Tout d'abord, si j'ai parlé de rôlistes dans ma réponse à Didier c'était juste pour lui démonter son argument sur l'omniprésence du terme ORQUE parmi eux. En aucune manière il s'agissait de justifier un point de vu concernant un aspect linguistique à partir de l'avis des joueurs. Cela va tellement de soit que je n'ai pas jugé utile de le rappeler dans mon argumentaire sans prendre le risque d'être désobligeant. D'ailleurs je ne crois pas que Didier lui même voulait justifier son point de vue à partir de l'avis des rôlistes mais seulement rappeler que dans le milieu des personnes qui emplois couramment ce terme, la transcription en " QUE " était admise. C'est comme cela que je l'ai compris et c'est en cela je l'ai détrompé.
Ensuite, je suis un peu perplexe sur le déroulement des débats dans la mesure ou l'avantage notoire d'un forum par rapport à une mailling list est justement de ne pas affliger les personnes de messages inutiles lorsqu'elles ne s'intéressent pas à un sujet donné. Ainsi, sur un forum, il me semblait que seuls les personnes qui étaient intéressées intervenez. Celles qui ne le sont pas ou celles qui, du haut de leur supériorité intellectuelle, jugent puéril un tel débat sont donc dispensées d'y participer. Je suis donc un peu surpris de la volonté de certains de mettre un terme à une argumentation. A moins que ce soit l'ultime argument qui consiste à faire taire les points de vues divergents. J'en suis donc encore plus surpris, car comme je vous l'avais dit au début, mon point de vue n'est pas figé et je m'attendais à le voir démenti par une déferlante d'érudition sur ce forum. Je me suis d'ailleurs permis d'intervenir sur le sujet avec l'espoir de régler une bonne fois pour toute cette question.
C'est dans ce but que ce week-end, j'ai pris contacte, non pas avec une rôliste (ahahah), mais avec une linguiste. Une personne qui a fait sa thèse de doctorat sur Tolkien il y a quelques années. Je ne me souviens plus de l'intitulé exacte mais il s'agissait de rites de passages dans le Seigneurs des Anneaux et deux autres ouvrages qui n'étaient pas de Tolkien afin de satisfaire le cahier des charges que lui imposait son inscription à la faculté de littérature comparée où elle enseigne désormais. Bref, je lui ais demandé son avis sur la question et voici ce qu'elle m'a répondu à quelques mots (et fautes d'orthographes) près :
" La traduction de Ledoux, en dépit d'erreurs et d'omissions certifiées, était tout à fait acceptable. Elle a permis à des générations de lecteurs de rentrer dans le monde de Tolkien. En revanche, aujourd'hui, à l'heure où de nombreux étudiants se penchent sur l'œuvre de Tolkien, il devient urgent de proposer une nouvelle traduction qui corrige les approximations de Ledoux et qui puisse permettre un travail sérieux qui ne rendrait pas systématiquement obligatoire la référence à l'originale.[…] A priori mais sans certitude, la traduction du Silmarillion semble avoir d'avantage suivit le texte original et son esprit. […] D'une façon générale je ne vois pas pourquoi franciser le terme " orc ". Sans parler du fait que cela nuit à l'originalité de l'œuvre, cette dernière reste avant tout d'origine anglaise. Le franciser en " orque " n'apporte rien pour le lecteur français pas plus que de franciser le terme Hobbit qui lui aussi est spécifique de l'œuvre de Tolkien et qui pourtant n'a pas été francisé par Ledoux. Ce choix du traducteur peut éventuellement être remis en question. "
Elle m'a dit plein d'autres choses sur le sujet, mais je ne vais pas tout vous raconter car cette citation ci-dessus n'est pas à mettre dans la balance des arguments. Je me suis juste permis de la citer afin que vous constatiez que mon point de vue ne peut être que renforcé et qu'il me tarde de voir la question tranchée rapidement afin de ne plus avoir à la supporter. Et, sans aucun doute, je ne suis pas le seul puisque, déjà, plusieurs personnes ont exprimés leur " lassitude " du sujet.
Puisque personne ne semble l'avoir remarqué en dépit de mes insinuations répétées, je pose la question franchement : Pourquoi le traducteur du Silamrillion n'a pas jugé opportun de reprendre le point de vue de celui du Seigneur des Anneaux pourtant effectué pour un même éditeur ? (je ne dispose pour m'a part que de l'édition pocket du Silmarillion et n'ai pas accès au nom du traducteur qui a officié pour le compte des éditions Christian Bourgois).
Quant aux personnes, qui comme Vinyamar, s'inquiètent de savoir pourquoi j'attache tant d'importance à ce sujet c'est que je ne comprend pas pourquoi les personnes qui écrivent " ORQUES " s'en prennent à celles qui écrivent " ORCS " alors que la réciproque n'est pas vrais.
En fait, cela ne me dérange pas le moins du monde qu'on écrive " ORQUE ", mais ce qui me dérange ce sont ceux qui s'en prennent aux personnes qui écrivent " ORC ", car après tout il n'y a, pour l'instant, vraiment rien de déterminant pour réellement trancher en faveur d'une version ou d'une autre. Tout dépend du point de vu d'où on se place. Perso je suis sur la colline d'où je vois " ORC " (voir les arguments ci-dessus). D'autres semblent sur celle où ils voient " ORQUE " et être insensibles aux arguments contre. Pas de problème, jusqu'à ce que l'un descende de sa montagne pour donner la berlue à l'autre.
Ce qui me gène se sont les velléités autour d'un conflit bien anodin, pas la divergence de point de vue, car je pense que cette dernière peut être dissipée par un " concours " d'arguments tranchants et déterminants. Reste à en avoir la volonté tout en conservant un zeste d'objectivité.
Toujours amicalement,
Stéphane

