l'affaire se corse!
bon va falloir que je re-reflechisse à tout ça mais à mon avis (intuition), plusieurs réalités se superposent. c'est un passage pluri-sensique ou il n'est pas forcément bon de choisir une seule interprétation.
bon je reprend les remarques en sens inverse...
Beruthiel:
pas d'acc', si Tolkien ne nous dit rien des attentes de Frodo quant à l'anneau, il faut se le tenir pour dit.
jusqu'à la fin, Frodo ne convoite rien à travers l'anneau.
quand bien même Frodo aspirerait à la sage autorité de son mentor, ce n'est pas un mal en soi, ce n'est pas encore forcément un signe de sa perversion par l'anneau.
la différence avec la tentation de Galadriel c'est que celle-ci dit qu'elle deviendrait illico une salété de tyran qui amènerait le désespoir... là y a pas trace de ça chez super-Frodo.
il est juste sévère (ce qui n'est pas négatif).
je note au passage qu'il était d'une "sévère pitié" en faisant jurer Gollum.
la sévérité est plus que de mise avec une créature aussi fourbe que Gollum, et je trouve que la voix surgissant de la roue est bien gentille de l'avertir une dernière fois!
sont-ce les manières d'un être qui se "Sauronise"? pas vraiment!
les valar étaient-ils corrompues quand ils ont décidé que Morgoth n'aurait pas droit à une troisième chance?
et puis:
"alors Ilùvatar se leva de nouveau et les ainur comprirent que son humeur était sévère"
-(silmarilion, ainulindalë, Bourgois p. 16)
arrive un moment où la pitié n'est plus la réponse adéquat (ce qu'un Gandalf corrompu n'aurait peut-être pas accepté en voulant faire le bonheur de ses administrés malgré eux. Super-Frodo mieux que Gandalf?).
en tous cas, on ne peut pas dire que Frodo s'éloigne de la pensée d'Eru dans cette transfiguration, bien au contraire! il ne manifeste aucun des signes de la corruption, ni colère, ni soif de pouvoir...etc. un sans faute pour le hobbit! (jusque là).
Vinyamar:
j'avais déjà lu (en diagonale) le fuseau "affaire de volonté" et je n'ai rien à ajouter sur le message de Szpako concernant la grâce et la prise de contrôle temporaire de Frodo par la providence... sauf UN détail:
si Frodo est bel et bien sous l'emprise croissante de l'anneau, je ne dirais pas qu'il est possédé par la roue de feu, encore moins en tant que super-Frodo NON-corrompu... l'anneau et la roue sont deux réalités légèrement différentes. déjà par l'aspect (c'est bête, mais ce n'est pas à négliger) ensuite par l'action. La roue ne fait rien de bien affreux, c'est une image obsédante et terrible qui au pire fout un ultimatum à Gollum.
attention, je ne dis pas que la roue est un gentil petit artefact d'Eru. Non, elle est clairement terrifiante! mais elle est présentée de manière sensiblement différente de l'anneau. par exemple, elle ne ronge pas son porteur qui se contente de la tenir sereinement(hold).
certes on peut interpréter de mille manières les quelques rares phrases en question. Mais il ne faut pas oublier le sentiment global, en lisant tout ces passages éminemment symboliques pour la première fois (allez, disons la deuxième). il y a de l'ordre et du calme qui filtrent dans les transfigurations, et la roue évoque plus quelque chose d'inéluctable que les pouvoirs spécifiques de l'anneau tentateur.
Mais comme ça colle avec l'irrestibilité de l'Unique, on peut conclure, trop vite, que c'est une simple redite.
ce n'est pas le cas! et j'insiste sur l'impression à la primo-lecture (avant de complexifier en fouillant dans les letters) comme un indice majeur de ce que Toto voulait signifier... de manière volontairement ambigüe.
En cette fin du Sda, Tolkien imbrique bien et mal de manière déconcertante (le paradoxe de Gollum sauveur du monde n'est pas rien!) et cette roue participe à mon avis du même principe.
est-ce la voix de Frodo ou d'Eru qui sort de la roue? ou bien comme le proposait Curufinwë il y a trois ans, "de l'anneau qui sait qu'il fait parti d'un cycle ds lequel il est voué à disparaître pour le bien de toute chose"?
en fait... peu importe au fond!
le flou artistique de Toto est éloquent en lui-même. il nous fourgue des visions étranges, sans insister dessus, mais qui impriment forcément dans un coin de notre tête que l'aventure de Frodo a une dimension supérieure qui échappe à notre totale compréhension.
pour ce qui est des aspects négatifs de se retrouver nu et dans le vide pour Frodo...
j'ai beau penser que la roue de feu est l'anneau instrumentalisé par Eru, je n'oublie pas qui a forgé l'anneau et pour quoi.
c'est un objet dont la fonction est la domination, mais par l'annihilation, la destruction, la mort... il renvoie au vide.
or le vide n'est pas négatif en soi (c'est Melkor qui voulait absolument le remplir dans la grande musique).
à nouveau, je vois une imbrication bien/mal dans ces visions que Frodo a de la roue de feu. Notre hobbit vit une expérience et une épreuve qui va peut-être au-delà de ce qu'aucun autre "héro d'Arda" n'a connu.
Gandalf ne lui disait-il pas dès le conseil d'Elrond:
T1, Chap. II. LE CONSEIL D'ELROND, Page 361:
" Mais c'est un lourd fardeau. Si lourd que personne ne pourrait l'assigner à un autre. Je ne le fais pas pour vous. Mais si vous l'assumez librement, je dirai que votre choix est bon; et dussent tous les puissants amis des Elfes de jadis, Hador et Hurin, et Turin et Beren lui-même être assemblés, votre place devrait être parmi eux."
(merci Babilounette pour m'avoir offert ce copier/coller sur un plateau)
Frodo expérimentant une solitude dans le vide (primordial?) que même Gandalf n'a pas eu à subir lors de sa réincarnation ne me paraît pas absurde. Le chemin et le destin de Frodo est plus qu'exceptionnel. Unique!
(en plus, les deux cas sont radicalement différents. l'un se réincarne, l'autre a une vision! in-carnation = matière)
oh, j'allais oublier...
Aristote aussi est un con. :-D
Silmo:
euh, pour le codage html qui fait des jolies mises en pages, ne compte pas sur moi. On m'a même payé pour l'apprendre mais j'ai toujours dit NIET!

