En effet, nous avons vu comment les autres perçoivent ledit objet mais je n'ai rien vu ici sur la façon dont les mages se comportent avec leur bâton voire même sur leur origine "matérielle".
J'ai peut-être été confus mais je m'explique : En faveur de l'option "charge symbolique", seuls les hommes ont peur du bâton pour lui-même (Grima...). En effet, Gandalf le brandit comme un objet potentiellement chargé de puissance (quand il l'utilise comme porte-étendard pour "charger" le drapeau mis à l'hast) mais, à moins de tirer l'épée et de se comporter comme un vulgaire guerrier, n'a t'il pas besoin de faire peser sur les autres la menace surnaturelle ? Il fait tout par contre pour faire croire que le bâton a une puissance quelconque pour armer son propos, chaque fois mettant son bâton au service des causes qu'il entend défendre et apportant avec lui le symbole de sa présumée puissance de Mage pour stygmatiser aux yeux de tous l'union de desseins entre lui et telle ou telle faction. Chaque réussite (grâce aux conseils et à l'anneau de feu embrasant le courage des hommes plus que les boules de feu) apporte à sa propre légende et fait croire que ledit bâton est lui aussi récipiendaire de quelque pouvoir. Bref, il construit une légende qui le sert et lui permet, grâce à cette légende, d'influencer les Peuples Libres, ce qui accroit sa légende et ainsi de suite... Aragorn a sourit et plaisanté en sachant que le Gandalf qui lui avait demandé de poser Anduril rechignait à poser son bâton. Si le bâton avait été le seul moyen d'agir de Gandalf, il n'aurait sûrement pas rit, lui si versé dans les savoirs perdus.
A mon avis, le bâton n'a aucun pouvoir en lui-même puisque, si tel était le cas, Saroumane aurait forcé Gandalf à s'en séparer lorsqu'il était en captivité et je pense qu'un tel traumatisme aurait été relaté par Gandalf au cours de sa narration à Frodon de la mésaventure d'Orthanc.
Enfin, lors de la description de la rencontre de Cirdan avec Gandalf au sortir de l'eau, lorsque le Magicien (alors) Gris mit pied à terre en ce bas monde, il n'est nullement fait mention qu'il soit venu avec son bâton flottant à ses côtés sur l'onde salée. Le pouvoir de l'Istari était cependant bien réelle, même sans bâton, car il aurait été inconcevable qu'ils aient été envoyés sans moyen préalable de se défendre. De même, lorsque, sur la plus haute cime surplombant la Moria, il est de nouveau mandaté, un nouveau bâton lui est donné.
Pour moi, le bâton est le symbole de l'union de l'Istari avec les puissances de Valinor et, au travers d'elle, Eru lui-même, un peu comme une bague d'alliance envoyé par les Valar. Les Grands au fait de la culture ancienne comme Denethor ne voyaient probablement rien d'autre dans le bâton : un sceptre du pouvoir qu'il leur est conféré par les Valar sur le monde en leur nom (d'où les propos aigredoux entre Denethor et Gandalf sur l'intendance) ou la crosse pour rattrapper les moutons égarés. Au demeurant, objet créé à Valinor, sa destruction peut peut-être créer une déflagration lumineusevoire ponctuellement un surplus ponctuel de pouvoir pour un Maia dont les pouvoirs doivent sûrement être accrus dans un environnement "valinorisé".
Mais, et hélas je n'ai le livre sous les yeux, il me semble que, lors d'accès de colère, Gandalf jette son bâton de rage et d'impuissance face à des énigmes que le dépassent (devant les portes de la Moria). Si le bâton était une arme, il ne l'aurait pas jeté à mon avis, même si Gandalf est parfois un peu caractériel.
Après, ce n'est que mon avis...

