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L'article du figaro!
Je me suis dit que ce qui suit pourrait élever le débat (trouvé sur le site du ministère français de la culture):

Rapport à Madame la Ministre de la Culture et de la Communication

REFLEXIONS ET PROPOSITIONS SUR LA DEONTOLOGIE DE L’INFORMATION.
Jean-Marie CHARON

Les préoccupations manifestées par les chartes.

Les textes des chartes constituent un excellent indicateur de ce que sont les principes généraux auxquels entend se conformer la profession et ce que sont les préoccupations qui l'animent dans sa réflexion sur sa pratique. Faute de pouvoir proposer une analyse de chacun des principaux textes disponibles, il est intéressant de retenir une sorte de problématique générale qui s'en dégage. L'accent mis sur la problématique générale présente en outre l'intérêt d'une déclinaison possible, probablement nécessaire à chaque type de média, pour recouvrir une précision et une adéquation suffisante aux questions réellement rencontrées au jour le jour par les journalistes, les rédactions et les entreprises de médias.

Les principes généraux.

Les chartes déontologiques situent toutes la pratique journalistique dans le cadre de principes généraux et supérieurs que sont la liberté de l'information (y compris avec le refus de toute forme de censure) et la justice, c'est à dire aussi bien l'esprit de justice que le respect du droit. Il est possible aussi d'en déduire, souvent en filigrane, parfois plus explicitement, le respect de la personne. Les journalistes anglo-saxons n'hésitent pas à y adjoindre la recherche de la vérité, sans doute analysée comme une valeur inaccessible dans la pratique concrète, par les journalistes français, rejoignant ici le même type de débat qu'à propos de l'objectivité. La référence au principe de vérité manifeste pourtant l'engagement à fournir un résultat fiable, objet d'attentes fortes de la part de la société.

Le respect dû au public.

Un ensemble de dispositions peut se regrouper dans une préoccupation générale de respect dû au destinataire de l'information, au public :

1. Ne pas tromper le public :

- en créant une confusion entre l'information et la publicité, la promotion ou la propagande : " Ne jamais confondre le métier de journaliste avec celui du publicitaire ou du propagandiste ; n'accepter aucune consigne, directe ou indirecte, des annonceurs " (Charte de Munich 1971)
- en truquant l'information : " Une déformation délibérée (de l'information) n'est admise en aucun cas " (Charte de l'Association des journalistes professionnels américains, dite Sigma Delta Chi, version 1996)
- en mentant : " Un journaliste digne de ce nom… tient la calomnie, les accusations sans preuves, l'altération des documents, la déformation des faits, le mensonge, pour les plus graves fautes professionnelles " (Charte des devoirs professionnels des journalistes français de 1918)
- en étant " approximatif ", en manquant de rigueur ou en ne faisant pas toutes les vérifications nécessaires. La charte Sigma Delta Chi précise : " Rien n'excuse le manque d'exactitude ou d'approfondissement ".

2. S'interdire le spectaculaire : Sur ce même point la charte nord américaine, dans sa version de 1926 affirmait : " Les titres doivent être pleinement justifiés par le contenu des articles. Les illustrations doivent donner une image juste d'un événement et non pas mettre en vedette un aspect mineur sorti du contexte ".

3. S'interdire d'inciter à la discrimination : La charte nord-américaine, le code de conduite des journalistes britanniques, ainsi que le " Presskodex " allemand abordent l'un et l'autre ce point : " Personne ne doit être discriminé en raison de son sexe, de son appartenance à un groupe ethnique, religieux, social ou national " (Pressekodex de 1973).

4. Rectifier les erreurs publiées : La charte de Munich précise : " Rectifier toute information qui se révèle inexacte "

Le respect des sources.

Assez logiquement les relations avec les sources font l'objet de dispositions nombreuses qui tiennent tant au traitement des personnes concernées, qu'aux conditions dans lesquelles vont être recueillis ou restitués leurs propos :

1. Respect du secret professionnel, garantie du secret des sources : " Garder le secret professionnel et ne pas divulguer la source des informations obtenues confidentiellement " (Charte de Munich).

2. Ne pas se faire passer pour ce que l'on n'est pas, ainsi que d'autres procédés " déloyaux " tels que le vol ou l'achat de documents : " Un journaliste digne de ce nom… s'interdit d'évoquer un titre ou une qualité imaginaire, d'user de moyens déloyaux pour obtenir une information, ou surprendre la bonne foi de quiconque " (Charte de 1918).

3. Respecter la vie privée : La charte du NUJ britannique précise même : " ne pas faire d'intrusion dans la peine ou la détresse privée ".

4. Refuser la calomnie ou l'injure : " S'interdire le plagiat, la calomnie, la diffamation et les accusations sans fondements… " (Charte de Munich).

5. Ne pas altérer les pièces ou les documents recueillis : " Les documents doivent être reproduits fidèlement "(Pressekodex) ; " Ne jamais déformer le contenu de photos ou d'images d'actualité " (Delta Sigma Chi) ; " … ne pas altérer les textes et documents " (Charte de Munich).

6. Préciser les sources, ne pas publier sans sources : " Identifier les sources dans la mesure du possible. Le public a un droit légitime de recevoir le plus d'informations possible sur la fiabilité des sources " (Delta Sigma Chi)

7. Ne pas porter d'accusations sans preuves : " Les accusations sans fondement sont contraires à un comportement journalistique correct, particulièrement lorsqu'elles sont de nature à porter atteinte à l'honneur " (Pressekodex)

8. Distinguer les faits rapportés et les commentaires ou opinions des journalistes : " Distinguer entre un plaidoyer et un reportage. Les analyses et les commentaires doivent être signalés comme tels et ne doivent pas donner une vision déformée des faits et du contexte " (Delta Sigma Chi)

Le respect des pairs et de la profession.

Toute une série de dispositions des chartes visent à établir une forme code de bonne conduite à l'intérieur de la profession, entre les journalistes. Les principales sont :

1. Reconnaître la juridiction de ses pairs : " Un journaliste digne de ce nom… ne reconnaît que la juridiction de ses pairs, souveraine en matière d'honneur professionnel " (Charte de 1918)

2. Refuser le plagiat : " Un journaliste digne de ce nom… ne commet aucun plagiat, cite les confrères dont il reproduit un texte quelconque " (Charte de 1918)

3. Ne pas tenter de prendre la place d'un autre journaliste : " Un journaliste digne de ce nom… ne sollicite pas la place d'un confrère, ni ne provoque son renvoi en offrant de travailler à des conditions inférieures " (Charte de 1918).

4. Refuser les cadeaux, voyages, privilèges, traitements extérieurs " qui lient le journaliste ou son média " selon la charte nord-américaine.

5. Certaines chartes nationales anglo-saxonnes insistent particulièrement sur une série d'incompatibilités professionnelles que sont :

- les collaborations extérieures,
- les mandats électifs,
- les conflits d'intérêt liés à la vie privée. " Refuser des cadeaux, avantages, rétributions, voyages gratuits et traitements de faveur, et, partant prendre garde à des emplois, des engagements politiques, des fonctions publiques et des services dans les organisations de la communauté dès lors qu'ils compromettraient leur intégrité journalistique "(Delta Sigma Chi)

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