’amour » (amour réciproque ou non), outre celles de Beren & Luuthien, Aragorn & Arwen, Faramir & Eowyn, Gimli & Galadriel, quelles sont les autres ?
Relations Amoureuses en Terre du Milieu :
[citation][normal][small]A.Celles qui se terminent plutôt bien[/small][/normal]
[normal]1.Beren/Luthien
2.Tuor/Idril
3.Earendil/Elwing
4.Aragorn/Arwen
5.Celeborn/Galadriel/Gimli (parodie du trio courtois?)
6.Faramir/Eowyn
[small]Je trouve aussi leur histoire très touchante car ce sont 2 êtres éprouvés psychologiquement par la vie et physiquement par la mort qui vont se retrouver et apprendre à se connaître. Et Eowyn assumera sa féminité sans complexe.[/small]
7.Sam/Rosie (avec une sacrée marmaille;-))[/normal]
[normal][small]B. Celles qui se terminent plutôt mal[/small][/normal]
[normal]1.Thingol/Melian (Thingol assassiné)
2.Dior/Nimloth (assassinés)
3.Hurin/Morwen (malédiction)
4.Turin/Nellas/Finduilas/Nienor (malédiction)
5.Aldarion/Erendis (incompatibilité d'humeur)
6.Ancalimë/Hallocar (idem mais ça dégénère en guerre entre sexes)
7.Imrazor/Mithrellas (idem sans guerre, lassitude?)
8.Eöl/Aredhel (idem, rapport de forces?)
9.Amroth/Nimrodel (triste, Amroth manque à son devoir de roi?)[/normal][/citation]
J'en oublie?
A part le cas très particulier de Turin (il cumule;-)) il n'y a pas de passion aveugle et coupable. Il y a des cas quand même assez intéressants.
Je suis plutôt d'accord avec Vincent et Finduril à propos de l'amour courtois. Et d'après les relations amoureuses que j'ai pu relever Tolkien semble valoriser l'amour conjugal essentiellement.
La fin'amor du Grand Chant Courtois qui est constituée presque entièrement de topoi (c'est un jeu littéraire) et dont on retrouve un certain nombre dans l'histoire de Beren et Luthien (cf. l'analyse de Greyelm qui en cite plusieurs) donne une image quelque peu capricieuse de la femme (pas Greyelm;-)), la relation amoureuse relève d'une douce hypocrisie et le poète/amant/esclave se condamne à la démence...seule solution..aller pourfendre les sarrasins...
Je ne suis pas une spécialiste, mais si j'ai bien compris mes lectures de Payen, cher Finduril, la fin'amor va se laisser contaminer par l'idéologie chevaleresque du cycle breton: la réciprocité de l'amour pourra se gagner par la prouesse qui vise à renforcer une ethique de caste: celle de la féodalité.
Je cite Payen in 'Littérature Française' :
[citation=le moyen âge, coll.poche, p.132]« Au commencement était le 'Tristan'...Toute l'oeuvre de Chrétien...se situe par rapport à cette légende: Chrétien ne croit pas à l'amour fatal, et cherche à réconcilier fin'amor et chevalerie. Fénice, dans 'Cligès', refuse le partage d'Yseut, qui donne son corps à son mari et son coeur à son amant. Déjà 'Erec' démontrait que mariage et passion n'étaient pas contradictoires, et que la plénitude du couple s'atteignait à travers la prouesse. 'Le Chevalier de la Charette' surenchérit: idolâtre de Guenièvre, Lancelot n'est pas détourné par sa dévotion amoureuse de sa tâche de libérateur; au contraire, il puise dans sa ferveur la force qui lui permet de délivrer les sujets d'Arthur captifs du royaume de Gorre...Chrétien ne finit pas son 'Chevalier de la Charette', peut être parce qu'il répugne à l'apologie inconditionnelle des valeurs courtoises qu'attend de lui Marie de Champagne... » En effet c'est Marie qui lui a imposé le sujet de Lancelot, elle tenait une cour brillante, principal relais de l'idéologie courtoise.[/citation]
Apparemment Tolkien et Chrétien pensait un peu la même chose à propos de l'amour courtois. Et comme le disent Greyelm et Vincent l'amour est le devoir...devoir chez Tolkien de maintenir la vie et la liberté en Terre du Milieu...
Greyelm: le Silm et le SdA sont des œuvres romanesques, en tant que telles libres de toutes contraintes à la différence du Grand Chant Courtois. A ce titre ce sont bien des œuvres "hybrides", ouvertes à tous les possibles; Tolkien a adapté, entre autres traditions littéraires, qq topoi de la fin'amor mais n'adhère en aucune façon à la conception amoureuse de nos troubadours.
C'est l'esthétique de ce genre, délicat et raffiné, qui l'a séduit , je crois, et non l'éthique.
Cathy
PS Sans rancune, mais fallait bien faire de la pub pour ton article ;-)

