Bonjour à tous,
Si je puis me permettre de donner mon humble avis sur le sujet:
1/ L'idée de la Grande Mélodie m'apparaît au contraire d'inspiration très chrétienne: "Au commencement était le Verbe, et le Verbe était avec Dieu, et le Verbe était Dieu...". On sait que Tolkien était fervent catholique, et je doute qu'il ait jamais eu l'intention de décrire une mythologie qui soit en désaccord complet (même inconsciemment) avec la doctrine chrétienne. On sait également qu'il était contre l'allégorie, ce qui explique comment il a pu 'récrire' la création du monde à sa manière. Toutefois, il y a au moins trois points évidents qui rapprochent la cosmogonie Tolkiennienne de la doctrine judéo-chrétienne:
- l'existence d'UN dieu-créateur, à qui tout est subordonné (Eru).
- la création du monde par le Verbe, ou la Grande Mélodie.
- la discorde de Melkor, son orgueil et sa chute, tout comme Satan.
2/ Effectivement, il est dit au début du Silmarillion qu'une 'musique encore plus grande' s'élevera à la fin des temps, où tous les Ainur comprendront la partie qui leur a été assignée.
3/ Je pense qu'il faut plutôt voir la structure de l'histoire chez Tolkien comme une spirale (à la manière des "gyres" de Yeats): c'est-à-dire la combinaison du cycle (puisque effectivement 'nihil novi sub sole': le Mal revient toujours, etc.) et d'une progression linéaire (puisque le temps avance inexorablement).
Quant à savoir dans quel Âge nous vivons, des participants plus érudits que moi ont répondu à ce sujet.
Tolkien a effectivement commencé une 'suite' au SdA, juste après la parution de son chef-d'oeuvre, dans les années 50. Après avoir écrit quelques pages, il s'est arrêté, avant de s'y ré-intéresser périodiquement jusqu'à sa mort. Son fils Christopher a compilé les trois manuscrits de son père sur le sujet à la fin du HoME n°XII.
Le titre du récit (environ 6 pages) est 'The New Shadow' (évidemment jamais traduit).
Il aurait dû raconter, d'après Tolkien, la décadence de la jeunesse Gondorienne, lassée et ramollie par une longue période de paix, et dont certains membres se rassemblent pour 'jouer aux Orcs' et comploter contre le pouvoir.
Mais Tolkien n'était pas convaincu de pouvoir retrouver le souffle épique du SdA avec cette trame (un peu juste, il faut l'admettre). Il pensait pouvoir en faire un bon "thriller", rien de plus.
4/ Les joyaux de la dicorde sont la "réification" du Pouvoir, et donc objets de la convoitise des Elfes et des Hommes. Ils cristallisent les passions terrestres et servent de détonateurs pour les guerres.
5/ Sur Gollum, d'autres ont répondu mieux que je ne le pourrais.
6/ Tolkien était catholique (fait rare en Angleterre), et il est certain que cela a influencé sur son oeuvre, et notamment sa théologie (cf 1/).
Amicalement,
Mathieu Combaz

