Mes exemples ne voulaient pas donner à penser que les Elfes étaient une image d'Adam et Eve (pas restrictivement), mais plus généralement que le SdA était tout habité non seulement d'une culture, mais d'un souffle chrétien, bien vivant. Gandalf étayait ainsi mon exemple, ce qui explique son intrusion dans mon argumentation et ta légitime confusion (ou plutôt ma confusion dans le texte pour mes lecteurs)
Tout comme toi, je suis d'accord pour dire que les Elfes ne forment pas un peuple incorruptible ni élu (il me semble que nous étions d'accord sur le fait qu'il ne s'agit pas d'un peuple supérieur). Seulement il est différent (bravo, ça c'est une nouveauté!) donc on peut les prendre pour des élus, tout comme on pourrait dire que les hommes sont des élus (à cause de leur singulier destin... Et je préfère ce point de vue, étant moi-même humain (enfin une maison à en croire mon pseudo).
Mais je pense quand même que Tolkien a pu former ses Elfes selon cette représentation chrétienne des premiers hommes, nos parents (premiers nés donc) qui avaient ces mêmes dons d'immortalité et d'incorruptibilité. Les Elfes sont corruptibles, mais n'empêche, moins que les hommes, ais-je envie de dire (un peuple absolument saint et incorruptible ne donne pas des héros de roman très passionnants, d'ailleurs...)
Concernant les cérémonies religieuses dont tu parles, je crois que cela permet de rendre l'action de Melkor d'autant plus odieuse. Et puis, je préfère apprendre qu'il y avait un culte finalement :-)
Au sujet de Numenor, il n'y avait pas de temple à Eru, sinon un temple naturel, mais cela ne change rien, je te l'accorde),
D'ailleurs, la persécution des "fidèles" en Numenor n'est-elle pas une image de la persécution (par le mépris) subie pas les chrétiens en Angleterre ? (un peu comme aujourd'hui en France, mais là je m'égare)
Enfin, cela m'étonnerait, de la part d'un homme aussi cultivé et fin que Tolkien - et croyant - qu'il ait voulu en rester à des contes merveilleux dans son roman sans chercher, bien au-delà d'un quelconque message (s'il y a message on sait ce qu'il en est: conservatisme), exposer des sujets plus profonds, l'air de rien.
En tous cas, c'est un aspect que je voudrais mettre un poil plus en avant dans mon roman.
Laurendis: oui, c'est bien moi, mais comment diable as-tu su ? Encore un mystère...

