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Tasarinan
#13
Rahhh, ça va trop vite ;-))

Je découvre avec plaisir que plusieurs nouvelles occurrences associent le saule non seulement avec la contemplation/nostalgie mais avec le printemps.
Je remarque aussi que dans la section bombadilienne, en quelques lignes, Tom, "le vieillard" (the old man), dans sa maison, évoque "la maison du Vieil Homme-Saule" (old Willow-man)...{148-9}

les saules de tasarinan et les saules du Tournesaules,
ou bien Tom et l'Homme-saule,
deux facettes d'une même pièce : la contemplation rêveuse et le souvenir du printemps d'Arda.
Pour l'un, le repos de celui qui a fait voeu de pauvreté, pour l'autre, l'amertume du tyran qui veut toujours plus de pouvoir.
Tous deux auprès des eaux dormantes.
Contemplant le miroir du monde, fixant l'oeil de la terre, mais aussi, Miroir-gentil-miroir, le miroir d'eau qui ne renvoie que son propre désir, bien souvent un sombre désir, bien enfoui, qui remonte parfois [emphase]« comme du fond du gouffre monte une bulle singulière : dans le silence de la surface, elle balbutie cette bulle, la plante soupire, l'étang gémit. (...) Un mal profond gît-il sous cet Eden de fleurs ? »[/emphase] (oui, Sébastien, c'est bien lui ;-)).

L'Homme-saule plonge ses racines dans les eaux, jusqu'au limon, pour y boire et prendre et en faire son être.
Tom appelle de ses eaux un rêve qui vient et s'offre à lui, ou plutôt qui lui est amené ; réponse à son désir d'aimer l'autre qui est différent de lui.
L'un est libre, revenant à sa maison par amour, l'autre emprisonné dans sa maison par haine.

Tom (le vieux) est au (vieux) saule ce que Baie d'Or ("comme une jeune reine-elfe") est au lis blanc/nénuphar, [emphase]« la fleur fraîche, la fleur jeune, la fleur rajeunie par la nuit »[/emphase] (toujours ce cher Bachelard :-)).

Dit autrement, Baie d'Or est à Tom ce que le lis est au saule.
Pour le vieux saule, la contemplation du printemps; dans la nostalgie ou la douce rêverie.
Pour le lis blanc, la vitalité du printemps; dans la peine ou la joie :

[citation=Angelus Silesius, Le Voyageur Chérubinique, IV, 98]Dès que je vois des lys, je ressens de la peine,
Mais soudain aussi je suis plein de joie.
La peine vient de ce que j’ai perdu la parure
Que j’avais jadis au paradis ; (...)[/citation]

[citation=L96]but certainly there was an Eden on this very unhappy earth. We all long for it, and we are constantly glimpsing it: our whole nature at its best and least corrupted, its gentlest and most humane, is still soaked with the sense of 'exile'.[/citation]

Sosryko
humm...Qui a dit "c'est quoi la 'section bombadilienne'"? ;-)

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