Héhé, Didier! Je reconnais cette question lancinante! ;-)
Bon bah : je me lance.
"en quoi serait-il bénéfique qu'il (Tolkien) soit lu par un plus grand nombre"? Dans l'absolu : en rien.
Qu'une oeuvre littéraire soit lue par un ou six milliards de personnes, à l'échelle de la vie, ça n'a d'importance que pour l'auteur, l'éditeur et les ayant-droit (argh! pluriel des noms composés! s'il y a une faute, c'est pas de la mienne ;-P).
Par contre, si Mr X apprécie énormément l'oeuvre Y, il appréciera aussi de partager sa passion avec un maximum de ses proches, relations et connaissances, il les incitera à la lire, ne fut-ce que pour prolonger le plaisir de la lecture par celui de la discussion. Il pourra tout aussi bien être ravi de découvrir par hasard quelqu'un qu'il ne connaissait pas jusque là et qui, comme ça se trouve, partage justement son amour pour cette oeuvre. Ceci dans un premier temps.
Arrive le deuxième temps. Jusqu'ici, Mr X, fervent admirateur de l'oeuvre Y, et ceux qui partagent sa passion avaient l'impression de faire partie d'un petit cercle privilégié de connaisseurs, isolat de poésie et de science au milieu d'un océan d'inculture. (Non, non! Vous fâchez pas! C'est exprès que j'exagère. Je vous aime bien, tous ou presque! Et moi aussi je suis comme ça, faut bien avouer).
Et voilà-t-y pas qu'un affreux Mr P.J. sorti d'on ne sait où, se permet de mettre la main sur l'objet de leur délectation, de le malaxer, de le peloter, de le violer sauvagement, de le défigurer et de le livrer ainsi en pâture au grand public ignare.
Horreur! Catastrophe! Calamité! ce petit bijou de littérature si finement ciselé, apprécié par les seuls étoilés! (j'ai DIT que je forçais le trait. Ne vous sentez pas visés. D'ailleurs, je m'y inclus, dans cette caricature! :-D). Le voilà soumis aux derniers outrages et livré à la foule sans âme. Ici, Mr X n'est plus d'accord. Parce qu'elle l'a tant ému, parce qu'il lui a donné tant d'amour, tant de respect, lui a consacré tant d'heures de lecture délicieuse et de discussions passionnées, il a cru cette oeuvre devenue sienne. Il tombe de haut. Il est déçu et malheureux. Il regrette le temps où il était seul avec quelques élus, à connaître cette oeuvre.
(Bon, faut qu'jy aille, un copain vient de m'inviter à dîner et pour une hobbitte, c'est sacré! Mais j'ai dit l'essentiel, à vous la suite).
Bisou, Didier.

