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Les Chemins des Morts
#13
Le monde de Tolkien est celui du mythe et du conte de fée. Aussi, bien qu'il soit éminement cohérent, je ne suis pas convaincu que la raison du pouvoir qui retient les parjures au Chemin des morts soit à rechercher de manière aussi directe qu'une intervention d'Eru, des Valar ou même un pouvoir d'Isildur.

Le pouvoir d'Isildur est la parole du suzerain, mais avant tout c'est le pouvoir du verbe juste. Il énonce une malédiction qui a une raison d'être, car elle punit ceux qui ont brisé leur serment d'allégence, et elle le fait de manière juste : ils sont condamnés à réparer leur faute.
On peut considérer que son pouvoir vient d'une réorganisation du cosmos par le verbe. L'ordre des choses ayant été brisé par le serment non respecté, il sera remis en ordre par le pouvoir de la malédiction.
En quelque sorte, cette malédiction a tiré sa puissance de son bien fondé par rapport au cosmos d'Arda.
On peut soit considérer que le mal causé par cette défection devait être réparé par un soutien aux heures difficiles, afin que la mauvaise action et la bonne action se compensent dans l'ordre de la nature. Mais cette vision ne me semble pas très proche del'univers de Tolkien.
Soit considérer que la faute - le parjure - devait être pardonné par ceux qui avaient subi l'injure. Dès lors qu'Aragorn, héritier d'Isildur les délie, le cosmos retrouve son harmonie, et les âmes damnées peuvent quitter les cercles du monde.

Le pouvoir des rois n'est pas mince. Tolkien se place dans l'optique médiévale, où le roi est thaumaturge, et où il tire son pouvoir de Dieu. Les serments qui lui sont faits sont donc d'importance, et celui qui s'en délie risque la damnation. En l'occurence, c'est la trahison au roi élu par le destin - puisque Eru ou les Valar n'interviennent pas dans le processus de reconnaissance du roi du Gondor - qui soulève d'elle-même un pouvoir terrible : la perte du don de vie pour les parjures.

La causalité du chemin des morts serait la rupture du serment, mais aussi le reéquilibrage du cosmos, et l'intermédiaire, la parole royale qui est efficace autant par qui la prononce, que parce qu'elle est le verbe juste.

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