Ron Pirson, dans " The Elder Days. The Biblical Primeval History and The Silmarillion " (pp. 56-72), s’intéresse au rapport du Silmarillion à la Genèse. Il établit d’abord le status quæstionis en dégageant deux points (la notion de chute et les rapprochements textuels) étudiés par les trois commentateurs pris en considération (Shippey, Purtill, Helms). S’intéressant à la question de la présence ou non de la chute dans le Silmarillion, Pirson pense que la chute de l’Homme n’y est pas présente. La conception de la mortalité l’explique : dans la Bible, la mortalité est une conséquence de la chute au contraire du don d’Ilúvatar qui n’est pas une punition. Mais la chute est-elle même présente dans la Genèse ? Littéralement non. Écartant l’Athrabeth, Pirson pense pouvoir dire qu’aucune chute non plus n’est présente dans le Silmarillion. Celui qui est censé avoir engagé la chute est Melkor, or cet Ainu émane de Dieu qui a suprématie sur tout : le mal autant que le bien prend donc sa source en Dieu. De plus, l’exemple de Gollum à la conclusion du Seigneur des Anneaux confirme bien que le mal achève le bien. Mais peut-on suivre cette remarque et dire qu’il n’y a donc pas de chute ? La Théodicée de Leibniz qui présente les mêmes arguments ne fait pas pour autant l’économie du concept de chute. Finalement une nouvelle étude comparative des structure et composition des débuts respectifs de la Genèse (1-11) et du Silmarillion est présentée en trois points : a) le récit de la création, b) Noé et le déluge (Gn 6-9 rapproché du voyage d’Eärendil), et c) la tour de Babel (Gn 11, 1-9 rapproché de la chute de Númenor au nom de l’orgueil de l’homme qui veut se faire divin). La comparaison du récit de la création et du Silmarillion (cf. Gn 1, 1 - 2, 26 et l’Ainulindalë, le Valaquenta et le chapitre I du Silmarillion) est la plus fine : i/ Tolkien aurait tiré partie de l’ambiguïté de l’hébreu oyhla, elohîm, qui peut être singulier ou pluriel, lorsqu’il met en place Eru et les Ainur ; ii/ le " fiat " biblique est repris par " Eä ! " ; iii/ la guerre des Ainur contre Melkor est peut-être la traduction de weruach elohîm (Gn 1, 2), traduit habituellement par l’esprit ou le souffle de Dieu, mais aussi traduisible par " l’orage des dieux " ; iv/ enfin, dans la Bible comme dans le Silmarillion, il y a deux récits de la création : métaphysique d’abord (Ainulindalë), puis géocentré (chapitre I). L’article se conclut (pp. 71-72) par une vue d’ensemble des plans de la Genèse et du Silmarillion.
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L'Ainulindalë fait la nique a la genèse de la bible
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06-07-2001, 16:51
Voilà de quoi apporter de l'eau au moulin du rapport entre l'Ainulindalë et la Genèse. Ron Pirson, néerlandais de la Tolkien Society Unquendor, docteur en théologie avec une thèse sur la Genèse (justement !), a écrit un bon article dans la IIIth Lustrum Conference. En voici mon compte-rendu (le reste du CR est lisible dans les pages de la Compagnie...).
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