Il y a un passage dans l'Athrabeth qui me semble exprimer cette idée, lorsque Finrod reprend Andreth en lui expliquant que certains voient le monde comme une lutte omniprésente entre le bien et le mal, entre la lumière et les ténèbres : mais cela, c'est une vision partielle, incarnée par Manwë et Melkor. Eru est au dessus de cette façon "tranchée" de percevoir les choses.
Sur l'idée (b) que d'un mal peut ressortir un plus grand bien (ou qu'inversement, que l'absence d'un certain mal pourrait interdire à un plus grand bien de se réaliser), j'ai déjà donné plus haut les passages de l'Ainulindalë qui vont dans ce sens. Dans l'Athrabeth, Finrod fait aussi remarquer que les Elfes et les Hommes (ou du moins, lui et Andreth, dans ce cas particulier) "devaient" peut être se rencontrer ainsi dans une période sinistre pour avoir cette discussion sur leur dessein. Ou alors plutôt, me semble-t-il, s'ils ne s'étaient pas rencontrés ainsi, par la force des événements, ils n'auraient pas pu échanger ces idées entre eux, et ainsi mieux se connaître.
Sur l'idée (a) qu'Eru ne peut pas reprendre à ses créatures le libre-arbitre (sans défaire ou pervetir sa création), on notera qu'un principe similaire s'applique à Manwë dans le texte sur l'ósanwe-kenta (in VT n°39), lorsque Tolkien explique pourquoi Manwë ne peut revenir sur sa promesse de libérer Melkor, même s'il est apparent qu'il ne s'est pas amendé pendant sa captivité.
Je ne sais pas si j'exprime ces choses très clairement, mais j'ai l'impression que c'est dans ce sens qu'il faut creuser.
Didier.

