Ce "si" semble introduire un doute dans le chef D'Isildur, et partant une invocation aux puissances de l'Ouest, une prière pour les infléchir et obtenir ainsi justice et réparation. Il n'énonce pas la malédiction en son nom propre, mais en celui des Valar. Dans ce cas, il faudrait voir aussi dans la réalisation de cette malédiction, une intervention effective des Valar ainsi invoqués.
En suivant le fil de ce raisonnement, on peut éclairer l'origine du "pouvoir" d'Aragorn de défaire la malédiction : ses propres doutes et hésitations avant de prendre le chemin des morts, seraient un reflet du doute initial d'Isildur. Sa décision finale de s'y engager correspond à la décision de poursuivre sur la voie de l'accomplissement de son destin de descendant d'Isildur et de roi des Terres du Milieu, voie où il a commencé à s'engager en revendiquant l'emploi du Palantir. Son succès serait la réponse de l'Ouest : la légitimité de sa cause et de son rôle (c'est bien lui qui est annoncé par la prophétie d'Isildur "... vous serez appelés de nouveau avant la fin..."), le rétablissement de l'ordre du monde et l'affirmation qu'en effet, l'Ouest est plus puissant que la Force Noire (avec tout de même un petit coup de pouce bienvenu d'Eru, voir le fuseau sur la "résurrection" de Gandalf). Ainsi, lorsqu'Aragorn libère les morts de leur serment, il serait le déclencheur, mais pas la cause de leur délivrance. C'est le pouvoir des Valar qui agirait à travers lui, réaffirmant ainsi à lui et aux autres, sa légitimité.
(Well well well. En relisant tout ça, ça m'a l'air un peu tordu et compliqué comme raisonnement, mais bon, je vous le livre tel quel, faites-en ce que bon vous semble).
(N'empèche que ce "si" est turlupinant. Si Isildur a eu des doutes, ce cher Tolkien en aurait-il eu aussi? ;-). Heavens! Nous voilà bien!)

