La question relancée était donc: "en quoi serait-il bénéfique qu'il soit lu par un plus grand nombre ?", et c'est à cela que je m'en tiendrai.
CdC: "En effet. Mais de meme, en quoi est ce un probleme que des imbeciles proferent des insanites ? En quoi est ce bien ou mal que des journalistes pondent des articles plus ou moins pertinent ? Ca donne une mauvaise image de JRR ? Mais en quoi est ce geneant ?"
Peu m'importe l'image de JRR ici...
M'enfin, c'est évidemment un problème que des 'imbéciles profèrent des insanités' quelque soit le sujet, non? Nous en sommes tous en droit d'espérer plus de vérité. Quand je demande à un plombier de réparer ma chaudière, je m'attends à ce qu'il le fasse. Sinon c'est un mauvais plombier. De même, je m'attends à ce qu'un journaliste fasse son travail en rapportant des faits pertinents, justement, et non les imbécilités potentielles de "l'homme de la rue" (ceci dit sans élitisme -- tout comme JE suis un imbécile en matière de plomberie, n'y connaissant rien). Evidemment, tu pourrais arguer que ce n'est pas là le métier d'un journaliste... Dont acte: ce n'est alors qu'un gratte-papier, ok, pourquoi pas, le tri reste à opérer dans l'information, cela ne me gêne pas plus que cela. Encore que...
"D'un autres cotes, si on est passione par quelques choses ont aime generalement faire partager sa pasion. Par exemple, si on pense que le SdA est quelques chose d'extroardinaire d'une maniere ou d'une autre, on peut se rejouir que le plus de monde possible en profite."
Deux choses -
a) Une passion n'est pas quelque chose de raisonnable. C'est intrinsèquement élitaire par nature, parce que de l'ordre du ressenti personnel et privé, avant tout partage public. Qu'on se comprenne bien, je dis élitaire, pas élitiste (une assertion maladroite comme "Tolkien, avec le film, a gagné en popularité générale mais non en lecteurs érudits" relève évidemment plus de l'élitisme... et c'est tout autre chose dans lequel beaucoup de lecteurs, preuve en est ici, ne se reconnaitront pas). On aime, pour partie, à faire partager une passion, c'est une chose. On n'aime pas nécessairement l'imposer, parce qu'une passion qui deviendrait généralisé ne serait justement plus une passion. Dans une passion, lorsque l'exprime, il y a aussi un caratère distinctif de l'individu qui s'affirme. "Moi, j'aime ceci, et je vais vous expliquer pourquoi." Il y a tout autant de réticence d'ailleurs à exposer une passion: cela touche à quelque chose d'intime. Combien de passions restent secrètes! Combien de passions ne réserve-t-on qu'à des interlocuteurs choisis! Et du fait même de ce rapport intime et personnel, la révélation s'affirme souvent comme une justification défensive. Tu t'étonnes de l'indignation dont relèvent certains propos, CdC? Allons, c'est cela, une passion!
Alors reprenons l'argument tant entendu depuis le film, en gros "C'est bien parce que cela fait connaître Tolkien."
J'aimerais qu'on s'intéresse à ceci: sa formulation. Elle a tout du caractère justificatif de la passion. En grossissant le trait: "Regardez, j'avais raison d'aimer Tolkien." -- Mais ce disant, ceux qui affirme ça ne me semble pas avoir perçu le 'danger' que leur passion devienne commune, et qu'elle perde alors ses attraits, son caractère distinctif. La passion est une chose, sa notoriété une autre à bien peser en contrepoids.
b) Mon deuxième point découle du premier.
"Si on pense que le SdA est quelques chose d'extroardinaire d'une maniere ou d'une autre, on peut se rejouir que le plus de monde possible en profite."
On peut aussi ne pas se réjouir que le plus de monde en profite, comme il en découle de ce qui se précède. Attention encore à la formulation (je n'ai pas dit "on peut se réjour que le plus de monde n'en profite pas) -- La distinction est encore élitaire vs. élitiste: j'entends qu'on peut être neutre sur la question. Autrement dit, par exemple: "Peu m'importe que plus ou moins de gens partagent ma passion."... et en même temps, par contradiction à peine avouée "Mais pas trop de gens, si possible, à moins d'admettre qu'elle est banale (et que le temps que j'y consacre est alors mal placé)" -- C'est que la nature humaine est complexe dans ses rapports d'auto-définition!
Et pour clore, on pourrait néanmoins se réjouir, oui. Sauf que si le passionné peut penser que "le SdA est extraordinaire", il fait référence au livre. "Que le plus de monde possible en profite" fait évidemment référence au film. Toute la nuance est là finalement: le lien de causalité n'est pas celui qu'on croit.
Didier.
Qui n'a pas encore donné son avis personnel... et ne le donnera peut-être pas -- Je m'en suis bien gardé jusqu'à présent ;)

