Les Errances de Húrin publiées dans un des derniers volumes de HoME affinent encore ce trait. On y voit Húrin, libéré, retourner en forêt de Brethil avec le poid du destin sur ses épaules. Quoiqu'il dise ou fasse, semble-t-il penser, la malédiction de Morgoth agit. Il prend le parti se dire ses quatre vérités à tout un chacun en des termes crus et sans pitié... Un passage très beau je trouve, où l'on voit un Húrin dépassé, brisé mais conservant encore un peu de son panache et de sa fierté d'antan, mu par la colère et le ressentiment. Et derrière, on sent une présence écrasante, terrible de Morgoth. Toujours sous-jacente, impitoyable.
J'opterai pour ta dernière alternative : il me semble que dans un texte comme celui-ci, le pouvoir de Morgoth est terrifiant. S'il est vraiment en mesure d'influencer ainsi la destinée, il y a de quoi frémir... J'aime inconditionnellement ce petit texte un rien inachevé, qui ajoute une dimension un peu différente au "résumé" du Silmarillion.
Didier.

